«Au début, je n’étais pas enchanté de venir à Servette, en D2 suisse»

FootballTimothé Cognat, prêté par Lyon, est déjà la révélation de la saison. Gros plan sur un joueur de 20 ans qui est heureux en Grenat.

Samedi, Cognat faussait compagnie à Peralta, avant de servir Stevanovic pour le 1-1.

Samedi, Cognat faussait compagnie à Peralta, avant de servir Stevanovic pour le 1-1. Image: Eric Lafargue

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À tâtons d’abord, il faut prendre ses marques. Quitter l’Olympique lyonnais, découvrir un nouveau championnat et une nouvelle équipe en arrivant en Suisse. Surtout: se persuader d’avoir fait le bon choix. Timothé Cognat, espoir français de 20 ans, venait de signer son premier contrat professionnel avec Lyon cet été (trois ans jusqu’en 2021), pour aussitôt être prêté au Servette FC, en Challenge League. Âpreté de la transition. Le rêve qui prend corps, mais la réalité du chemin à parcourir pour le toucher du doigt qui s’impose immédiatement.

Cognat, c’est pourtant la révélation de la saison. Déjà. International de toutes les sélections tricolores, des M16 aux M19, capitaine de la France M17 championne d’Europe, il est toujours dans le viseur des techniciens lyonnais, au-delà de son exil programmé d’un an. Il est d’ailleurs prévu que le Servette FC envoie régulièrement à l’OL les DVD de ses matches avec les Grenat. Que vont-ils voir?

Ses qualités sous la loupe

Un jeune joueur qui sort du lot. Il a fallu un peu de temps, au début, pour que Cognat révèle ses immenses qualités. Des essais aussi pour vérifier qu’il n’est pas un No 10, pas vraiment un pur No 6, mais qu’en tant que No 8, il est indispensable dans les transitions offensives, dans l’axe, et redoutable dans les duels défensifs. Il peut aussi briller sur le flanc gauche, notamment dans le très intéressant 4-1-3-2 qui a fait le bonheur de Servette samedi, en seconde période, contre Aarau. Cognat, c’est aussi, un sens tactique qui se vérifie dans son placement et, cerise sur le gâteau, une technique impressionnante qui lui permet de briller dans la percussion, en un-contre-un. Du haut de ses 171 cm, il écœure l’adversité. Il ne lui manque plus que le réalisme à la conclusion. Mais s’il l’avait déjà, il ne serait sans doute pas en prêt à Servette.

C’est simple: en quelques semaines, infatigable, il est déjà devenu incontournable dans le jeu des Grenat et Alain Geiger l’a bien compris. Mais comment vit-on tout cela, à 20 ans. «Je ne vais pas vous mentir, quand Lyon m’a parlé d’un prêt en D2 suisse, cela ne m’a pas d’emblée enchanté. J’ai pris le temps de mesurer la proposition, j’en ai parlé avec mes agents. Au début, je me demandais pourquoi j’irais me perdre en D2 suisse. Et puis, après réflexion, je me suis dit qu’il valait peut-être mieux viser moins haut tout de suite, pour avoir plus de temps de jeu aussi.»

À peser tous les paramètres qui forgent une décision, Timothée Cognat a aussi retenu comme essentielle la présence, cette saison au Servette FC, de Gérard Bonneau, recruteur en chef. Bonneau, cela a été durant 25 ans l’œil de l’OL pour repérer les talents à recruter. Benzema, Ben Arfa, Fekir, Lacazette, Ghezzal, Martial, Tolisso, Umtiti, Gonalons, Grenier: c’est lui qui les a tous repérés et amenés au centre de formation lyonnais. De quoi rassurer Cognat, qui le connaît évidemment très bien. «Quand j’ai su que Gérard Bonneau était au Servette FC, bien sûr que cela a influencé mon choix, assure le joueur. J’ai totale confiance en lui.»

L’avis de son recruteur

Et l’ex-recruteur lyonnais, aujourd’hui à Genève, qu’en pense-t-il? «Oui, c’est bien moi qui ai donné son nom à Servette, en arrivant à Genève, confirme Bonneau. Je savais ce qu’il pouvait apporter aux Grenat. Je connais bien Timothé, c’est moi qui l’ai recruté pour l’OL à 13 ans, quand il était à Villefranche. Il a de grandes qualités. Il court beaucoup, 12 à 14 km par match, il est fluide techniquement, pas seulement du droit mais du gauche aussi, on l’a vu samedi avec son assist pour Stevanovic, il a un gros mental et c’est un garçon à l’écoute, un vrai coéquipier. Mais il doit encore progresser à la finition, oui.» Le milieu de terrain n’a pas mis longtemps à s’épanouir. Il s’est très bien intégré, ses coéquipiers le surnomment «Timo», voire «TimoTuche» pour cette chanson des Tuche chantée lors de son bizutage, et sur le terrain, il force le respect de tous.

Il ne regrette pas son choix

«Je ne regrette pas d’être au Servette FC, sourit-il. Je dois même avouer être très étonné du niveau de la D2 suisse, notamment sur l’implication physique nécessaire. Je me sens très bien dans ce club, qui me fait confiance.» Qui sait: si Servette est promu en Super League à la fin de la saison, une prolongation de prêt pourrait être envisagée? Ne reste plus aux Grenat d’aligner les victoires, de poursuivre la série de deux succès consécutifs dès samedi à Kriens. Avec deux attaquants en pointe? Avec Cognat sur la gauche éventuellement?

«Pas de souci pour évoluer sur le flanc gauche, lance le passeur du 1-1 de Stevanovic samedi. Je jouais souvent à cette position dans mes années lyonnaises. Pour ce qui est des deux attaquants, je crois qu’on arrive mieux à peser sur les centraux avec deux pointes, oui. Ce système est intéressant pour nos qualités.» (nxp)

Créé: 23.10.2018, 13h05

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