Didier Fischer: «Servette a fait son autocritique»

FootballRencontre avec le président des Grenat, qui jouent leur premier match à domicile de la saison ce vendredi contre Winterthour.

«Pour viser la promotion en Super League, il faut se concentrer sur des choses qui ont trait à l’instinct guerrier», déclare Didier Fischer.

«Pour viser la promotion en Super League, il faut se concentrer sur des choses qui ont trait à l’instinct guerrier», déclare Didier Fischer. Image: Georges Cabrera

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Servette a retrouvé son antre. Jeudi, l’équipe s’est entraînée pour la première fois sur sa pelouse avant de recevoir Winterthour. Un retour aux sources après un début de saison moyen (deux victoires, deux défaites, une qualification en Coupe). Pour faire le point après ces premiers matches, le président Didier Fischer nous a reçus dans ses nouveaux bureaux, qui réunissent le Servette FC, la section rugby et bientôt Genève-Servette.

Didier Fischer, quelle analyse faites-vous de ce début de saison?
Nous obtenons deux victoires contre des équipes certainement moins prêtes que la nôtre. Nos deux défaites sont ridicules, nous aurions dû gagner. La victoire en Coupe est à relever car elle donne de la confiance. Je vois un groupe homogène et sérieux. Cela fait plaisir par rapport à la fin de la saison passée.

Qu’est-ce qui a changé dans l’approche de la saison?
Nous avons fait notre autocritique. Cela s’exprime à travers les changements effectués dans l’encadrement de la première équipe, le recrutement et ce qui est en relation au choix des joueurs, à savoir leurs profils techniques et mentaux. Alain Geiger est un entraîneur pragmatique, simple, direct et crédible. Au niveau de l’effectif, il fallait une capacité à recruter intelligemment, d’où l’engagement de Gérard Bonneau. Concernant la vie du groupe, on avait senti un manque de leadership. Avec Rouiller, Routis et Schalk, nous avons de fortes personnalités.

Le projet global a-t-il évolué?
Se battre pour la promotion est le seul objectif que l’on peut avoir. Mais il faudrait être devin pour déclarer que c’est pour cette année. Beaucoup de choses nous laissent penser qu’on en a les moyens, à savoir la réintroduction des barrages et les changements opérés. Mais on laisse la pression sur le relégué de Super League.

Qu’est-ce qui vous a convaincu avec Alain Geiger?
Un élément essentiel à mes yeux est la capacité à mener un groupe, le leadership. Je pense qu’Alain en a beaucoup. Il a un caractère de battant et une capacité à simplifier le discours. Son expérience et sa rage sont ce qu’il nous fallait. Les compétences théoriques et stratégiques sont plus utiles lorsqu’il s’agit de s’installer dans une division et y survivre. Mais pour changer de niveau, il faut se concentrer sur des choses qui ont trait à l’instinct guerrier, ce qu’Alain porte en lui.

Le mercato est-il terminé?
Nous sommes à 99% complet. Nous avons couvert tous les postes, même si on parle éventuellement encore d’un gardien. Mais il n’y a pas d’urgence. Nous avons aujourd’hui un effectif qui nous permet de tenir une saison complète.

Servette a-t-il dépensé de l’argent pour acquérir certains joueurs?
Nous avons dû trouver une solution pour un joueur, à savoir Koro Koné. Je n’appelle pas ça une indemnité de transfert, mais une résolution de contrat à l’amiable. C’était tout à fait raisonnable et acceptable.

Quel est le budget pour la saison?
Il est comparable à ce qui était annoncé: environ 5,6 millions de francs pour la première équipe. Le budget est tenu et maîtrisé.

Avez-vous de nouveaux sponsors?
Il y a Berney Associés, il y a le centre commercial de Balexert, il y a aussi de nouveaux partenaires hospitalité. Nous avons accueilli quelques plus petites sociétés qui veulent de la visibilité et chez qui nous sentons un amour du club. Il y a également une série de partenariats très intéressants, pour certains déjà conclus et d’autres qui devraient l’être d’ici un ou deux mois. C’est un processus permanent, qui n’est pas lié au début ou à la fin de saison. Nous devons parler marketing avec nos partenaires. Par exemple, nous avons signé avec le centre commercial de La Praille pour des animations autour des matches.

Servette n’avait que 2200 spectateurs de moyenne la saison passée. Comment attirer à nouveau du monde au stade?
Aujourd’hui, le football fait partie de l’industrie du divertissement. On est toujours plus sur la volonté de vivre une expérience. Les fans absolus ne sont concentrés que sur la victoire. Mais le tout public pourrait être mieux accueilli, afin qu’il vive quelque chose qui est à la hauteur de ses attentes. L’année passée, ce n’était pas la priorité. Nous remettons cela en place maintenant.

Qu’en est-il du bail à signer avec la Fondation du Stade de Genève?
Le bail est signable. La dernière condition, qui était la libération des loges où nous avions nos bureaux, est remplie depuis le mois de juin. Mais je n’ai pas eu de nouvelles de leur part.

Vous partagez désormais vos bureaux avec le rugby et bientôt le hockey. Comment se passent les interactions entre ces différentes structures?
La Fondation 1890 est l’actionnaire unique du football, du hockey et est très proche du rugby. Nous avons créé Genève Sport SA, une société qui offre ses services aux directions de clubs pour des tâches de comptabilité, de gestion de matériel, d’achats, etc. Mais les directions des clubs sont toutes-puissantes, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune confusion entre elles.

Servette a laissé partir le jeune Jankewitz à Southampton. Est-ce inéluctable de perdre ces pépites?
Je vois le verre à moitié plein, car nous obtenons beaucoup d’argent à travers cela. Nous voulons amener des joueurs en première équipe. Et plus on sera performant avec elle, moins de questions se poseront pour certains jeunes. Mais il y a des agents pour qui seul l’argent compte, indépendamment de l’équilibre du jeune. Je ne veux pas moraliser le monde, il faut vivre avec ça. Et si un joueur de l’Académie veut partir, on va d’abord le mettre en garde, puis faire de l’optimisation financière pour le club. En revanche, si on nous la fait à l’envers, on se défendra et on sera intraitable. (TDG)

Créé: 23.08.2018, 22h58

En direct du vestiaire

Le match
Servette-Winterthour, coup d’envoi ce vendredi soir à 20 heures au Stade de Genève.
L’effectif
Koné a reçu sa qualification. Antunes, Cespedes, Imeri, Sarr, Schalk et Willie sont blessés. Wüthrich est de retour.
Le mot de Geiger
«Pour notre premier match à domicile, il va falloir imposer notre jeu. Winterthour a des faiblesses défensives, il faudra oser attaquer, les prendre à la gorge. À Meilen, j’aurais aimé que Stevanovic ou Lang marquent. Je l’ai dit au second cette semaine: il doit trouver ce déclic.»

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