Derby lémanique: qui va gagner?

VidéoDeux journalistes sportifs, spécialistes de football, croisent le fer sur l'issue du match de ce vendredi soir.

Nos journalistes sportifs débattent de la rencontre de football entre Servette et Lausanne-Sport.
Vidéo: Aymeric Dejardin-Verkinder/Romain Michaud

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Les Grenat sont meilleurs, de bleu!

Préparez vos mouchoirs. Les Lausannois en auront besoin après le derby. Il y a deux semaines, quand Servette avait bêtement trébuché face à Aarau, tout en étant largement supérieurs, certains Vaudois caressaient encore l’espoir inavouable de coiffer les Grenat au poteau. C’était avant la fessée reçue au Brügglifeld: faut pas rêver trop fort, le réveil est douloureux et la neige n’atténue pas plus la chute que ça, ils auraient dû le savoir depuis le temps.

C’est donc ce Lausanne soudain redevenu tout penaud qui espère mettre des bâtons dans les roues servettiennes, en venant gâcher la fête annoncée au Stade de Genève? Soyons sérieux: Servette est infiniment meilleur que le LS, de bleu! D’ailleurs, c’est dans la plus parfaite des légèretés que les Genevois ont préparé ce match. Ici, à Servette, l’assurance ou presque, à une virgule près qui sera gommée ce vendredi, d’un bonheur promis, la Super League avec une promotion directe; là, à Lausanne, la douleur du couperet qui risque de s’abattre, avec une défaite qui reléguera les Vaudois à la troisième place puisqu’Aarau saura en profiter. Tiens: Stade-Lausanne-Ouchy doit déjà se réjouir en vue des futurs derbys.

En longeant le Lac de Genève pour se rapprocher de la Praille, théâtre de leur futur tourment, les Lausannois auront à peine le temps de ruminer leur saison en comptant le nombre de matches nuls qu’ils ont alignés, faute de s’être prêtés au jeu. Ou alors si peu, brièvement sur la fin.

En face d’eux, en pénétrant dans cette enceinte bruyante et bien remplie, ils trouveront des Servettiens libérés. Sans pression, sûrs d’eux. Qui pourraient même se payer le luxe de perdre sans que cela ne porte à conséquence. On balaie d’emblée cette hypothèse farfelue: c’est soir de liesse à Genève, les Grenat ne se prendront pas les pieds dans le tapis. Et puis si ça arrive – eh oui, la grandeur d’âme des Genevois peut éventuellement inviter à offrir un cadeau à des Vaudois aux abois –, tant pis. On aura tous l’air un peu bête. Mais pas longtemps.

Daniel Visentini, journaliste


À Lausanne, il y a de l’orgueil en plus

Le verdict de ce derby est d’abord tombé du ciel. Malheureusement pour Servette, aucune chute de neige providentielle n’est prévue vendredi à Genève selon MétéoSuisse. Et – ce sont les chiffres qui le disent – le Lausanne-Sport domine les confrontations directes, cette saison, lorsque les conditions de jeu sont normales. Bien sûr, Servette sera champion de Challenge League, mais il ne pourra fêter sa promotion que jeudi prochain contre Rapperswil. Toujours devant ses supporters, mais dans une ambiance plus intime.

Mais il y a d’autres raisons qui font que le LS quittera une nouvelle fois le Stade de Genève avec le sourire. Même s’il a mis beaucoup plus de temps à s’en rendre compte qu’Alain Geiger, Giorgio Contini a maintenant compris que les matches de Challenge League se gagnent en prenant des risques. Que la chance sourit aux audacieux de ce côté-ci de la Sarine. C’est l’attitude que le LS adoptera face à des Genevois en perte de vitesse et un peu trop sûrs d’eux depuis leur victoire à Lausanne, le mois dernier. Le nombreux public, acquis à sa cause, ne sera pas non plus l’atout espéré pour Servette. Au contraire, la chaude ambiance que mettront les plus de 15 000 supporters genevois bloquera l’élan des fragiles joueurs d’Alain Geiger s’ils ne parviennent pas à vite prendre les devants au score. Plus expérimentés et habitués à jouer dans des stades hostiles et bien garnis, les Lausannois en feront un atout pour se sublimer.

Et puis, perché sur son piédestal, ce dont Servette ne se doute pas, c’est l’orgueil de ces adversaires à qui la promotion semblait promise et qui, par leur propre faute, lui ont laissé la voie libre. Ils se feront un malin plaisir de retarder la fête prévue en montrant, avec la manière, que le LS est bel et bien ce qui se fait de mieux en Challenge League. Et que, pour les meilleurs, la beauté du sport est d’atteindre l’objectif fixé en empruntant le chemin le plus tortueux. Pour s’en aller ensuite régler ses comptes lémaniques la saison prochaine, en Super League cette fois.

André Boschetti, journaliste

(TDG)

Créé: 10.05.2019, 15h15

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