Après l’euphorie, Servette devant ses responsabilités

FootballLa fabuleuse soirée de vendredi ensoleille encore les esprits grenat. Il faut maintenant être à la hauteur des lumières promises.

Kone et Alphonse ont allumé des feux de joie vendredi soir. Il va falloir construire sur ce bonheur grenat retrouvé.

Kone et Alphonse ont allumé des feux de joie vendredi soir. Il va falloir construire sur ce bonheur grenat retrouvé. Image: Eric Lafargue

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C’est à peine si les images s’estompent, tout juste émergent-elles aujourd’hui dans une mémoire encore secouée de bonheur, à la façon d’un hoquet irrépressible. La famille grenat a écrit une nouvelle page d’histoire vendredi soir avec cette promotion en Super League, mais le livre n’a pas le temps de s’ensommeiller, il demeure ouvert sur l’avenir. Si le présent est un futur en devenir, alors il faut s’en montrer digne et c’est justement ce qui attend le Servette FC.

Aux émotions d’un soir de gala, hurlées par plus de 20 000 supporters, se sont succédé les messages de félicitations, de Genève, de la Suisse, de l’étranger, pour rappeler à l’unisson que ce club-là est plus vivant que jamais, par-delà les turpitudes d’un passé encore proche. C’est beau, c’est mérité, c’est aussi la responsabilité de Servette désormais de se montrer à la hauteur de ces feux allumés dans les yeux de tous. Les Grenat se sont offert le droit de grandir dans l’élite. Ils doivent monter cette marche sereinement. Il y a plusieurs personnages clés pour dessiner cet avenir.

Didier Fischer aux impulsions

Président de la Fondation 1890, qui détient le capital-actions du Servette FC, Didier Fischer est aussi un président de club qui anticipe l’avenir. Pour être l’homme fort de cette fondation qui a sauvé le SFC de la faillite en 2015, mais aussi le hockey de la banqueroute en 2018, il est présent sur plusieurs fronts. Il délègue. C’est un rôle logique. Mais c’est à lui de donner les impulsions. Il a précisé que le budget serait au minimum doublé, pour passer à 12 millions de francs.

Une somme déjà garantie pour les trois prochaines saisons (avec des Grenat en Super League). Un montant qui pourrait même atteindre les 15 millions: à voir vendredi soir toutes les loges réservées, au point que l’Event Center donnant sur la pelouse ait dû être loué, on peut espérer que cet élan s’inscrira dans la durée et ne s’arrêtera pas à l’opportunisme d’un soir. Idem pour le public d’ailleurs.

Didier Fischer est le garant d’un futur pérenne qui doit permettre à Servette d’avoir les moyens économiques de s’établir dans l’élite et d’y grandir encore. C’est lui, dans le club, qui inspire confiance.

Alain Geiger à la baguette

L’entraîneur de Servette a fait tout juste cette saison. En plus de la promotion, il a apporté une philosophie de jeu qui a porté son projet. Le Valaisan est maintenant dans la réflexion. Il sait que son 4-1-3-2 ultra-offensif, taillé sur mesure pour la Challenge League avec les joueurs qu’il avait à disposition, ne peut pas être transposé tel quel en Super League. Dans l’élite, les défenses adverses sont moins poreuses et les erreurs de parcours se paient cash, bien plus souvent. Sans forcément renier ce qu’il a bâti, il va devoir trouver de nouveaux équilibres. Il va falloir l’écouter. Il connaît le football suisse, il sait de quoi Servette a besoin en termes de renforts.

Si Didier Fischer est celui qui doit asseoir le secteur économique dans la stabilité à l’échelon supérieur, Geiger est celui qui doit le faire sur le plan sportif. Et sur ce terrain-là, ce sont les techniciens du foot qui doivent tenir la baguette. En fonction des moyens à disposition bien sûr, mais avec les coudées franches pour opérer leurs choix.

Gérard Bonneau aux idées

L’ex-recruteur de l’Olympique lyonnais (Benzema, Ben Arfa, Fekir, Lacazette, Martial, Umtiti, Tolisso et Ghezzal, c’est lui) a apporté au printemps une caution footballistique d’envergure dans un Servette FC qui en avait bien besoin. Il est à la tête de la cellule de recrutement et il est de facto, à l’aube de la Super League, un personnage clé. Voilà un homme qui sait de quoi il parle. Au moment où le club doit autant penser aux renforts nécessaires qu’à la prolongation des contrats qui s’achèvent en juin 2020 (Stevanovic, Wüthrich et Sauthier par exemple), c’est avec lui que les joueurs souhaitent parler.

Si Bonneau estime qu’il faut prolonger tel ou tel élément jugé essentiel maintenant déjà, ce qui est logique, il ne faut pas reporter le problème à l’automne. Même si certains départs qui interviendront forcément ne sont pas encore actés.

Fischer et Servette ne doivent pas se tromper de priorité: Bonneau est essentiel dans le processus qui se met en place pour le futur de Servette et le Français doit être entendu dans ses options et ses choix, tout comme Geiger. On lui a demandé s’il serait toujours à la baguette la saison prochaine. «On verra», a-t-il répondu avec un sourire. Servette doit impérativement tout mettre en œuvre pour que ce technicien soit de l’aventure en Super League, et on ne doute pas que ce soit le cas.

Son œil, ses contacts (il était présent vendredi soir avec un responsable du recrutement de Manchester City par exemple), sa crédibilité sont indispensables.

Adrian Ursea avec les M21?

Servette, c’est aussi un centre de formation performant. Massimo Lombardo en est le directeur technique (officiellement à partir de juillet, mais il y travaille déjà). Adrian Ursea (ex-Servette, ex-Nice au côté de Favre) pourrait lui aussi venir, pour diriger les M21. Ce serait une belle pioche pour la post-formation des jeunes grenat. La preuve que Servette veut se donner de vrais moyens dans tous les secteurs. Le club et le Roumain se sont déjà rencontrés. Confirmation bientôt?


Construire sur des acquis

Les héros de vendredi soir, de toute la saison en fait, peuvent terminer la saison avec un sourire légitime. Jeudi prochain, c’est Servette-Rapperswil et on espère que les spectateurs seront à nouveau nombreux: même si l’engouement ne sera pas le même que pour le derby contre Lausanne, cette équipe le mérite. Et le méritera plus encore en Super League. La campagne d’abonnements a déjà commencé.

La campagne de recrutement et de choix, elle, bat aussi son plein. Servette a besoin de renforts et les joueurs qui forment actuellement le contingent n’auront pas tous une place dans le futur Servette. C’est la règle du jeu. L’ossature forte du groupe est connue: Rouiller, Stevanovic, Wüthrich, Sauthier, Kone. Une forme de colonne vertébrale qu’il faut renforcer. Avec un No 6 d’envergure. En tentant de garder Cognat. Avec des défenseurs et un attaquant peut-être. Tasar va rejoindre le groupe, les jeunes, à l’image d’Imeri, continueront de progresser et des renforts arriveront, donc. Tandis que certains quitteront le club. C’est ce moment charnière que le club doit négocier aujourd’hui, en fonction de ses moyens. D.V.

Créé: 12.05.2019, 16h58

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