Derrière le brouillard, le ciel bleu pour Servette

FootballDans la douleur, les Grenat arrachent enfin une victoire à Neuchâtel (2-1). De quoi les lancer sur les bons rails pour la suite?

Servette n'avait plus battu Xamax à la Maldière depuis 2003. Mais c'est dans la douleur que le tir a été corrigé.

Servette n'avait plus battu Xamax à la Maldière depuis 2003. Mais c'est dans la douleur que le tir a été corrigé. Image: Eric Lafargue

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Un épais brouillard écrasait la Maladière quand tout a commencé. C’était le moment des premières vérités de 2020 et personne ne savait vraiment, de ce Xamax fébrile et de ce Servette incertain, comment s’extirper de ces promesses brumeuses. Infiniment laborieux, les Grenat auront quitté l’endroit avec la seule certitude de leurs trois points en poche, le brouillard flottait toujours, enveloppant à la fois Neuchâtel et les têtes genevoises.

Sur le plan comptable, l’opération est délicieuse pour Servette. Avec ce succès à Xamax attendu depuis 17 ans, les Servettiens soufflent la quatrième place à Zurich (battu à domicile par Lucerne). L’essentiel est sans doute là, pour qui voulait se placer d’emblée sur les bons rails dès la reprise. Pas question de faire la fine bouche. Mais aucune raison non plus d’occulter le caractère douloureux de l’entreprise.

Servette a tout intérêt à se pencher sur les événements, à savoir pourquoi il a éprouvé tant de difficultés dans le jeu après avoir ouvert le score après 14 secondes seulement, quand Rouiller profitait de la naïveté de Kamber en trouvant Stevanovic, lequel ajustait la tête de Kone au deuxième poteau. Une fulgurance qui déchirait la brume, avant que celle-ci ne s’empare des Grenat.

Le 2-2 raté de Nuzzolo

Les dix minutes qui auront précédé la pause auront été le meilleur moment grenat, elles débouchaient d’ailleurs sur un nouvel assist de Stevanovic, en deux temps, avec Tasar à la conclusion sur une frappe déviée par Djuric.

Avant ça, rien de consistant. Après? Un but concédé dès le début de la seconde période (tête de Kamber après un arrêt de Frick), une multitude de frayeurs éteintes souvent par un Frick à nouveau décisif, et cette égalisation – comme d’habitude… - qui aurait dû récompenser un Xamax réduit à dix dès la 56e minute (agression de Kamber sur Stevanovic) et sanctionner ce Servette surnuméraire et passif, si Nuzzolo n’avait pas raté à bout portant ce qu’il ne rate jamais, à la 88e.

Des équilibres à trouver

Dans son 4-2-3-1, Servette compose désormais sans Wüthrich. Rien ne dit que tout se serait mieux passé dans le jeu avec celui qui ne sera plus aligné cette saison. Il faut trouver d’autres solutions. Geiger a lancé Tasar à ce poste. L’Allemand a eu des difficultés. «Oui, j’ai compté, avouait Geiger. Ses six premiers ballons sont six ballons perdus. C’est nouveau pour lui. Il aime courir avec la balle, mais si c’est pour s’empaler sur les défenseurs adverses, c’est compliqué. Il doit apprendre, c’est normal.» Pas simple de retrouver l’équilibre.

Encore plus compliqué quand un déficit d’agressivité global se conjugue avec un déchet technique inhabituel. Ondoua manquait d’implication, Cognat n’était pas percutant, Sauthier se faisait surprendre dans son dos, Park oubliait le repli défensif sur la gauche. Et dans les quelques actions de rupture qui auraient dû mettre les Grenat à l’abris, qui plus est à onze contre dix, des soucis d’efficacité, avec un Cognat qui rate une nouvelle offrande de Stevanovic ou un Kone mal inspiré qui oublie Park, seul sur sa gauche. Travers logiques d’un match de reprise, davantage amplifiés par un adversaire qui n’a jamais convenu aux Grenat? Sans doute. Travers à corriger surtout, dès dimanche prochain avec la venue de Thoune à Genève.

Mais après tout, Servette a bien le droit de gagner en jouant mal. C’est toujours mieux que le contraire. «On a voulu mettre le pied sur le ballon, mais on ne trouvait pas la zone libre, relevait Geiger. Ce n’était pas facile, mais ce n’est que le début. On n’était pas encore au point, on manquait de clairvoyance. Mais en juillet, en jouant bien, on avait commencé la première phase par deux nuls. Là, on a déjà trois points, c’est le jackpot! On va continuer à travailler pour corriger ce qui doit l’être.»

Quatrième et lucide

La dense brume qui a englué les esprits grenat s’est dissipée sur le chemin du retour. Servette est quatrième au classement, il sait regarder en face la fragilité de son bonheur, mais aussi ce qui peut l’attendre s’il retrouve des couleurs.

Derrière le brouillard, le ciel bleu.


«On n’a jamais eu tant de problèmes»

Dennis Iapichino, quel regard portez-vous sur cette victoire compliquée?

En première période, cela allait encore, même si tout n’était pas parfait. On marque le 2-0 juste avant la pause. Dans le vestiaire, on se dit qu’il faut rester compact, tenir, ne pas concéder de but parce que sinon, cela deviendrait dangereux.

Et c’est pourtant tout le contraire qui se passe, avec le 2-1 de Xamax à la 47e déjà…

Oui (soupir). Franchement, je crois que nous n’avons jamais eu tant de problèmes dans le jeu depuis le début de la saison. C’était la panique! En plus, Xamax a rapidement été réduit à dix (ndlr: expulsion de Kamber à la 56e). Je ne sais pas pourquoi: la reprise, ou ce passif avec Xamax, ces retournements de situation déjà vécus. Nous avions peut-être ça en tête, inconsciemment.

Que manquait-il selon vous à Servette?

Nous devons nous être plus agressifs, clairement. Etre meilleurs dans la possession du ballon. J’ai un peu le sentiment que chacun voulait un peu trop se montrer. Ce n’est pas bon, il faut plus de collectif dans la performance.

Mais la victoire est au bout de la douleur avec une quatrième place au classement...

Oui, c’est très bien. Mais nous n’allons pas nous mettre à rêver à l’Europe ou quoi que ce soit. L’objectif demeure le maintien, il reste encore 17 matches et il faut rester concentré. D.V.

Créé: 26.01.2020, 15h24

Xamax - Servette 1-2 (0-2)

Maladière, 5744 spectateurs.

Arbitre: M. Jaccottet.

Buts: 1ère Kone 0-1; 44e Tasar 0-2; 47e Kamber 1-2.

Xamax: Walthert; Neitzke, Djuric, Xhemajli (46e Tafer); Serey Die; Gomes, Corbaz (71e Seferi), Ramizi, Kamber; Nuzzolo, Karlen (57e Seydoux).

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat (87e Routis); Stevanovic, Tasar (90e Alves), Park (76e Cespedes); Kone.

Avertissements: 5e Park (antijeu), 20e Serey Die (jeu dur), 66e Rouiller (jeu dur), 82e Nuzzolo (jeu dur).

Expulsion: 56e Kamber (tacle par-derrière pieds décollés).

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