Alain Geiger joue la carte de la prudence

FootballServette a repris l’entraînement. Son nouveau coach demande de la patience afin de consolider les bases.

Alain Geiger ne veut pas brûler les étapes. S’il entend bien se battre pour la promotion, il refuse l’étiquette de favori.

Alain Geiger ne veut pas brûler les étapes. S’il entend bien se battre pour la promotion, il refuse l’étiquette de favori. Image: ERIC LAFARGUE

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Ce mardi, au terme de la première séance d’entraînement, Alain Geiger a été officiellement présenté comme nouvel entraîneur du Servette FC. «Nous voulions un taulier et nous avons un taulier, explique le directeur général, Constantin Georges. Son discours est simple et efficace. Eu égard à ce qu’il représente à Genève, nous avons là un grand capitaine de troupes.»

Quel est l’objectif du club pour cette saison? La promotion, comme l’an passé? La réponse n’est pas aussi limpide: «Le paysage a changé, souligne Georges. Notamment la formule du championnat, qui laisse une chance au deuxième avec la réintroduction des barrages. Mais il y a aussi la relégation de Lausanne, un club très ambitieux et avec beaucoup de moyens.» Alain Geiger acquiesce. Puis prend la parole pour détailler sa tâche.

Alain Geiger, quel projet de jeu comptez-vous mettre en place à Servette?
Il sera d’abord présenté aux joueurs. Nous devons en discuter avec le staff technique, puis avec le groupe. Ils doivent ressentir quel football j’ai envie de mettre en place et dans quelle direction je veux aller.

Quelles sont alors vos sources d’inspiration?
La base, c’est le football technique, centré sur le jeu et le plaisir. Il faut ensuite faire preuve de souplesse dans les organisations, pour changer de système et maîtriser le milieu de terrain.

Quelle est votre méthode?
J’aime avoir une équipe organisée, avec de bonnes bases défensives et qui puisse se projeter vite vers l’avant. Les transitions offensives sont une phase à améliorer par rapport à la saison passée Avec des joueurs au bon profil. À une certaine période, il y avait des internationaux ici, il n’y en a plus aujourd’hui. On ne peut pas franchir une grande rivière sans construire un pont. On risque de se noyer sinon. Nous devons y aller étape par étape. C’est quelque chose que je vais souvent répéter à mes dirigeants: il faut de la patience.

Quel est votre avis sur l’effectif, compte tenu des nombreux départs et des trois arrivées?
Il n’est pas au complet. Nous voulons encore engager trois à quatre joueurs, dont un attaquant. Mais je préfère la qualité à la quantité. La saison passée, l’équipe a beaucoup changé. Avoir un effectif trop important n’est pas bon, car les joueurs ne se sentent pas assez concernés.

Que peut-on attendre des recrues déjà engagées, à savoir Steve Rouiller, Christopher Routis et Timothé Cognat?
Rouiller et Routis vont amener de l’expérience et une stabilité défensive. Ils ont été choisis pour jouer en défense centrale, même s’ils peuvent évoluer à d’autres postes. Je leur ai demandé s’ils étaient prêts à venir en Challenge League et à encadrer les jeunes. Ce sont des questions prioritaires pour moi. Quant à Cognat, c’est un milieu polyvalent avec une grosse capacité de course, habile avec le ballon et avec une bonne vision du jeu.

Cela fait près de dix ans que vous n’avez pas entraîné en Suisse. Cela peut-il être un problème?
Non, car j’ai toujours été un entraîneur. Le football a ceci d’extraordinaire qu’il se joue sur la planète entière avec comme point commun le jeu. On peut donc très bien se développer ailleurs.

Qu’avez-vous appris de vos expériences en Afrique et en Arabie saoudite?
On évolue beaucoup dans la gestion des rapports humains. Ce vécu nous apprend comment se comporter dans chaque situation.

Lors de vos derniers passages en Suisse, l’influence de votre frère (ndlr: un agent de joueurs) dans le recrutement était pointée du doigt. Qu’en est-il aujourd’hui?
C’est mon frère, mais où est le problème? Il est libre, il fait sa vie, je ne sais même pas ce qu’il fait actuellement. Ici, il y a une cellule de recrutement, je ne suis pas le seul à décider. Je ne suis pas venu à Servette avec lui. Si c’était le cas, je n’aurais pas eu le poste.

Que doit-on attendre de Servette cette saison?
Il faudra reposer la question au mois de décembre. La presse nous colle une étiquette de favori à la promotion. Mais nous ne nous projetons pas comme ça. Le club a été repris il y a trois ans. Tout le monde fait du bon travail et l’échec de l’année passée n’en est pas un. Nous consolidons simplement nos bases pour faire mieux, sans se mettre dans un rôle de favori. Lausanne l’est. Nous, nous sommes des challengers. Mais nous aurons notre mot à dire. (TDG)

Créé: 19.06.2018, 22h53

Quatre matches amicaux avant la reprise

Ils s’étaient retrouvés lundi pour des tests médicaux à l’Hôpital de La Tour. Mais c’est ce mardi que les Servettiens ont pour la première fois foulé le terrain ensemble. Au programme: renforcement musculaire, mise en route avec ballon, test VMA et petit jeu de conservation. Une reprise classique, mais avec un effectif remanié. On savait que Vitkieviez, Fabry, Hasanovic, De Ceglie, Berisha et Malonga n’avaient pas vu leur contrat reconduit. Quant à Nathan, il ne reviendra pas. Servette a donc engagé deux défenseurs centraux: Steve Rouiller (ex-Lugano) et Christopher Routis, une vieille connaissance qui a joué à Bradford (D3 anglaise) et Ross County (D1 écossaise) depuis son départ de Servette en 2014. Autre nouveau visage, celui de Timothé Cognat (20 ans), jeune Français prêté pour une saison par l’Olympique Lyonnais. Le staff technique reste stable. Alain Geiger est arrivé seul à Servette, où Bojan Dimic, qui avait assuré l’intérim comme No 1 un en fin de saison passée, sera son adjoint.
Les Grenat disputeront quatre matches amicaux, contre Sochaux (29 juin), Nyon (4 juillet), Nantes (7 juillet) et Stade-Lausanne-Ouchy (14 juillet). Ils entameront le championnat de Challenge League le 21 juillet à Aarau.
En raison de la réfection de la pelouse du Stade de Genève, Servette disputera ses quatre premiers matches à l’extérieur. «C’est un peu embêtant, juge Geiger. Mais on se préparera mentalement pour ça.» Retour à la Praille prévu pour le 24 août, contre Winterthour. V.S.

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