Encore loin du compte, Servette a déjà du pain sur la planche

FootballFaux départ pour les Grenat dans le premier match de la saison (2-2). Un faible Chiasso suffit pour éclairer les lacunes genevoises.

Auteur des deux buts, Alphonse (à gauche) a été le meilleur Servettien sur le terrain.

Auteur des deux buts, Alphonse (à gauche) a été le meilleur Servettien sur le terrain. Image: Eric Lafargue

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Toutes les vérités ne sont pas définitives. Photographies d’un moment, elles demeurent bonnes à dire et, pour un Servette qui s’est grossièrement fourvoyé contre Chiasso, elles conjuguent aujourd’hui amertume et désillusion. Il y a encore beaucoup de matches dans cette saison où les Grenat se sont promis de jouer les premiers rôles et rien ne dit qu’ils ne seront pas à la hauteur de leurs ambitions. Mais enfin, quand on vise une promotion, commencer par un nul poussif contre des Tessinois sans éclat, c’est rater le coche d’emblée. Il faut voir pourquoi et surtout comment Servette doit corriger le tir avant un déplacement périlleux à Vaduz.

Que s’est-il passé pour que Servette égare deux points précieux à domicile? A en croire Meho Kodro la veille de la rencontre, les Grenat étaient prêts. Prêts pour la reprise, prêts à assumer leur rôle. Vraiment? Servette a immédiatement montré des lacunes que le premier but de Chiasso, après moins de quatre minutes de jeu, a mises en lumière. On aurait pu croire à l’accident de parcours, à la réussite totale de Ceesay qui ouvrait le score lors de la première incursion tessinoise dans le camp genevois. Les placements approximatifs de Le Pogam et Cadamuro ou ce ballon qui filait sous Frick racontaient surtout les soucis à venir, en seconde période.

Illusion et errements

Entre-temps, le meilleur Servettien sur le terrain avait entretenu l’illusion durant vingt-cinq minutes. Alphonse, intelligent dans ses courses, ses choix, précis à la finition, avait brossé un bijou dans le petit filet de Mossi, avant de décaler un Lang qui obtenait un logique penalty que le Français transformait. Mais Servette devait en rester là, incapable de tenir après la pause ces promesses de jeu, finissant par craquer et terminer la partie comme il l’avait commencée, avec des errements qui permettaient à Franzese d’égaliser à six minutes de la fin.

Qu’a-t-on vu quand Servette jouait bien, autrement dit durant ces trop brèves vingt-cinq minutes? Des idées et du mouvement, avec un Alphonse impliqué dans toutes les offensives. Première certitude: c’est quand les Grenat trouvaient de la profondeur, notamment avec Lang, que Servette coupait les lignes tessinoises. Souci: c’est seulement quand Steven Lang «dézonait», quittant son couloir gauche pour offrir des solutions dans l’axe, que les Grenat gagnaient en dangerosité. Tiens, c’est justement dans ce rôle plus axial qu’il cartonnait avec Schaffhouse au printemps. C’est d’ailleurs en prenant l’espace intérieur qu’il a pu bénéficier de la déviation d’Alphonse pour obtenir le penalty. Assurément une piste à creuser pour Kodro.

C’est précisément après la pause, quand tout s’est figé dans la difficulté pour Servette, que l’on aurait aimé voir autre chose que ce système stéréotypé qui ne produisait plus rien. Inconstants, les Grenat avaient un peu reculé et tous les schémas chers à Meho Kodro s’enlisaient sans que l’entraîneur ne se décide vraiment à secouer les siens par de réelles modifications tactiques. A cet instant, ce sont les lacunes qui ont plombé les espérances genevoises.

Le fantôme de Nsame

On pense par exemple à Sébastien Wüthrich. Nul doute qu’il peut être ce No 10 catalyseur des offensives grenat. Mais en l’état, il est en cruel manque de rythme et de repères. On pense aussi à Willie, le petit Brésilien entré peu après l’heure de jeu. Manque de rythme pour lui aussi, manque de puissance dans les duels, si peu de repli défensif: on aurait préféré que Kodro lance à ce moment le jeune Lungoyi (qui n’entrait en jeu qu’à la 90e…).

