La folie d’une promotion, ça se mérite: à Servette de jouer!

FootballEn 2011, Joao Alves menait les Grenat en Super League après une invraisemblable remontada. Il parle de cette alchimie magique.

Le 31 mai 2011, Servette avait vécu un moment de pur bonheur, en fêtant une promotion en Super League. Les Grenat d'aujourd'hui veulent vivre cela aussi.

Le 31 mai 2011, Servette avait vécu un moment de pur bonheur, en fêtant une promotion en Super League. Les Grenat d'aujourd'hui veulent vivre cela aussi. Image: Eric Lafargue

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C’est le doux vertige d’une veillée d’armes. Le moment fragile qui convoque autant d’espérances folles que d’appréhensions crasses. C’est l’instant qui précède l’instant, celui qui obsède et réjouit à la fois. La saison reprend ce samedi pour Servette, avec la venue de Chiasso au Stade de Genève (19 heures), mais derrière cette première rencontre se profilent déjà toutes les autres, les chocs en attente, les duels décisifs, cette histoire insensée que les Servettiens se sont promis d’écrire.

D’abord, il y a donc ce match contre Chiasso, et il faut prendre les choses dans l’ordre. Surtout après le Vaduz-Xamax qui vient d’avoir lieu et qui a vu les Neuchâtelois arracher péniblement un point en Principauté.

Mais comment ne pas penser aussi aux deux déplacements qui suivront, à Schaffhouse et à Neuchâtel, autrement dit à ce mois de février qui décidera sans doute de beaucoup de choses? Comment ne pas songer à cet objectif ultime: effacer ces onze points de retard au classement sur Xamax, dépasser les Neuchâtelois, s’installer en tête et vivre une promotion? Servette peut écrire un morceau d’histoire et cela tombe bien, il l’a déjà fait. Dans des proportions encore plus folles qu’aujourd’hui. Si les Grenat ont actuellement 19 matches pour biffer onze points de déficit, en 2011, ils pointaient à 14 longueurs du leader Lugano, à seulement 9 journées de la fin! On connaît la suite: s’il n’y avait eu ce vilain faux pas à Locarno, les Grenat auraient été directement promus, premiers. Ils ont simplement dû passer par un barrage, qui n’existe plus, avec le bonheur que l’on sait.

C’est donc possible. Et il en est un qui le mesure mieux que tous: Joao Alves. C’est lui qui était aux manettes lors de cette «remontada».

À la veille de la reprise, le technicien portugais rouvre l’album de souvenirs. Pas seulement pour le plaisir: pour raconter comment tout cela fut possible.

Le pacte du tableau noir

«Je me souviens de tout, assure Alves. Et surtout d’une chose: à un moment, j’ai convoqué tout le groupe. J’avais pris une sorte de tableau. J’ai les choses positives dans une colonne, les choses négatives dans une autre. En soulignant bien sûr nos forces, et elles étaient grandes. J’y ai toujours cru, il fallait que les joueurs soient persuadés que tout était toujours possible aussi. Sur ce tableau, j’ai aussi inscrit le classement. Il est resté dans le vestiaire. Après chaque match gagné, les joueurs réajustaient le classement. Et voyaient le retard diminuer semaine après semaine. Ils étaient impliqués. Et ne doutaient plus. C’est ça le plus important: ne jamais jeter l’éponge, ne pas abandonner. Lutter. Toujours. Je sais que le Servette d’aujourd’hui peut réussir sa remontée. D’ailleurs, ils ont bien plus de matches à disposition et moins de retard au classement. Alors il faut que tous les joueurs y croient vraiment. Parce que c’est dans la tête que cela se joue aussi.»

Un tableau, des colonnes, une bonne séance de motivation pour provoquer l’implication des joueurs. Simple.

«Oui, quand je raconte cela ainsi, tout a l’air très facile, rigole Joao Alves. Mais c’est évidemment un raccourci trop simple. À côté, il y avait un boulot au quotidien. Un travail tactique aussi en fonction de ce que nous voulions imposer et en relation avec l’adversaire attendu.»

