Deux succès de deux manières différentes et Servette a le sourire

FootballLes Grenat savent se serrer les coudes et se montrent même efficaces devant la cage adverse. Le malheur de Lucerne après celui d’YB.

Sasso et Rouiller ont les yeux fixés sur le talon de Kyei: géniale talonnade de scorpion pour ouvrir le score.

Sasso et Rouiller ont les yeux fixés sur le talon de Kyei: géniale talonnade de scorpion pour ouvrir le score. Image: ERIC LAFARGUE

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Passé le moment d’euphorie qui a suivi ce succès à Lucerne, il y a eu la longue route pour rentrer sur Genève. Pour avoir entendu la liesse de tout un vestiaire qui chantait son bonheur, on sait que les cœurs étaient légers. Après avoir écarté Young Boys avec la manière dimanche passé (3-0), Servette vient de battre Lucerne à la swissporarena. Pas de raison de bouder la joie légitime de ce coup double, c’est le premier de la saison. Mais pas de raison non plus de s’interdire la lucidité. Parce que cette victoire compliquée en terres lucernoises dit autant les progrès accomplis que ceux qui restent à faire.

Il n’est pas anodin de rappeler que les Servettiens avaient en tête de reproduire la même performance que contre YB: avoir le ballon, s’installer dès que possible dans le camp adverse, provoquer des décalages dans la vitesse, gagner les duels. Sur le plan de l’objectif fixé, pas que quoi ravir Alain Geiger. Parce que par-delà la victoire, tout ne s’est pas passé comme prévu.

Très agressif, Lucerne a dominé physiquement et a eu clairement la possession du ballon: 59% contre 41% pour Servette. Les hommes d’Häberli ont également eu deux fois plus de corners (12 contre 6). Bref, pour qui voulait imposer sa loi sur la pelouse, c’était plutôt raté.

Seulement voilà: ces Grenat encore fragiles il y a quelques semaines pourront se féliciter de leur sens du combat. Il fallait ce pied de Sauthier pour contrer Margiotta au dernier moment. Il fallait ce retour fou de Tasar qui se retrouvait d’un coup latéral droit pour gêner un Lucernois. Il fallait encore un Ondoua pour couper les lignes de passes, dans la douleur, un Rouiller ou un Sasso prêts à intervenir du bout du pied, un Iapichino plus défensif cette fois, un Stevanovic plus discret mais toujours indispensable. Il fallait même oublier Wüthrich dans ce combat physique pour qu’il rappelle d’un coup de patte qu’il est si précieux. Enfin, il fallait avoir raison et tort à la fois en se disant que Tasar n’était pas dans un bon jour. Et se tromper en pensant que Kyei n’aurait pas son mot à dire, Lucerne pressant.

Contrairement à ce qu’en disent certains. Grejohn Kyei a fait la différence. Un but, un assist: de quoi faire taire ses détracteurs, momentanément au moins. Le but? Une merveille, un coup du scorpion exceptionnel sur un coup franc de Wüthrich. Comme quoi: quand celui qui peine dans le combat sert celui que beaucoup décrient, cela peut faire des étincelles. L’assist de Kyei? Une bagarre d’abord, en deux temps pour récupérer un ballon, il est armé pour, et une passe ensuite dans le timing pour Tasar, qui fusillera Müller au premier poteau. Comme quoi, encore…

Nouvelles certitudes

En 24 minutes, avec une occasion et demie, Servette menait 2-0. Un coussin confortable qui s’est dégonflé à la 67e, quand tout le monde a oublié Ndiaye sur un corner pour la réduction du score lucernoise.

C’est à ce moment que la curiosité a piqué au vif. Comment Servette allait-il bien faire pour tenir, puisque ce n’est pas dans sa nature de subir sans craquer? Il faut croire qu’il s’est trouvé de nouvelles vocations, de nouvelles certitudes aussi. Les valeurs d’un succès dans la douleur sont insoupçonnables. Si Servette doit se souvenir de ce qui a fait sa force contre YB (intensité dans l’engagement, vitesse des projections), il en est quitte pour se rappeler aussi de ce match à Lucerne (solidarité collective, discipline malgré deux ou trois couacs).

Dans tous les cas, il y a là deux manières d’avoir le sourire. Et c’est déjà deux fois plus que durant deux mois. Cela suffit au bonheur des Grenat pour passer la pause internationale au chaud.

Créé: 10.11.2019, 14h31

L’exigence de Geiger

L’homme est lucide. Alain Geiger a le sens terrien, il est heureux de la victoire, évidemment, il sait bien qu’elle indique une confiance en hausse, mais l’entraîneur est un perfectionniste. S’il salue la solidarité de tous les instants, il parle aussi de ce qu’il faut améliorer.

«C’était bien de marquer deux buts rapidement, s’amusait-il. On voit la confiance de certains, même s’ils n’ont pas fait leur meilleur match, comme Tasar. Mais après, en seconde période, nous avons trop géré cette avance. Heureusement, nous avons tenu bon. C’est le signe que nous progressons. Ce match, il y a quelques semaines, nous l’aurions perdu. Mais j’avoue que j’attendais un peu plus de contenu dans le jeu. Surtout après ce que nous avons été capables de faire contre Young Boys la semaine d’avant. Cela donne des axes de travail.»

Servette doit apprendre à trouver des connexions, même sous pression, pour reprendre le contrôle. Parce qu’il n’aura pas toujours la réussite qui a été la sienne à Lucerne, en rupture. D.V.

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