Didier Fischer: «La promotion n’est qu’une partie d’un tout»

FootballLe président du Servette FC fait le point à la veille de la reprise. Tour de l’horizon grenat.

Didier Fischer: «Les mécènes qui nous soutiennent sont attentifs au rôle social qu’ils jouent.»

Didier Fischer: «Les mécènes qui nous soutiennent sont attentifs au rôle social qu’ils jouent.» Image: Eric Lafargue

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Les nombreuses loges qui garnissent le Stade de Genève n’ont pas toutes trouvé preneur. C’est la réalité d’un Servette en Promotion League. Une réalité que Didier Fischer combat en nous recevant justement dans l’une de ces loges. En moins d’un an, avec ses soutiens et son équipe, le nouveau président a dessiné des perspectives, des objectifs. Un nouveau Servette? Il est question de projet, un mot dévoyé par son prédécesseur, un Hugh Quennec qui l’employait à toutes les sauces. Qu’est devenu ce même mot dans la bouche de Didier Fischer, depuis quelques mois?

Il est question de l’avenir du club, de la promotion qui doit ponctuer la saison, de choix et d’orientations à prendre. Le président fait le point et précise d’emblée: «Il y a eu passablement de mouvements, oui, depuis notre arrivée à la tête du club. Avant, nous ramassions des quilles que nous n’avions pas fait tomber. Maintenant, j’ai vraiment l’impression d’être à la tête de notre vrai projet. Ce n’était pas encore le cas à Noël. Désormais, oui. Et je suis très confiant!»

Quelle philosophie pour l’équipe?

Des départs, des arrivées, un choix d’entraîneur avec des premiers remous avant le retour au calme. L’hiver grenat a été mouvementé. Comment le président veut-il gérer le groupe, les joueurs professionnels? Pourquoi laisse-t-il partir le versatile Vonlanthen et pas l’irréprochable Doumbia?

«Il y a une part de rêve et il y a la réalité. Le rêve, c’est d’avoir des joueurs qui s’engagent pour le club, qui veulent humainement et sportivement s’investir. Dans la réalité, il y a quelqu’un comme Vonlanthen, qui, après avoir été remis sur pied, montre son envie de partir parce que c’est possiblement mieux ailleurs. Donc qu’il parte, oui. Il n’y avait pas le terreau pour le rêve avec lui. Avec Doumbia, oui! Nous aimons ce garçon pour ses qualités humaines et sportives. Pour son engagement. Nous nous sommes démenés aussi de notre côté pour lui. Pour son permis de travail, pour régler le passif financier avec son académie à Abidjan. Avec lui, le terreau pour le rêve est là. La philosophie est simple: nous voulons travailler avec des gens qui peuvent partager nos valeurs.

»Concernant les jeunes, il faut aussi pouvoir leur proposer un plan de carrière, dans une relation claire avec le joueur et ses parents, la cellule sportive, la direction. Oui, dans le fond, cela me dérange de voir Guillemenot nous quitter en juin, si cela se confirme, parce que c’est un super-joueur. Mais tout se passe bien avec lui, les siens et Barcelone. A l’avenir, nous devrons arriver à proposer un vrai plan de carrière qui mette en valeur nos jeunes.»

L’objectif promotion

Servette vise un retour immédiat en Challenge League, ce printemps. Et si l’équipe n’atteignait pas cet objectif? Cela aurait-il des conséquences pour l’avenir du club, cela remettrait-il en cause le soutien des mécènes (Fondation Hans Wilsdorf et autres) qui ont soutenu le projet il y a quelques mois?

«La promotion n’est qu’un point sur les quatre qui nous tiennent à cœur. Il y a aussi le travail et l’humilité. Le beau jeu et les sourires de retour. Ainsi que l’intégration des jeunes. Si nous devions ne pas monter? Je dois avouer qu’un plan B, basé sur un échec dans la course à la promotion, n’existe pas. Je n’en parle pas, je ne vais pas voir un partenaire en lui demandant s’il sera toujours là si nous restons en Promotion League. Maintenant, au-delà de la déception que cela représenterait, les mécènes qui nous soutiennent ne sont pas derrière nous qu’avec le souci de la promotion. Ils sont attentifs au rôle social qu’ils jouent, en nous aidant, auprès de 10 000 jeunes qui aiment le football à Genève. Je n’ai pas de raisons d’imaginer un retrait.»

La transparence financière

Servette va-t-il bien financièrement? Un budget a été établi pour la saison en cours, il faut voir avec Didier Fischer comment les finances se portent. Il prône la transparence. Où en est Servette aujourd’hui?

«Nous avons pour cette saison un budget de 4,6 millions. Il est couvert. Nous avons des revenus qui n’étaient pas prévus, qui proviennent des transferts. Cela ne veut pas dire que Servette gagne de l’argent. Nous avons toujours besoin du public et de partenaires. Mais cela signifie que la part des mécènes est moins élevée que prévu, au départ. C’est bien, mais l’exploitation reste déficitaire. A part Bâle, c’est le cas pour tous les clubs… Je vais vous donner la situation arrêtée au 31 décembre 2015: déficit de 1,8 million. Ce serapeut-être moins en juin. Ce sera la part que les mécènes couvriront.»

Licence 3 demandée

Servette a déposé auprès de la SFL sa demande de licence 3, soit le sésame nécessaire pour évoluer en Challenge League la saison prochaine, en cas de promotion. Avec quel budget et quelles perspectives?

«Dans le cadre d’un Servette en Challenge League, le budget serait porté à 5,2 millions. La Fondation 1890, qui détient les actions de la SA du Servette, a signé les documents démontrant qu’elle mettra les moyens financiers à disposition. J’espère que Servette jouera alors les premiers rôles. Mais il pourrait y avoir une deuxième saison en Challenge League, le tout servant à consolider les relations avec les partenaires, le public, toujours selon nos valeurs. C’est la création d’un mouvement général qui doit accompagner une nouvelle promotion, en Super League cette fois, dont je parle.»

Le bail avec la fondation

C’est le serpent de mer qui resurgit inlassablement. Servette n’a toujours pas signé de nouveau bail avec la Fondation du Stade de Genève, depuis que l’ancien, vestige farfelu de l’ère Pishyar, a été déchiré. Pourquoi?

«Je n’aimerais pas être dans la position de la Fondation du stade, qui doit être dotée d’une subvention annuelle mais qui attend toujours (ndlr: on parle de 800 000 francs par année). Selon ce que je sais, les travaux liés à la sécurité, grâce au premier crédit spécial de 1,3 million, devraient être terminés à la fin de mars. Après il y aura aussi des exigences d’infrastructures liées à la SFL en cas de promotion. Des dérogations sont possibles la première saison, mais ce sera à la charge de la Fondation du stade. Espérons que nécessité fera loi.» (TDG)

Créé: 04.03.2016, 12h57

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