On songe également au duo Fabry-Cespedes: ce sont dans ces instants où les Genevois étaient en mal de jeu que des impulsions claires auraient dû sortir de leurs pieds. Ce ne fut pas le cas après la pause et la crispation qui gagnait le groupe devait se concrétiser par un corner qui laissait deux Chiassesi seuls au deuxième poteau, derrière Cadamuro, dont le buteur Franceze…

Sans pressing parce que trop bas, sans audace parce que crispé, Servette avait traversé sa seconde période dans la douleur jusqu’au bout. C’est dans ces séquences balbutiées que le fantôme de Jean-Pierre Nsame a plané sur la pelouse de la Praille. Nsame, c’était un solide point d’ancrage devant, l’assurance de trouver quelqu’un capable de contrôler un long ballon et de le garder, offrant la possibilité au bloc grenat de remonter dans le terrain. Il est certain que Servette a le besoin urgent d’un homme fort et puissant devant, sans que cela n’enlève rien aux qualités d’Alexandre Alphonse, qui le remplace avec talent mais dans un autre registre.

Non, contrairement à ce qu’affirmait Meho Kodro, ce Servette-là n’était pas totalement prêt. Pas assez en tout cas. Peut-il l’être dimanche prochain pour ce choc à Vaduz, un concurrent direct dans la course à la promotion? Les Grenat devront faire preuve de caractère et monter rapidement en puissance. Parce qu’un début de saison, c’est une occasion à ne pas manquer d’imprimer une dynamique positive.

(TDG)

Créé: 23.07.2017, 21h54

Servette - Chiasso 2-2 (2-1)

Stade de Genève, 2059 spectateurs.
Arbitre: M. Schärli.
Buts: 4e Ceesay 0-1; 25e Alphonse 1-1; 37e pen. Alphonse 2-1; 84e Franceze 2-2.
Servette: Frick; Sauthier, Sarr, Cadamuro, Le Pogam; Fabry, Cespedes; Vitkieviez (64

e Willie), Wüthrich (83e Imeri), Lang (90e Lungoyi); Alphonse.
Chiasso: Mossi; Soumare (46e Krasniqi), Urbano, Monighetti (82e Charlier), Berlometti; Abedini; Ceesay, Fatkic, Said, Padula; Soumah (63e Franceze).
Avertissements: 18e Belometti, 57e Alphonse, 68e Abedini, 70e Urbano, 72e Krasniqi, 73e Cadamuro (tous pour jeu dur).

Alphonse: «Après la pause, c’était stérile…»

Le meilleur Servettien sur le terrain n’a pas pu, à lui seul, endiguer l’enlisement des Grenat après la pause. «On s’est peut-être dit qu’on avait le temps, qu’on pouvait laisser Chiasso sortir et prendre ensuite les espaces, soupirait-il. La réalité, c’est qu’on a reculé, que c’était stérile, qu’il manquait de la verticalité, que nous jouions à la ba-balle, que nous sommes tombés dans la facilité parce que nous avions souvent la possession. Mais nous n’avions pas de sécurité. Alors les Tessinois ont récupéré des ballons, nous les avions remis dans le match.»
Limpide et sans concession. Autre constat lucide: «Nous ne sommes pas assez solides pour reculer et tenir le jeu, assure Alphonse. Nous manquons de maîtrise. Notre jeu, c’est des passes et trouver la verticalité. Mais là… Il nous faut maintenant réagir, parce que ce nul, ce n’est pas vraiment partir sur un bon résultat. Nous devons produire sur un match entier ce que nous avons fait durant 25 à 30 minutes, en première période.»
Servette a des ambitions. Il doit les assumer et ce test grandeur nature à Vaduz peut opérer comme un déclic. A condition d’expurger de son jeu toutes les scories aperçues dans cette vilaine seconde mi-temps. D.V.

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