Alexis Antunes: «Je veux monter avec Servette»

FootballÀ 18 ans, ce No 10 voit son avenir en grenat. Le club veut pouvoir compter sur ses jeunes. Pas toujours évident. Le point avant Aarau.

Alexis Antunes, 18 ans, auteur du 2-0 de la belle victoire face à Wil, le 7 octobre. Il incarne la formation grenat, l’une des meilleures du pays.

Alexis Antunes, 18 ans, auteur du 2-0 de la belle victoire face à Wil, le 7 octobre. Il incarne la formation grenat, l’une des meilleures du pays. Image: Eric Lafargue

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Longue comme le bras, la liste des jeunes joueurs ayant quitté Servette prématurément dit à la fois la qualité de la formation grenat et le problème chronique. Sans viser l’exhaustivité, on nommera Lorenzo Gonzalez (Man City), Jérémy Guillemenot (Barcelone B, aujourd’hui Rapid Vienne), Denis Zakaria (YB puis Gladbach), Dereck Kutesa (Bâle puis St-Gall), Maxime Dominguez (Zurich puis Lausanne), Miguel Rodrigues (Thoune), Becir Omeragic (Zurich) ou encore Alexandre Jankewitz (Southampton). Certains sont partis très jeunes, sans avoir jamais joué pour la première équipe. D’autres ont été intégrés au groupe pro avant d’abandonner rapidement Servette pour la Super League. Cet exode a l’amertume de la fatalité pour qui forme ses pépites. Il a aussi le goût métallique de la faillite ou des gestions coupables qui ont basculé Servette dans l’antichambre de l’élite, ou même en dessous.

Désormais à l’abri du tracas sous la bienveillance de la Fondation Hans-Wilsdorf, le monde grenat veut tourner rond. Il ne pourra pas garder tous ses meilleures jeunes, il est parfois impossible de s’aligner sur des offres étrangères trop généreuses ou de lutter contre une aspiration personnelle dont Servette n’est pas la priorité. Mais le club n’est pas à l’abri non plus de définir une vraie politique pour ses jeunes. Il s’y attelle d’ailleurs, avec encore des tâtonnements. Dans l’idéal, il faudrait bien sûr une cohérence de direction sur le long terme à la tête de l’académie, ce qui fait encore défaut. Et, évidemment, il faudrait que la première équipe retrouve immédiatement la Super League.

Deux jeunes par saison

En attendant, cela n’empêche pas certains des plus prometteurs servettiens de se faire un nom. Lionel Pizzinat, Team manager, rappelle la volonté clairement affichée: «Chaque saison, nous voulons intégrer au moins deux jeunes du centre de formation dans la première équipe. Aux jeunes de saisir leur chance en faisant tout pour: il ne suffit pas d’avoir du talent et de penser que cela suffira. La porte de la première est ouverte, mais il faut mériter sa place chez les pros. Parallèlement, nous comptons favoriser ce passage en prenant avec les professionnels, pour du spécifique ou lors d’un stage de préparation, les plus méritants de nos jeunes.»

Patience et ambition

La saison passée, c’est l’excellent Kastriot Imeri qui a incarné cette politique. Cette année, se rajoutent Busset et Antunes. Facile d’être servettien et de le rester quand on a 18 ans et qu’on intéresse des clubs de Super League?

«Servette fait confiance à ses jeunes, j’en suis la preuve avec Imeri, Busset ou Souare, lance-t-il. Après, quand certains clubs s’intéressent à toi, il faut tout peser, réfléchir. Ici, j’ai aussi l’école, c’est important. Il faut aussi savoir être patient. Passer des M18 aux pros, cela demande une adaptation, physique par exemple. Et puis il faut ensuite saisir sa chance quand elle se présente. Pour l’instant, les choses sont claires pour moi. Je veux m’imposer ici, dans cette équipe, je veux monter en Super League avec Servette.» C’est vrai, des Grenat dans l’élite, cela aiderait pour garder certains jeunes. Il y a aussi le cadre offert et la nécessité d’un nouveau centre de formation (prévu au Grand-Saconnex), une urgence absolue.

Mais en matière de politique de club, il y a aussi le rôle joué par l’entraîneur du groupe professionnel. Qui doit à la fois conjuguer les ambitions de promotion et l’intégration des jeunes pousses.

Une bonne intégration

«Oui, c’est compatible, assure Alain Geiger. Mais il ne faut pas trop de jeunes non plus, sinon cela ne rime à rien. Nous en avons quatre et c’est très bien. Je suis heureux de donner du temps de jeu à nos meilleurs jeunes. Parce que c’est nécessaire pour un club comme Servette, qui possède une académie de grande qualité. Et parce que nous avons de plus en plus besoin de joueurs suisses ou formés en Suisse.»

C’est un peu là le paradoxe servettien, qui accueille cette saison dans son contingent neuf joueurs non-htp (non formés en Suisse, considérés comme étrangers), alors qu’il n’a droit d’en inscrire que sept sur la feuille de match. Si tout le monde est à disposition, deux de ces neuf-là devront s’asseoir en tribunes.

À Antunes et Cie de prendre leur chance. À Geiger de leur faire confiance, en veillant aux équilibres. «Je crois qu’Alexis a franchi un cap, assure l’entraîneur. Je suis content de voir ce qu’il a envie de devenir.» On mesurera peut-être son talent contre Aarau, ce samedi soir. Et après. Après? Antunes est pour l’instant sous contrat jusqu’en 2020 avec Servette. Des discussions pour une prolongation ont déjà commencé, Servette apprend de ses erreurs du passé. Le joueur va-t-il s’engager sur du plus long terme? «Ce n’est que le début des négociations, souffle-t-il. Il faut encore voir quelles conditions sont proposées.» Tout est toujours plus compliqué en Challenge League. (nxp)

Créé: 19.10.2018, 18h47

En direct du vestiaire

Le match Servette - Aarau, Stade de Genève, coup d’envoi à 19 h.

Les absents Servette est privé de Lang et Souare, blessés. Duah peaufine son rythme avec les M21. Kone n’a pas encore le feu vert de l’administration.

Le contexte Fort de sa victoire avant la pause internationale sur Wil, le leader, les Grenat sont à trois points de la tête du classement. Mais il y a six équipes regroupées dans ces trois points-là. Aarau est la lanterne rouge avec quatre unités au compteur seulement. Les Argoviens ont de plus la pire défense de la ligue, avec 20 buts encaissés sur les dix premiers matches. C’est là qu’il faut appuyer. Mais attention aux contres, avec un Tasar ou un certain Karanovic.

Quel système? Avec Geiger, le système de jeu de Servette varie souvent. Pas idéal pour se forger des automatismes. «Jusqu’à présent, j’ai souvent dû m’adapter, en raison des blessures, des suspensions, de la non-qualification de Kone, explique le technicien. Je ne peux pas encore arrêter un système précis. Mais cela viendra, j’ai dans l’idée d’aller vers un 4-4-2, en losange ou plus carré. Mais avec deux attaquants, pour avoir plus d’opportunités.» D.V.

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