Bojan Dimic: «Depuis quatre ans, je vois Servette grandir»

FootballIl est l’adjoint d’Alain Geiger. Un homme de l’ombre, un «soldat du club» comme il le dit, depuis plusieurs saisons. Rencontre.

Alain Geiger peut compter sur Bojan Dimic. Une relation de confiance nécessaire.

Alain Geiger peut compter sur Bojan Dimic. Une relation de confiance nécessaire. Image: Eric Lafargue

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Le fantasme est tenace, à écouter tous les entraîneurs réciter leur catéchisme, il faudrait les imaginer seuls face à leurs choix, responsables de tout puisqu’uniques décideurs des intentions, des options, des tactiques et des systèmes. Il y a du vrai dans cette idée de stratège immanent. Il y a du faux à l’envisager sous le thème de la dictature. Les meilleurs entraîneurs sont à l’écoute, dans le partage, ils ne prennent la responsabilité finale de leur décision qu’après discussion. Avec ceux qui les entourent. Avec leur adjoint, l’homme de confiance.

Au Servette FC, Alain Geiger est arrivé avec ses idées. Il les confronte au quotidien avec Bojan Dimic, son bras droit. Le choix final appartient bien sûr au Valaisan, mais il est nourri par des échanges permanents dont Geiger fait la synthèse. Mériter la confiance de l’entraîneur en chef, c’est parler avec lui, c’est le contredire parfois, c’est ouvrir des champs de réflexion ou c’est tout simplement être d’accord, pour de bonnes raisons. C’est le rôle de Bojan Dimic. Il est au Servette FC depuis quatre ans. «Et depuis quatre ans, j’ai vu Servette grandir», sourit-il.

Aucune frustration

Il a aujourd’hui 45 ans et est justement cet indispensable homme de l’ombre. Une frustration pour celui qui a tous ses diplômes (UEFA pro) pour entraîner lui-même une équipe? «On me demande souvent si je suis frustré par la situation, lance-t-il. Bien sûr que non. Moi, je suis un gamin qui allait suivre les matches de Servette perché sur les épaules de mon père. Je suis ce jeune joueur qui, un soir de Coupe de Suisse en 1991 a été lancé par Radu Nunweiler à la pointe de l’attaque de Chênois, avec Sion en face, parce que j’étais grand et qu’on perdait 2-1 à dix minutes de la fin. Je me suis retrouvé entre les deux centraux sédunois, Alain Geiger et Jean-Paul Brigger, alors défenseur. Et maintenant, je me retrouve adjoint de Geiger, 112 sélections avec la Suisse. Bien sûr que j’ai des ambitions, des envies d’être responsable d’une équipe, dans le futur. Mais il ne faut pas brûler les étapes.»

Bojan Dimic est un homme sage. «J’ai toujours dit, depuis longtemps, que mon plus grand rêve serait d’être l’entraîneur en chef de Servette, un jour, explique-t-il. Alain Geiger le sait, on en a parlé ensemble. Mais les choses sont très claires entre lui et moi. Jamais je ne lui planterais un couteau dans le dos.» Et puis entraîner Servette, c’est déjà fait. De mars à mai 2018, après le licenciement de Meho Kodro, c’est Dimic qui a assuré l’intérim. «Avec une mission claire: faire jouer les jeunes, rappelle-t-il. Donc en mettant mes conceptions ou mes ambitions de côté, pour être au service du club. Le groupe n’espérait plus rien sur le terrain, c’était une fin de saison en roue libre finalement. Pas simple.»

Le local secret des décisions

C’est ensuite que la rencontre avec Geiger a eu lieu. Et qu’une forme d’alchimie s’est mise en place entre les deux hommes, après quelques semaines. Geiger sait qu’il peut tout partager avec son adjoint. «On se comprend d’un seul regard, maintenant, s’amuse Dimic. Nous avons une belle relation de confiance. Cela s’illustre quand nous nous isolons, au Stade de Genève, dans une petite salle. Il y a une table, deux chaises, des toilettes. On s’y rend quand on veut parler entre quatre yeux. Ou pour recevoir un joueur et discuter avec lui. C’est dans ce petit local que toutes les décisions importantes ont été prises. C’est là qu’il a été décidé de continuer à vouloir jouer en Super League. C’est là que, quand Servette ne gagnait plus durant deux mois cet automne, nous nous sommes interrogés sur la suite à donner, en envisageant de jouer plus défensif avant d’abandonner cette idée. C’est là qu’on échange aussi avec les cadres de l’équipe sur ces questions, Sauthier, Rouiller, Routis, Frick, Maccoppi et Wüthrich, jusqu’à présent…»

C’est dans ce local que les deux hommes ont sans doute évoqué la seconde phase du championnat, qui attend les Grenat dans huit jours, après un dernier match amical ce samedi contre Stade Lausanne Ouchy. Alors? «Alors nous savons que ce sera plus dur, assure Dimic. Parce que tout le monde attend que l’on fasse à nouveau 27 points, ou plus. Mais il ne faut pas oublier d’où vient Servette. Nous sommes toujours en phase d’apprentissage. Thoune a bien plus d’expérience de Super League que nous, par exemple. L’objectif reste le maintien. Après, on verra bien chemin faisant.»

D'accord à 90%

Geiger et Dimic s’adapteront. Ils mettront sur la table leurs idées. «Nous sommes d’accord dans le 90% des cas, sourit l’adjoint. Mais je n’hésite pas à donner mon avis contraire dans les 10% restants. C’est comme cela que l’on est crédible. Et le choix final appartient bien sûr à Alain.» Le duo fonctionne bien, comme Servette.

«Depuis quatre ans, je vois une progression linéaire, relève Dimic. Les dirigeants ont fait leurs expériences et tout s’est mis en place, comme ils l’avaient dit. Actuellement, il y a des assurances fortes au niveau de l’équipe aussi. Et cela se transmet en dehors, dans Genève. Je revois de plus en plus de jeunes qui portent le maillot grenat. C’est beau.» Une motivation de plus à la veille de la reprise.

Créé: 17.01.2020, 17h03

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