Dimic: «J’étais l’adjoint de Kodro, mais j’ai le droit d’avoir mes idées»

FootballRamener des envies, de la folie, trouver confiance et constance: c’est la mission immédiate de Bojan Dimic à la tête de Servette.

Le successeur de Kodro, Bojan Dimic, connaît les joueurs (ici Lang et Frick), il imposera ses idées et ses envies pour Servette.

Le successeur de Kodro, Bojan Dimic, connaît les joueurs (ici Lang et Frick), il imposera ses idées et ses envies pour Servette. Image: Eric Lafargue

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C’est le moment curieux où toutes les frontières bougent dans un univers qui demeure identique. Il est toujours question de football, de match, de préparation, de systèmes et d’animation, mais ce n’est plus la même personne qui parle et qui décide. Les règles du jeu sont simples et froides: Meho Kodro a été écarté, son adjoint Bojan Dimic reprend la barre et c’est ici que tout est en jeu pour le nouvel entraîneur, comme pour les joueurs. En quelques minutes, l’homme de l’ombre est en pleine lumière, il tient les rênes et c’est à cet instant que tous doivent se faire confiance pour commencer une nouvelle aventure. Sans connaître encore ni sa nature, ni sa durée.

Puisque tout part de là, qui est vraiment Bojan Dimic, à part ce talentueux joueur du Chênois de l’époque Nunweiler, notamment, que le landerneau du football genevois connaît bien? Il faut savoir qui est appelé à diriger «ad interim» Servette jusqu’à la fin de la saison. Ou plus si miracle? De son parcours jusque-là et de ses idées, de ses émotions aussi au moment de diriger son premier match à la tête de Servette, dimanche contre Wohlen, Dimic dit tout.

Ses influences

«J’étais l’adjoint de Meho Kodro, mais j’ai le droit d’avoir mes idées, sourit-il. Je reconnais avoir été marqué par le jeu de possession que prônait par exemple Radu Nunweiler. Comment le mettre en place et l’animer est important. En tant qu’entraîneur, j’ai environ 250 matches en 3e et 4e divisions suisses (ndlr: à Grand-Lancy puis Lancy FC après fusion). J’ai pratiqué beaucoup de systèmes de jeu différents, qu’il faut pouvoir travailler avant. C’est vrai que Servette a été centré sur un seul schéma (ndlr: le 4-2-3-1 cher à Kodro), avec tout de même certains résultats. Mais j’ai ma petite idée pour dimanche. Tout en sachant, pragmatique, que je dois composer en fonction des joueurs qui forment l’équipe depuis 14 mois.» Autrement dit, l’héritage de Kodro.

La fierté d’être là

Les Dimic (origine serbe), c’est une famille genevoise. «Oui, je représente la 4e génération des Dimic à Genève. Tout le monde prenait immédiatement le passeport suisse dès 18 ans… sauf moi! Je voulais être footballeur pro et je me disais que le talent devait suffire, indépendamment de la nationalité. Il n’y avait pas encore l’arrêt Bosman: le gamin que j’étais me fait sourire aujourd’hui, j’étais naïf. Je suis Suisse depuis le début des années 2000. Fier d’être Genevois et à la tête de Servette. Le premier souvenir que j’ai de ma vie remonte à mes quatre ans: sur les épaules de mon père pour regarder un Chênois-Servette aux Trois-Chêne. Et puis après j’allais tout le temps aux Charmilles.»

La responsabilité

Le président Didier Fischer n’a posé qu’une question avant de proposer la place d’entraîneur à Bojan Dimic. «Il m’a demandé si j’avais peur. Bien sûr que non. Je n’ai peur que d’une chose: qu’il arrive quelque chose aux miens. Pour Servette, oui, j’ai la boule au ventre, pour les bonnes raisons, sans pression malsaine. Je n’ai pas passé tous les diplômes durant dix ans pour rester toujours dans l’ombre.»

Le message au groupe grenat

Dimic était très proche de Kodro. Il y a d’abord une part d’émotion, au moment de son départ. «Je ne cache pas que cela a été difficile, c’est vrai. Nous avions noué des liens par le travail, mais aussi en dehors. Mais il faut rebondir, c’est le foot qui veut ça, nous sommes des professionnels.» Et il a donc fallu parler à l’équipe: quel message, quelle patte Dimic apportera-t-il? «J’ai horreur de jouer pour rien: je veux que tout le monde y croie encore. Je ne veux pas avoir de regrets. Je veux des entraînements avec des émotions qui ressortent. Et des matches où l’on tente des choses sur la durée, avec du plaisir. Il faut plus de régularité, être intelligent dans la gestion des temps faibles. J’ai rappelé aux joueurs ce que représentait ce club, l’étoile sur le maillot, les images des aînés dans l’espace de vie: cette histoire à respecter.»

Les vœux du président

Didier Fischer a évoqué les jeunes talents grenat, à utiliser davantage. L’avis de Dimic? «Je suis l’ancien Talent manager de Servette, je le rappelle. Je n’ai aucun souci à compter sur nos jeunes, si leur niveau répond aux exigences de la Challenge League. Je les connais. Donc je suis en phase avec le président. Il est certain que l’on pourrait profiter plus de nos meilleurs espoirs. Mais je ne suis pas là pour faire plaisir si le jeune n’est pas performant.»

Intérimaire. Ou plus?

Bojan Dimic est là «ad interim». Il est donc prévu que Servette se trouve quelqu’un d’autre pour la prochaine saison. À moins d’un miracle qui paraît improbable. Une promotion? «J’ai demandé aux joueurs d’y croire parce qu’on ne sait jamais. Disons que là, je suis dans la position d’un remplaçant qui entre en jeu et qui veut se montrer. On verra. Si tout se passe bien, ou très bien, cela ne peut être que bénéfique pour tout le monde.» (nxp)

Créé: 09.03.2018, 17h33

En direct du vestiaire

Le match Servette - Wohlen, dimanche au Stade de Genève, coup d’envoi à 16 heures.

L’effectif Servette fera sans De Ceglie, Le Pogam et Busset (blessés). Et sans Sauthier, suspendu. Vitkieviez est incertain.

Le contexte Kodro vient d’être limogé jeudi, Dimic passe du rôle d’adjoint à celui de décideur. Il doit immédiatement enfiler le costume de patron. Il affronte un Wohlen déjà relégué et peut en profiter pour bien commencer sa mission. Des jeunes Grenat, comme Luca Gazzetta ou Alexis Antunes pourraient avoir leur chance.

La curiosité Sur la base du programme d’échange international entre arbitres, c’est un trio qatari qui officiera à la Praille dimanche, avec Mohamed Khamis Al-Kuwari comme directeur de jeu. Il avait déjà dirigé un match de Challenge League en 2014, un Chiasso-Winterthour (0-0). D.V.

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