Le souvenir des rescapés

De cette époque, il reste deux rescapés dans le contingent actuel: Matias Vitkieviez et David Gonzalez. Lionel Pizzinat aussi, désormais dans le staff. Ils ont vécu l’aventure de l’intérieur. Alors? Les ingrédients qui présidaient à l’exploit de 2011 sont-ils présents dans le Servette d’aujourd’hui?

«Oui, tout le monde y croit, lance Vitkieviez. D’ailleurs, si nous n’y croyions pas, qui le ferait pour nous? Nous savons que nous pouvons vivre un moment exceptionnel.»

Idem pour David Gonzalez: «On s’est dit ce qu’on devait se dire au Portugal, explique-t-il. Dans le sens où le groupe devait primer, dans l’idée de ranger de côté les orgueils personnels pour le collectif. Parce qu’une promotion, ce sera bénéfique pour tout le monde. C’est cette philosophie que l’on cultive, comme au printemps 2011.»

Servette retient son souffle. Conscient de ce qui l’attend. Dès ce samedi, les Grenat doivent lancer les bases de leur aventure. Parce que c’est toujours plus simple d’y croire avec le vent en poupe.


L’union sacrée pour viser les sommets

Le mois de février comme juge de paix des ambitions servettiennes? C’est sans doute vrai. Avec la venue de Chiasso pour commencer, les Grenat vont affronter des joueurs tessinois qu’ils peinent souvent à dominer. Ensuite, ce sera deux matches capitaux à l’extérieur, à Schaffhouse et à Neuchâtel, les deux fois sur une pelouse artificielle. Un élément de plus à gérer. Enfin, Servette recevra Aarau avant de rattraper son match en retard à Wohlen.

Si le président Didier Fischer ne veut pas parler de la Fondation 1890, qui vient de sauver le Genève-Servette HC du pire, il est d’accord pour évoquer le volet football et ce qui attend le Servette FC.

«Le mois de février sera décisif, oui, souffle-t-il. Mais je crois dans l’exploit qui nous attend. Non seulement j’y crois, mais j’ai de plus la conviction que les joueurs aussi. Ils savent qu’ils ont tout en main. Ils savent que si tout se met en place comme prévu, et c’est ce qui arrivera, Servette sera inarrêtable. Tous les composants sont là pour créer une belle alchimie.»

C’est l’union sacrée à tous les échelons du club. Seule ombre au tableau, il n’y a plus de latéral gauche et De Ceglie (31 ans), qui vient d’arriver alors qu’il n’avait plus joué depuis si longtemps, est déjà à l’infirmerie.

«Mais il y a des solutions et suffisamment de qualité dans ce contingent pour que cela ne soit pas un problème», assure le président. En attendant l’arrivée d’un renfort pour ce poste, il faudra le démontrer dès ce samedi soir contre Chiasso.

Servette doit l’emporter pour créer le début de l’indispensable dynamique de ses ambitions. Tiens: et si les Grenat s’inspiraient de leur reprise 2017? Avec l’arrivée de Meho Kodro, ils avaient remporté leurs sept premiers matches. Un exemple à suivre… D.V. (nxp)

Créé: 02.02.2018, 22h19

En direct du vestiaire

Le match Servette - Chiasso, Stade de Genève, ce samedi, coup d’envoi à 19 heures.

Les absents Alphonse (mollet), De Ceglie (cuisse) sont légèrement blessés, ils espèrent être rétablis la semaine qui vient. En revanche, Busset, vilainement touché au genou par Dessarzin contre Nyon samedi passé, est out pour deux mois. De même que Le Pogam, qui souffre du tendon rotulien. Du coup, Servette n’a plus de latéral gauche. Kodro fera-t-il appel au jeune Timo Ribeiro ou misera-t-il sur Sarr? Réponse ce samedi. Parallèlement, le club cherche activement un latéral gauche. Enfin, Fabry et Willie sont suspendus, tandis que Berisha, qui n’entre plus dans les plans de Meho Kodro, n’a pas été convoqué.

Le contexte Servette veut rattraper Xamax au classement. Il doit friser la perfection lors de cette seconde phase du championnat. Cela commence par une victoire, avec la manière si possible, contre Chiasso.

Le mot de Kodro «Confiance et rigueur, voilà ce que je dirai aux joueurs avant le match. C’est ce qui peut nous faire avancer, avec lucidité. La remontada? Bien sûr que j’en rêve!» D.V.

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