Chagas: «Servette, c’est mon premier contrat pro. J’ai faim!»

FootballRencontre avec le nouveau buteur grenat. À 28 ans, le Brésilien raconte son parcours, sa patience et ses espoirs intacts.

Mychell Chagas est appelé à être le buteur grenat du deuxième tour. Avec le sourire.

Mychell Chagas est appelé à être le buteur grenat du deuxième tour. Avec le sourire. Image: Eric Lafargue

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Pour lui, le monde a dû s’écrouler quand il avait dix ans. Le petit Mychell Chagas quittait alors son Brésil natal pour la Suisse. Pour un Zurich au ciel bas, gris et froid découvert un soir d’octobre. Vertige du déracinement pour un gamin qui jusqu’alors gambadait dans les rues de Recife pieds et torse nus. Dix-huit ans plus tard, il est là, à Genève, avec un sourire désarmant, sûrement celui qui l’accompagnait dans sa prime enfance.

À 28 ans, le Brésilien est le renfort offensif de l’hiver pour le Servette FC. «Serial buteur» avec Rapperswil-Jona en Promotion league (23 buts) et grand artisan de la montée, il a remis ça à l’échelon supérieur cette saison (9 buts et 6 assists). De quoi attirer les regards de Servette et d’autres aussi, y compris en Super League. Mais c’est ici qu’il a désormais posé ses valises, jusqu’en 2020 selon le contrat signé. Et parce qu’il a été séduit par le projet grenat. De quoi penser sereinement au chemin parcouru.

Mychell Chagas, comment vous êtes-vous retrouvé en Suisse à dix ans?

Ma mère a fait la connaissance de mon beau-père, un Suisse, au Brésil. Après, nous sommes tous partis à Zurich. Forcément, l’ambiance change. Le froid, le fait de rester tout le temps à la maison, sans sortir torse nu dans les rues. Un jour, au début, j’en ai eu marre et j’ai quitté l’appartement en disant à ma mère que je connaissais bien le quartier. Je me suis bien sûr perdu, c’est ma mère qui m’a retrouvé… C’est finalement grâce à l’école que j’ai pu me faire des copains et m’adapter.

Et grâce au foot aussi?

Oui. Je jouais déjà dans les rues, pieds nus, au Brésil. En fait, mes premières chaussures de foot, je les ai eues ici, en Suisse, c’était bizarre au début. J’ai passé mes juniors à Zurich, YF Juventus, GC, puis Winterthour. C’est à Winti que j’ai été un peu dégoûté, vers 21 ans. On m’avait promis une place dans la première. Sans suite. Alors j’ai arrêté le foot pour passer un CFC d’employé de commerce. Et j’ai commencé à travailler.

Vous ne rêviez plus de ballons, de carrière?

J’y ai rêvé comme tous les gamins brésiliens dans les rues. Mes idoles étaient les trois «R»: Ronaldo parce que c’est le phénomène, Rivaldo parce qu’il vient de Recife et Ronaldinho pour la volonté de jeu. Après, je me suis aussi dit qu’il n’y avait pas que le foot et qu’il fallait que j’aie un papier. Au cas où. Cela dit, je n’avais pas vraiment oublié mes rêves et quand des amis m’ont dit qu’il fallait que je rejoue, je n’ai pas hésité longtemps. Mais en travaillant à 70%, comme c’était encore le cas il y a quelques semaines.

Servette, c’est donc votre premier contrat 100% pro, à 28 ans?

Oui. Comme quoi, il faut toujours y croire. J’ai déjà 28 ans, mais dans ma tête et dans mon cœur, j’en ai 21, comme un jeune qui commencerait sa carrière. J’ai faim!

C’est un changement important pour vous et pour votre famille: êtes-vous prêt à assumer toutes les attentes?

Ma femme Melissa et mes deux garçons, Lyam et Levyn, resteront au début à Zurich. Nous en avons parlé en famille, avec ma mère aussi. Tous me soutiennent. Pour le reste, je sais ce qu’on attend de moi ici. Je suis attaquant: je dois marquer, sinon je ne fais pas mon travail. Je vais tout donner. (nxp)

Créé: 09.01.2018, 19h47

Kodro et ces pourcentages à gagner

La petite flamme est bien là, présente dans les yeux. Il ne peut en être autrement et il le concède volontiers: «S’il n’y avait ni l’envie ni l’espoir, cela ne servirait à rien d’être là», lâche Meho Kodro.

L’entraîneur du Servette FC mesure bien l’ampleur de la mission. Cette «remontada» qui doit permettre aux Grenat d’effacer onze points de retard sur Xamax. Comment?

«Si le groupe améliore ne serait-ce que de 10% ses performances, par rapport à la première phase, nous verrons déjà une autre équipe, assure Kodro. En fait, je crois que nous n’avons évolué jusqu’à présent qu’à 60% de notre potentiel. Il faut monter à 70% ou 80%. Le 100%, c’est un peu utopique. Sans comparaison, un Barça à 80% de tout son potentiel, c’est déjà quelque chose de fabuleux.»

Mais pourquoi Servette n’a-t-il finalement exploité que 60% de son potentiel? «Il y a beaucoup de détails à régler qui font la différence. La rigueur notamment. Il faut être plus agressif aussi, pour risquer plus. Je fais mon autocritique le premier: je suis le principal responsable si nous n’étions qu’à 60% et c’est à moi de montrer le chemin à suivre. Cela dit, il ne faut pas tout remettre en question.»

Une chose est sûre: Servette ne pourra pas se permettre de mal débuter ou de mal terminer, comme lors de la première phase du championnat. Un peu à l’image du contenu de ses matches d’ailleurs, où il faudra plus de constance. L’arrivée de Chagas apportera des solutions devant. Un défenseur et un latéral sont encore envisagés.

Enfin, avant de s’envoler vendredi pour un stage en Algarve, Servette dispute son premier match amical ce mercredi à 16 heures, à Balexert. Contre Annecy. D.V.

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