L’année 2019, un millésime qui a refait de Servette un club en vue

FootballLes Grenat ont terminé par un succès contre Thoune. Ils sont cinquièmes et devront confirmer après la pause.

Sasso, Sauthier et Frick peuvent avoir le sourire. La première partie de saison de Servette est très positive.

Sasso, Sauthier et Frick peuvent avoir le sourire. La première partie de saison de Servette est très positive. Image: ERIC LAFARGUE

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Pour savoir d’où il vient, Servette n’oubliera pas l’année 2019. Le souvenir meurtri d’un début de siècle constellé de malheurs rappelle un parcours chaotique, une histoire prise en otage par des gestions désastreuses ou frauduleuses. Il dit aussi la force d’un club historique, blessé plus souvent qu’à son tour, mais jamais exsangue. Et c’est bien cette vitalité retrouvée qui s’impose en 2019 comme un juste retour des choses: une superbe promotion au printemps, un retour dans l’élite et ce dernier succès de l’année, contre Thoune, qui laisse les Grenat au cinquième rang du classement à mi-parcours.

Ici, rien d’inespéré, mais du mérite. Celui d’une nouvelle direction enfin sérieuse, qui a sauvé le club d’une autre faillite en 2015, sous la présidence de Didier Fischer et les soutiens que l’on sait, de la Fondation Hans-Wilsdorf aux nouveaux partenaires reconquis par ce sérieux, justement. Ce travail minutieux en coulisses représente les fondations du renouveau grenat, peut-être bientôt avec Pascal Besnard, toujours pressenti pour devenir le nouveau président, très prochainement. Tout ne fut pas toujours parfait, mais ce bonheur de 2019 est aussi celui d’une gestion saine retrouvée et maîtrisée.

La part d’Alain Geiger

La fierté se gagne aussi sur le terrain. Après quelques balbutiements, les planètes se sont alignées. Alain Geiger, presque contre toute attente, s’est imposé comme l’homme providentiel. Il a proposé ses services, les dirigeants ont eu l’intelligence de l’écouter et de lui confier les rênes de l’équipe. La suite est connue: une saison de rêve pour une promotion au printemps.

Surtout: le style de Servette épouse une réalité rafraîchissante, puisque c’est par le jeu que les Grenat ont su affirmer leurs ambitions. En Challenge League, mais aussi en Super League jusque-là. C’est comme si le Geiger d’avant, plus sombre, devenu cet entraîneur plus ouvert, imprimait précisément cette nouvelle ouverture d’esprit à son équipe.

Au lendemain de la promotion, tout le monde s’interrogeait sur le futur de Servette dans l’élite. La fuite en avant qui avait rythmé les succès en Challenge League était-elle compatible avec le niveau supérieur? Il y a eu des adaptations, des moments complexes (le coup de mou de septembre et octobre), mais par-delà certaines hésitations tactiques, Geiger et les siens n’ont jamais renié ce qui avait fait leur force, cette idée du jeu.

D’ailleurs, l’entraîneur le promet déjà: «L’équipe est toujours réceptive pour progresser encore, dit-il. Nous avons encore une marge de progression de 30% je pense. Ce sera pour la deuxième partie de saison.»

Confirmation attendue

Une promesse qui raconte déjà ce qui attend Servette. Cette magnifique cinquième place à mi-parcours n’éloigne pas les Grenat de leur objectif premier, le maintien. Mais elle confère aux Servettiens un supplément d’âme et une responsabilité peut-être aussi: confirmer. C’est ce que dit le capitaine Anthony Sauthier. «Le maintien reste la priorité, assure-t-il. Mais si l’on peut regarder plus haut, pourquoi pas?» Servette, jamais aussi surprenant que face aux plus forts (YB, Bâle ou Zurich en savent quelque chose), doit encore apprendre à gérer les formations plus minimalistes ou compactes. Comme ce match contre Thoune, avec un but bernois, avant deux réussites de Rouiller et de Schalk (sur penalty).

Bel épilogue pour 2019. Reste seulement en suspend l’«affaire» Wüthrich. Le joueur, toujours important jusque-là, devrait être écarté du groupe dès janvier, faute de trouver un accord pour une prolongation de contrat. Une mesure radicale. Définitive?

Créé: 15.12.2019, 17h59

Servette - Thoune2-1(0-1)

Stade de Genève 5084 spectateurs.

Arbitre: M. Bieri.

Buts: 51e Havenaar 0-1; 66e Rouiller 1-1; 72e Schalk pen. 2-1.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (57e Schalk), Park (74e Tasar); Kone (88e Routis).

Thoune: Faivre; Joss, Havenaar, Gelmi, Kablan (74e Ahmed); Tosetti, Stillhart, Roth, Hefti (46e Fatkic); Salanovic, Munsy (56e Rapp).

Avertissements: 70e Joss (antijeu), 86e Frick (antijeu), 94e Schalk (réclamation).

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