Marc Roger: «A Servette, j’ai été le bouc-émissaire»

FootballL’ex-président de la faillite du Servette FC en 2005 revient via un livre sur l’épisode qui l’a conduit en prison. Sa vérité…

Marc Roger, raconte sa vérité dans un livre, dix ans après la faillite du Servette FC.

Marc Roger, raconte sa vérité dans un livre, dix ans après la faillite du Servette FC. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Petit hôtel de la France toute proche, en bordure de Genève. Marc Roger arrive comme prévu au rendez-vous, avec quelques minutes de retard. «Le trafic», souffle-t-il. Avant d’embrayer immédiatement avec une question: «Qu’a fait Servette ce week-end?»

Marc Roger et Servette. L’histoire fut brève et tumultueuse, celle d’un agent de joueur qui a voulu devenir dirigeant mais qui a vu son édifice s’effondrer en un an, entre 2004 et 2005. Sa gestion calamiteuse lui vaudra même la prison, il y passera au total 23 mois. Aujourd’hui, il lui reste un livre, «Transferts» (éditions de l'Archipel), dans lequel il reparle de tout ça.

Il aurait voulu ne parler dans cet ouvrage que du Servette FC, pour donner… sa vérité. Mais pour intéresser un plus grand public, surtout en France, il y évoque aussi les dessous de plusieurs transferts de stars, de Henry à Anelka, en passant par Vieira ou Zidane. Retour sur Servette. Dix ans après la faillite, la prison, la colère est-elle toujours présente?

«En prison, j’ai découvert Dieu, lance-t-il. Je suis croyant et pratiquant depuis. Donc le sentiment d’injustice est moins fort qu’avant. Mais la colère est sous la peau, là, toujours présente. Parce que 23?mois de prison pour une faillite, c’est totalement disproportionné.» Peut-être, mais c’est aussi la conséquence de sa fuite hors de Suisse: après trois premiers mois de préventive et une libération sous caution, il allait faire défaut à l’instruction genevoise, pour être rattrapé par la justice en Espagne et rapatrié en Suisse. Sans pouvoir ensuite ressortir avant le procès.

Pour Marc Roger, tout le monde est coupable, en premier lieu Genève, qui l’a pris pour un «bouc-émissaire». Il y a aussi Lorenzo Sanz, l’ex-président du Real, qui ne le lâchera selon Roger. Ou le cas Fabrizio Zambrella, qui aurait dû rapporter 12 à 15 millions d’euros, selon Roger bien sûr. «Si, si, tout était en ordre, il devait signer à Liverpool, affirme-t-il. Mais il est parti faire un test non autorisé à Chelsea et tout s’est effondré.»

Avec Marc Roger, le passé est toujours revisité à sa sauce, il évoque même Joseph Ferrayé, inventeur potentiellement milliardaire pour avoir breveté une manière d’éteindre les puits de pétrole en feu, mais inventeur réellement désargenté qui n’avait pas le premier centime des 143 millions de francs qu’il disait vouloir donner au Servette FC. «C’est un scandale d’Etat, il a été spolié de son invention», affirme encore aujourd’hui Roger…

Fin de l’exercice de mémoire. Marc Roger est «vrai» à ce moment sûrement: «Il y a encore des hauts et des bas, j’essaie de me remettre en selle avec quelques transferts. En fait, j’ai perdu ma vie et mon argent. On a parlé de gestion déloyale. C’était de la gestion passionnelle.»


«Transferts», Marc Roger, éditions de l'Archipel (TDG)

Créé: 25.08.2015, 12h19

Articles en relation

Marc Roger: «Je soutiens Chagaev et Pishyar!»

SERVETTE Condamné pour avoir coulé Servette, le patron déchu analyse les déboires des dirigeants actuels du foot et livre ses conseils Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

France: une amende de 3,7 milliards d'euros pour UBS
Plus...