Quelles chances pour Servette après sa défaite?

FootballLes Grenat sont relégués à huit points de Xamax. Quid des chances de promotion?

Miroslav Stevanovic et les Servettiens vont devoir se relever de cette cruelle défaite.

Miroslav Stevanovic et les Servettiens vont devoir se relever de cette cruelle défaite. Image: ÉRIC LAFARGUE

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Depuis lundi soir, Servette a la gueule de bois. Sans fumée, sans alcool, comme chantait l’autre. Toutes les défaites ne se valent pas, il en est certaines qui laissent des cicatrices béantes, des plaies ouvertes qui se referment difficilement, et celle qui fait le malheur des Grenat contre Xamax (1-2) est terrible en tout point. Depuis, les têtes grenat s’encombrent de pensées sombres qu’il faudra bien chasser. Pour s’imposer dimanche à Wohlen, déjà. Pour repartir ensuite en 2018 avec des ambitions intactes. Mais est-ce possible encore?

Servette pointe désormais à huit longueurs de Neuchâtel Xamax au classement. Au-delà des erreurs d’arbitrage du sieur Jaccottet et de ses sbires (ce but de Vitkieviez annulé si injustement, ce penalty de la 87e donné si généreusement), il y a un objectif qui doit toujours animer les Servettiens: la promotion. Mais est-il encore légitime eu égard à l’écart qui s’est creusé?

Condamné au sans-faute

Pour la seconde partie du championnat, Servette va retrouver un Wüthrich que tous les Grenat espèrent en pleine forme. Il va aussi recruter un attaquant. Mais Xamax peut lui aussi se renforcer, justement pour ne pas perdre son avantage comptable. Le championnat s’est-il déjà joué lundi soir à la Praille? Bernard Challandes est un fin connaisseur du football suisse. Huit points d’avance aujourd’hui pour Xamax sur Servette: la messe est-elle dite?

«Non, ce n’est pas rédhibitoire, lance-t-il. Mais c’est difficile pour les Genevois. Tout peut aller très vite. Mais au-delà du nombre de points qui sépare les deux équipes, il y a surtout une régularité de Xamax qu’il faut considérer. Lundi, il y a des circonstances spéciales, d’accord. Mais Xamax est une équipe qui perd peu de points. C’est une équipe solide et cela ne date pas de cette saison. Alors huit points, c’est beaucoup. En fait, la réponse à la question est aussi une interrogation: Servette est-il capable de faire un sans-faute ou presque à partir de maintenant? Tout indique que cela semble compliqué…»

Bernard Challandes a raison. Il pose la bonne question. Pour refaire son retard, Servette est condamné à la perfection ou presque, face à ce Xamax si régulier, chanceusement ou pas. Autrement dit: une défaite encore – et pas contre Xamax – et un ou deux nuls, pas plus. En est-il capable?

Bataille de coaching perdue

Les regards se tournent vers Meho Kodro. Au-delà des problèmes d’arbitrage évidents, il y a aussi eu, lundi, une bataille de coaching perdue face à Decastel. Une de plus après le 20 septembre. On pense à ce choix de bloquer Miroslav Stevanovic sur la droite peu après la demi-heure, alors que sa liberté en No 10 semait le trouble. Et de ce choix de sortir Vitkieviez pour introduire Fabry et glisser Hasanovic sur le flanc gauche. Désastreux message subliminal envoyé à Xamax qui signifiait clairement que les Grenat acceptaient alors de subir, avec trois milieux défensifs, dont un sur l’aile. C’était seulement la 58e minute de jeu… En face, Decastel sortait Di Nardo pour Corbaz, l’auteur du but de la 95e…

On pourra toujours dire que si Servette avait mené 2-0 à la 21e minute, sur le but injustement annulé, ou que si Jaccottet n’avait pas accordé le penalty à Nuzzolo à la 87e minute, Kodro aurait peut-être gagné son pari. Ce serait occulter le fond, cette seconde période si indigne d’un candidat à la promotion. Au même titre que l’avait été la première à Schaffhouse, quand la consigne était… d’attendre un peu, chose que Servette maîtrise si mal que cela vire au malaise. Meho Kodro est-il trop frileux ou le problème est-il plus profond?

«Personnellement, j’ai été frappé par cette seconde période, lundi soir, analyse Eddy Barea. Au-delà des choix de Kodro, il y a eu un effondrement collectif, une frilosité de toute l’équipe, un manque de confiance: un déficit de solidité mentale et une lacune dans la gestion de la pression. Et puis, clairement, un manque de leadership. C’est toute cette passivité qui a laissé de la place et du temps aux Neuchâtelois.»

Les questions qui dérangent

Condamnés à l’excellence pour y croire encore, Servette et Kodro doivent se poser toutes les questions, même celles qui dérangent. Le coaching, les orientations tactiques, le choix du ou des renforts, le fait que Nsame n’a jamais été remplacé et que Servette joue sans attaquant de pointe depuis le début de la saison (Malonga n’a presque jamais été une option): penser la promotion, c’est d’abord répondre à ces questions.

(TDG)

Créé: 05.12.2017, 21h30

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