Après le festin, les Servettiens goûtent à la famine

FootballTout s’était parfaitement emmanché lors des trois dernières sorties du SFC. À Lugano, les éléments ont tourné dans le mauvais sens.

Sandi Lovric et Lugano ont eu le dernier mot face aux Servettiens de Timothée Cognat.

Sandi Lovric et Lugano ont eu le dernier mot face aux Servettiens de Timothée Cognat. Image: KEYSTONE

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Commençons par revenir sur ce but, le seul et l’unique inscrit dimanche, qui a décidé de l’issue de la partie entre Lugano et Servette. Tout est parti de la blessure de Michael Gonçalves. Un drôle coup du sort, alors que les acteurs venaient tout juste de ressortir des vestiaires (48e). Une facétie du destin qui a touché le seul «second couteau» genevois, lui qui remplaçait Anthony Sauthier, sachant que les dix autres Grenat faisaient déjà partie des titulaires lors des trois victoires qui avaient précédé ce déplacement au Tessin. Ce qui n’aurait dû être qu’un incident de match a complètement décontenancé un Servette plus franchement habitué à avoir les circonstances contre lui. Une poignée de secondes plus tard, après une touche et un centre a priori anodins, les visiteurs se retrouvaient menés au score. Ils venaient de perdre le match, fautifs d’un manque de concentration coupable.

La roue tourne

La roue tourne. Parfois, elle s’arrête sur la bonne case, comme ce fut le cas ces dernières semaines pour le SFC. Parfois, comme dimanche, elle choisit l’adversaire. Sans rien leur enlever, les hommes d’Alain Geiger ont goûté à ce qu’ils avaient fait subir à Young Boys, Bâle, voire Lucerne, durant leur très faste mois de novembre ponctué d’un bilan immaculé (trois matches, neuf points). Les montants avaient sauvé Jérémy Frick lors de la victoire 2-0 face aux Rhénans? Ils se sont cette fois mis sur la trajectoire d’Alex Schalk (poteau, 76e) et de Miroslav Stevanovic (latte, 93e). L’adage «sur une saison, ça s’équilibre» n’a jamais autant été de circonstance.

Du jeu sur une pelouse détrempée

Là où les Grenat se réjouissaient, à juste titre, d’avoir réussi à battre Lucerne en «jouant moche», ils se sont cette fois-ci retrouvés dans le camp d’en face. Cherchant à produire du jeu sur une pelouse détrempée qui ne le permettait que moyennement. Les Genevois étaient pourtant devenus spécialistes dans l’art de dompter les éléments, de faire bonne figure au cœur de la tempête. Dans un sens, cette défaite signifie peut-être que Sébastien Wüthrich et ses coéquipiers ont progressé. Qu’ils se reposent davantage sur des schémas précis et travaillés pour faire la différence, quitte à ce que cela empiète un peu sur l’instinct, une qualité toutefois bien pratique sur une pelouse accidentée.

Ce qu’il est important de noter, c’est que Servette n’a pas péché par orgueil. Non, les Grenat n’ont pas soudainement pris la grosse tête après avoir tapé les deux ogres du championnat. Le changement de décor entre un Stade de Genève garni de 10420 spectateurs avec le FC Bâle comme adversaire et ce Cornaredo à peine parsemé (2360 pékins) un dimanche sous une pluie continue avait tout d’un dépaysement qui pouvait s’avérer fatal. Mais, bien qu’ils n’ont pas fait tout juste, Timothé Gognat et les siens se sont déplacés avec la bonne mentalité. Même s’il faisait froid, même si l’adversaire se voulait moins clinquant, même s’il a fallu se frayer un chemin au milieu des flaques d’eau.

La volonté était là

Bien sûr, aller perdre au Tessin n’a rien d’un bon résultat. Mais il peut être bon de relativiser et de jeter un coup d’œil dans le rétro. Il y a deux mois à la Praille, un Servette sans idée et inoffensif avait pris un point face à ce même Lugano. Hier, ces mêmes Genevois, bien que trop maladroits, ont montré une vraie volonté d’aller de l’avant qui s’est traduite par une petite dizaine d’occasions franches. Autrement dit, le SFC s’est donné les moyens de gagner le match. Alors oui, le résultat comptable demeure moins bon. Mais la prestation, elle, est d’un standard bien plus abouti.


«On était encore au vestiaire»

Sur le chemin des vestiaires après le coup de sifflet final, Steve Rouiller refusait d’utiliser l’état du terrain comme excuse au revers que Servette venait d’encaisser. «Si on a été plus désavantagés que Lugano sous prétexte qu’on produit davantage de jeu? Non, je pense simplement que, dans ces conditions, la pelouse profite à l’équipe qui ouvre le score», a balayé le défenseur central. Avant de faire référence à cette victoire que personne n’a oubliée, en avril dernier à la Pontaise. «Ce jour-là, sous la neige, tout était devenu infiniment plus simple au moment où on a marqué le 0-1. C’est comme ça que ça fonctionne dans des contextes aussi particuliers. Il n’y a pas à aller chercher plus loin.» Ce but évitable concédé en début de seconde mi-temps? «On était encore au vestiaire, pestait le numéro 4 grenat. Tout est parti de presque rien, d’une déconcentration. La balle a dû taper au mauvais endroit, passer entre les jambes d’un joueur et elle a fini au fond. On n’aurait jamais dû encaisser à ce moment.» F.VA

Créé: 01.12.2019, 22h29

Lugano - Servette 1-0(0-0)

Cornaredo, 2360 spectateurs.

Arbitre: M. Bieri.

But: 49e Carlinhos Junior 1-0.

Lugano: Baumann; Yao, Kecskes, Daprelà, Obexer; Covilo; Lavanchy, Lovric (68e Guidotti), Vécsei, Aratore (61e Bottani); Carlinhos Junior.

Servette: Frick; Gonçalves (48e Souici), Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat;
Stevanovic, Wüthrich, Tasar (65e Schalk); Kyei (60e Kone).

Avertissements: Stevanovic (34e, jeu dur), Aratore (37e, jeu dur), Ondoua (69e, antijeu), Souici (75e, antijeu), Iapichino (80e, antijeu), Bottani (92e, jeu dur).

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