Entre chien et loup, Servette peut compter sur le soldat Dimic

FootballPendant que la direction pense l’avenir, l’entraîneur travaille au présent. Avec des choix et des envies, avant la venue de Wil lundi.

Bojan Dimic se distancie toujours un peu plus de son prédécesseur Meho Kodro. Depuis trois matches, il dessine ses envies et a utilisé vingt joueurs.

Bojan Dimic se distancie toujours un peu plus de son prédécesseur Meho Kodro. Depuis trois matches, il dessine ses envies et a utilisé vingt joueurs. Image: ÉRIC LAFARGUE

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C’est le moment où la nuit se dissipe, mais où il ne fait pas encore assez jour pour distinguer clairement les formes ni les intentions. Depuis que Servette a rangé ses espoirs de promotion au rang des miracles improbables (13 points de retard sur Xamax), il est justement entre chien et loup. Sans entraîneur officiel depuis le limogeage de Kodro, sinon Bojan Dimic, présenté par la direction comme intérimaire; sans plan ouvertement annoncé pour préparer l’avenir et la nouvelle saison en Challenge League qui se profile; avec des idées de restructuration interne évoquées par le président Didier Fischer; avec la nécessité de dicter un chemin à suivre loin des zones d’ombre qui existent encore autour du contingent 2018-2019, de la direction, de la commission sportive. Oui, entre chien et loup.

Si ces considérations occupent forcément un coin de l’esprit de Dimic, elles ne constituent pas encore une obsession. Le «deal» passé avec la direction du club est clair depuis l’éviction de Kodro le 8 mars et il l’explique: «J’ai la liberté de travailler comme je l’entends, lance-t-il. Après, à qualité et forme égales, il faudrait plutôt que je pousse les jeunes. Mais cela me correspond de toute façon, c’est ma mentalité. Cela dit, au gamin de me montrer qu’il est performant, je ne vais pas lui donner sa place comme ça.»

Le plan de base est là. Servette, qui a obtenu sa mention «centre de performance» (le plus élevé des labels attribué par l’ASF), axe sa première réflexion autour de ses meilleurs jeunes. Logique.

Quelle philosophie?

Mais pour un Servette qui a certains joueurs en fin de contrat en juin et d’autres qui seront courtisés par des clubs de Super League, pour un contingent où il faut définir des priorités, quelle est la philosophie?

Le cas de William Le Pogam illustre la question. Le latéral français est en fin de contrat, il envisage sans peine de rester mais souhaiterait de meilleures conditions. Les négociations étaient encore au point mort jusqu’à peu entre les deux parties. Servette a assurément besoin des services d’un tel latéral pour ses ambitions de promotion. Mais si les dirigeants décident de faire sans lui, alors il y aurait moins de raisons de le faire jouer cette saison. Dimic a-t-il parlé de tout cela avec ses dirigeants? «Pas encore, non, répond-il. Nous n’avons pas encore évoqué l’avenir en ces termes. Mais je comprendrais qu’on m’en parle, cela fait partie d’une politique de club. Cela arrivera bientôt, j’en suis conscient.»

Une position délicate

Reste cette position délicate pour Dimic: intérimaire seulement jusqu’à la fin de la saison, voire moins, ou plus si entente?

«Honnêtement, je ne me projette pas, avoue Dimic. La direction m’a déjà assuré qu’au pire je ferai partie du staff de la première équipe la saison prochaine. Mais non, on ne m’a pas dit que je ne serai en aucun cas le futur entraîneur. Tout est possible. Et je n’ai aucun souci avec ça, ce n’est pas moi qui décide de toute façon. Je n’y pense pas. Je travaille avec le groupe pour le bien de Servette. Je suis un soldat, à disposition.»

C’est sur le terrain, ici et maintenant, sans arrière-pensées, que Bojan Dimic s’emploie. Depuis trois matches, il dessine ses envies et a utilisé vingt joueurs. «J’ai ce luxe, sourit-il. Cela a permis de concerner tout le monde. Et j’ai aussi pu voir comment articuler l’équipe après le 4-2-3-1 qui était le système de Meho Kodro. L’idée étant de chercher le meilleur schéma pour Servette. Et surtout de définir un dispositif plus ambitieux.»

Le système Dimic

Le résultat s’inscrit sur la pelouse. Servette s’organise désormais dans une sorte de 4-1-4-1 évolutif, avec une seule sentinelle devant la défense. «Pour ce poste, il faut un No 6 irréprochable techniquement», précise Dimic. C’est pour cela que Cespedes, bien plus à l’aise balle au pied que Fabry, évoluait à cette place à Winterthour. Malheureusement, le Genevois s’est blessé. Il faudra trouver une autre solution pour lundi après-midi, contre Wil.

(TDG)

Créé: 30.03.2018, 19h13

En direct du vestiaire

Le match
Servette-Wil, Stade de Genève, lundi, coup d’envoi à 16 heures.

L’effectif
Servette composera sans Nathan, suspendu. Alphonse et Cespedes sont blessés, Le Pogam est incertain. Les Saint-Gallois seront privés des services de Savic, qui s’est fracturé le pied en amical contre Lucerne.

Le contexte
Après avoir glané son premier succès à la barre de Servette à Wohlen, Bojan Dimic veut continuer sur sa lancée. Il se distancie toujours un peu plus de Kodro, avec une volonté de jeu favorisée pas ses choix tactiques (une seule sentinelle devant la défense et plus deux). Le rôle du duo qui évolue devant ce No 6 est aussi redessiné: Dimic veut du pressing immédiatement après la perte du ballon. C’est la doctrine Guardiola, vérifiée: c’est dans les cinq secondes après la perte de la balle que la plupart des ballons sont récupérés quand ce pressing existe. À vérifier lundi en fin d’après-midi.

Dimic dixit
«Je demande plus de travail sans le ballon à Wüthrich. Il le fait très bien, montrant qu’il n’est pas seulement qu’un 10. Contre Wohlen, c’est lui qui a le plus couru.»
D.V.

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