Fischer: «Servette, plus homogène, peut encore monter en puissance»

Football A la veille de la reprise contre Chiasso, ce samedi au Stade de Genève (19 h), le président des Grenat fait le point sur la situation

Didier Fischer attend la reprise avec impatience et l’ambition d’une promotion.

Didier Fischer attend la reprise avec impatience et l’ambition d’une promotion. Image: Eric Lafargue

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Au Stade de Genève, la loge présidentielle est dédiée aux interviews. C’est l’antre de Didier Fischer. Le président du Servette FC y est à l’aise. Il y mesure bien tout le chemin à parcourir encore pour que le club retrouve toutes ses couleurs après un début de siècle infiniment compliqué.

Depuis deux ans, tout va bien, tout va mieux. Financièrement, déjà. Sur ce plan, le dirigeant est clair: «Le soutien des partenaires qui se sont associés à ce projet de reconstruction n’est pas limité dans le temps, explique-t-il. Ils sont toujours présents et continueront de l’être.» C’est bien, cela permet de travailler dans la sérénité et d’attirer de nouveaux partenaires, rassurés par le sérieux existant.

Mais cette saison, c’est surtout sur le terrain sportif que Servette veut et doit se révéler. Affranchie de la plupart des contrats hérités de l’ère Hugh Quennec, responsable de l’engagement de Meho Kodro en janvier et des derniers transferts opérés, la direction du club va désormais confronter sa philosophie aux réalités de la compétition. De tout cela, ainsi que du départ de Jean-Pierre Nsame, il est question ici.

Didier Fischer, parlons d’abord de Nsame: pourquoi cela a-t-il pris autant de temps?

Franchement, au départ, nous pensions que le joueur comprendrait qu’il avait une forme d’engagement envers Servette et qu’il reviendrait à de meilleurs sentiments. Et puis, les premières propositions de Young Boys n’étaient pas à la hauteur de ce que nous voulions. Ensuite, en voyant l’attitude de Jean-Pierre et le fait que Kodro ne le veuille plus, nous avons compris que le lien était rompu et qu’il ne réintégrerait plus le groupe. A ce moment, il a fallu se montrer réaliste.

Déçu par toute cette «affaire»?

On n’est déçu que lorsque l’on place des attentes inappropriées sur quelqu’un. Or, il faut être clair: dans le football moderne, l’amour du maillot existe de moins en moins. On recrute des joueurs en analysant des paramètres, avec des instruments technologiques pour dire qui serait le joueur idéal pour ce poste. Il y a une forme de déshumanisation. Au Servette FC, nous voulons préserver l’idée de sincérité dans les rapports. Autrement dit, nous continuerons à faire confiance aux promesses des joueurs, tant pis si cela n’est pas récompensé. Mais je sais bien sûr que cette sincérité est à géométrie variable. Sportivement et financièrement, je ne suis évidemment pas déçu. Si je l’étais sur le plan humain, alors il faudrait que je change de métier…

Servette cherche donc un attaquant, un pur centre-avant (ndlr: l’international nord-coréen Pak de Lausanne serait pisté), et aussi un défenseur central?

Pour le défenseur, c’est imminent. Il ne reste que quelques détails à régler, nous attendons un dernier document en retour. Cela veut dire que nous sommes déjà tombés d’accord?sur le reste. Pour l’attaquant, nous explorons des pistes, nous sommes très actifs.

A la veille de la nouvelle saison, on a le sentiment que Servette a perdu beaucoup de temps avec le cas Nsame et qu’il y a eu un manque d’anticipation…

Pas de manque d’anticipation, non. Cela fait depuis le début de l’année que nous regardons comment étoffer l’attaque, parce qu’avoir un seul buteur, c’est dangereux. Nous avons beaucoup parlé avec Meho Kodro aussi, qui n’est pas dogmatique sur le fait de n’avoir qu’un seul homme en pointe. La réflexion, c’est de se dire que quatre attaquants, dans une sorte de losange offensif, qui marquent chacun six buts, c’est presque comme un seul qui en marque 23. Kodro veut de la polyvalence devant.

L’équipe qui va jouer contre Chiasso ce samedi à Genève (19 h) est-elle aussi forte que celle de ce printemps?

Nous sommes là dans le domaine des idées, pas de la vérité. On verra. Mon sentiment personnel? Je trouve le groupe beaucoup plus homogène. Il correspond à un contingent capable de monter en puissance. Une alchimie s’est faite et les joueurs qui composent l’équipe sont là parce que nous les avons choisis.

Justement: vous allez être jugé pour la première fois sur ces choix et plus sur l’héritage du passé. Un peu d’appréhension avant le coup d’envoi de la saison?

C’est quelque chose qui s’inscrit dans la continuité de notre projet. Alors je me réjouis de ce début de saison. Je me dis: voyons voir si notre manière de fonctionner est la bonne, si les orientations prises sont payantes. Mais c’est un mouvement permanent et nous sommes prêts à nous poser les bonnes questions en étant réactifs, le cas échéant.

(ndlr: le portable du président Fischer sonne, il répond et évoque brièvement un dossier à boucler…) Où en êtes-vous sur le plan du sponsor maillot?

Justement, j’aimerais réussir à boucler ce dossier (ndlr: il montre son portable, qu’il vient de reposer sur la table). Cela ne sera pas prêt pour samedi, mais nous avançons bien. Les soutiens sont présents. Notamment Autobritt, qui sera notre nouveau partenaire véhicules après deux ans parfaits passés avec Infinity.

On ose à peine vous poser la question «serpent de mer»: quand allez-vous enfin signer un bail avec la Fondation du Stade?

Eh bien… nous attendons encore. Il ne reste que quelques points de détail sur lesquels nous devons nous accorder. J’espère que cela pourra être fait très vite. D’autant plus que la convention pour les terrains au Pré-du-Stand au Grand-Saconnex, en face du Blanché, concernant le futur centre de formation du Servette FC, a été signée.

(TDG)

Créé: 20.07.2017, 20h18

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