Un fragile Servette fait illusion avant de s’égarer

FootballLes Grenat menaient 2-0 à Xamax avant d’être rattrapés par de vieux démons. Et par la simulation de Nuzzolo, pour un nul étrange.

Nuzzolo vient de plonger en simulant un penalty. Cela suffit pour abuser un arbitre dépassé. Xamax méritait d’égaliser, mais pas comme cela...

Nuzzolo vient de plonger en simulant un penalty. Cela suffit pour abuser un arbitre dépassé. Xamax méritait d’égaliser, mais pas comme cela... Image: Keystone

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Il y a un peu de Janus dans ce Servette-là, capable du meilleur comme du pire, deux visages pour un même rictus où le sourire le dispute aux larmes. N’est pas le dieu des commencements et des fins qui veut, d’ailleurs les Grenat s’en passeraient bien.

Ils ont d’abord regardé vers l’avenir, bien placés, agressifs, pour prendre la mesure d’un Xamax qui suffoquait: deux buts marqués, une mi-temps terminée en contrôle, de quoi se projeter vers des jours meilleurs. Et puis ces mêmes Servettiens ont été rattrapés par le passé: fragilité des assurances, gestion précaire des espaces, repli sur soi, perte de maîtrise. Xamax aurait mérité autre chose que cette mascarade de penalty pour égaliser, sur une simulation (une de plus…) de Nuzzolo. Mais c’est une autre histoire.

Le scénario de ce derby a furieusement rappelé le premier, fin août, au Stade de Genève, quand c’est Xamax qui menait 2-0 avant de voir Servette revenir à 2-2. À chacun sa mi-temps donc, c’est le premier constat, le plus simple. On peut aller au-delà de ce seul résumé.

Plus d’agressivité, au début

En se penchant sur Servette et des paradoxes qui n’en sont pas, finalement. D’abord, le décor. Des Grenat privés de Stevanovic et Cespedes (suspendus), de Wüthrich (ménagé) et avec Cognat de retour, mais à court de rythme et sur le banc: soit tous les meilleurs techniciens du milieu qui manquaient à l’appel au coup d’envoi. Avec Schalk décalé sur la gauche, Tasar basculé à droite, Imeri en neuf et demi derrière Kone et devant le duo Maccoppi-Ondoua, Geiger composait pour garder un semblant d’équilibre.

Ce qui a sauté aux yeux, c’est une forme d’agressivité pour commencer. Une propension à jouer plus long aussi, plus vertical également. Et de tirer au but, souvent, bien plus que dans aucun match jusque-là. Servette avait sans doute moins le pied sur le ballon (corollaire aux absents), mais c’était pour la bonne cause. Et cela a fonctionné plus que de raison, avec deux buts en deux minutes pour assommer les Neuchâtelois (15e, Tasar, 17e Ondoua). C’était peut-être trop beau pour être vrai, trop simple pour dissiper vraiment tous les doutes. La réalité, c’est que Servette a disparu en seconde période, volant en éclat quand Xamax a vraiment pressé.

Personne pour contrôler

Étonnant? Même pas. Privés justement de ses meilleurs techniciens au milieu, les Servettiens n’avaient plus personne pour mettre le pied sur le ballon, le garder, le faire circuler pour s’offrir des bouffées d’oxygène et permettre au bloc défensif de desserrer l’étreinte. Ondoua a sans doute marqué un beau but, mais il n’a jamais pu gêner les Neuchâtelois dans l’axe, Pas plus que Maccoppi. Schalk s’est fait l’auteur de deux assists, mais sur le 1-2 curieux de Karlen (une demi-volée dévissée qui finit dans la lucarne), il y a d’abord Ramizi qui hérite d’une touche sans que le Hollandais ou Gonçalves ne l’inquiètent.

Ces imprécisions dans les placements, ce manque d’intensité, ces erreurs personnelles, tout cela a conduit à une égalisation logique et méritée pour Xamax.

On aurait seulement aimé pour la petite histoire que ce 2-2 ne fût pas laid. Que Nuzzolo, immense joueur qui porte Xamax presque à lui seul, ne simule pas un penalty en s’écroulant parce qu’il est effleuré par Maccoppi. «Il a bien joué le coup», dira ce dernier. En réalité, il y avait bien une faute: mais sur Rouiller juste avant. Et l’arbitre, M. Horisberger, néophyte en Super League, aura multiplié les égarements en fermant les yeux sur celle-là avant d’être abusé par Nuzzolo. La VAR est un bon outil, seulement quand il est bien utilisé.

Servette peut ruminer cette décision, c’est légitime. Il ne peut pas en revanche se cacher derrière, pour oublier une seconde période affreuse. Entre la verticalité qui a fait illusion pendant vingt minutes avec bonheur et cette absence de contrôle qui a suivi, il y a un fossé.

La pause internationale va permettre à Geiger de retrouver presque tout le monde. Et de travailler pour marier des schémas dans une nécessité de stabilité à trouver. Il est grand temps que Servette se montre plus mature.


Pascal Besnard président?

Cela fait déjà un petit moment que le nom de Pascal Besnard circule en coulisses. Il y a deux mois, approchée, la direction du Servette FC n’avait pas voulu commenter l’information, bottant en touche. Mais son nom gagne toutes les strates qui gravitent autour du club. L’ex-Servettien, aujourd’hui directeur au Credit Suisse, pourrait bien succéder à Didier Fischer à la présidence de Servette. Ce dernier se retirant alors, en restant président de la Fondation 1890, la maison mère du Servette FC et du Genève-Servette HC.

Dans les faits, la passation des pouvoirs pourrait intervenir en fin d’année ou au tout début 2020. Pascal Besnard ne quitterait pas ses fonctions au Credit Suisse. Il serait un président grenat sous le mode du bénévolat. Bien sûr, on se doute qu’il a déjà évoqué cette situation avec sa banque dans un devoir de transparence et qu’il ne prendrait la présidence de Servette qu’avec un feu vert clair et indispensable de sa hiérarchie.

Pour le coup, le Servette FC pourrait compter sur un ex-footballeur professionnel qui connaît le club et le milieu. De son côté, Didier Fischer pourrait se concentrer sur les impulsions stratégiques, à la tête de la Fondation 1890. Si rien n’est encore officiel, les deux parties refusant encore d’en parler ouvertement, l’affaire semble en bonne voie. D.V.

Créé: 06.10.2019, 15h08

Xamax - Servette 2-2 (0-2)

Maladière, 5819spectateurs.

Arbitre: M. Horisberger.

Buts: 15e Tasar 0-1; 17e Ondoua 0-2; 50e Karlen 1-2; 77e pen. Nuzzolo 2-2.

Xamax: Walthert; Neitzke, Oss, Xhemajli; Seydoux, Corbaz, Ramizi, Kamber; Haile-Selassié (31e Doudin), Karlen (82e Seferi), Nuzzolo.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Gonçalves; Maccoppi, Ondoua (81e Kyei); Tasar (69e Cognat), Imeri, Schalk (62e Souici); Kone.

Avertissements: 1ère Kamber (jeu dur), 48e Xhemaljli (jeu dur), 58e Maccoppi (jeu dur), 63e Kone (jeu dangereux), 74e Karlen (jeu dur), 78e Frick (antijeu), 83e Kyei (jeu dur).

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