Servette quitte le Tessin tête basse, Chiasso l’a ramené à la réalité

FootballLes Grenat menaient au score, mais ils se retrouvent logiquement battus. Pour viser la promotion, il va falloir se reprendre.

Servette, à l’image de Stevanovic, a souffert une pelouse difficile et face à un adversaire volontaire.

Servette, à l’image de Stevanovic, a souffert une pelouse difficile et face à un adversaire volontaire. Image: ÉRIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Servette fait illusion. Dans le jeu, dans les intentions, dans les idées, les Grenat sont en peine en 2019 et si la victoire contre un Vaduz à dix puis à neuf avait vaguement occulté les difficultés la semaine passée, la réalité a rattrapé toute l’équipe dimanche après-midi sur le bourbier de Chiasso. Oh, les Genevois auront beau pester contre le terrain, le crachin, les absences de certains titulaires: des excuses irrecevables en fait. Servette avait une occasion en or de prendre le large au classement après le nul de Lausanne et la défaite de Winterthour. Mais il a quitté le Tessin la tête basse, après s’être pris les deux pieds dans le tapis comme un grand. Fût-il boueux, ce n’est guère glorieux.

Il n’y a sans doute pas de malaise, mais comme un sentiment d’impuissance qui laisse les Servettiens sans âme depuis la reprise. Deux matches seulement, c’est peu pour tirer des conclusions définitives et, après la première phase de la saison en 2018, on s’en gardera bien: Servette avait commencé en cherchant ses repères pour ensuite enfiler les victoires comme des perles. Il n’empêche: deux matches de suite où les mêmes erreurs sont commises, une fois sans conséquence et la deuxième fois avec la punition que l’on sait, c’est la preuve qu’il y a un problème.

Une part de fébrilité

D’autant plus pour une équipe qui devait être en pleine confiance après sa fin d’année 2018. Il faut croire que la dynamique des succès est fragile, que ces certitudes qui portaient tout un groupe et effaçaient l’idée du doute sont compliquées à retrouver. Même quand les Grenat ont le bonheur d’ouvrir le score dès la 9e minute, sur un cadeau défensif que Schalk avait bien senti en se faufilant entre Martignoni et le portier tessinois pour trouver les filets. Le plus dur était fait. Faux: le plus dur commençait seulement.

C’est en déjouant, en oubliant un jeu qu’il ne maîtrise plus que par intermittence, que Servette aura permis à Chiasso de refaire surface, là où le contrôle et l’intelligence auraient pu enfoncer les Chiassesi. Et puis il y a même eu une part de fébrilité, dans le replacement défensif. Le 4-4-2 en losange, c’est ambitieux. Sur cette «pelouse», c’était dangereux. À multiplier le déchet dans les passes, les Servettiens se sont mis à balancer de longs ballons: du pain bénit pour Chiasso, un aveu de faiblesse pour Servette. Alors Milosavljevic est passé par là: seul en retrait aux seize mètres, il héritait d’une balle transmise par Pollero depuis la surface pour placer le cuir sous la latte. Puis ce fut Mfuyi qui allait perdre pied, ratant un contrôle simple, ratant une passe simple, réussissant surtout à laisser le ballon à Guidotti pour une punition immédiate. Servette avait mené 1-0 par accident. Il était mené 2-1 à la pause pour son attentisme fébrile. Et cette sorte de 3-5-2 d’après la pause, Iapichino remplaçant Mfuyi, n’aura finalement pas suffi.

«Je ne suis pas inquiet»

«Je ne suis pas inquiet, cela arrive, nuançait Alain Geiger. Mais il faudra en tirer les enseignements et se remettre au travail. Je dis toujours que je mesure la qualité d’un groupe à sa capacité à réagir en gagnant après une défaite: c’est ce qu’il faut faire maintenant. Cela dit, c’est vrai que nous devons encore retrouver le rythme. Nous ne sommes pas les seuls dans cette situation.»

C’est vrai, il y en a sans doute d’autres qui sont à la peine. Mais pour un candidat à la promotion, leader qui avait l’occasion de faire le break, la culbute de Chiasso est amère. Elle ne remet rien en question, mais elle doit cette semaine interroger en premier lieu les joueurs. Servette a sûrement payé cher la blessure au mollet de Routis en défense centrale et les suspensions de Sauthier (Stevanovic était transparent ou presque à Chiasso) et celle de Cognat (le flanc gauche du milieu a pris l’eau). Mais là aussi, l’excuse ne tient pas, surtout quand Chiasso offre le premier but pour commencer la partie.

Servette n’avait plus perdu en championnat depuis le 31 août contre Lausanne. Si l’écueil de Chiasso est suivi par la même série d’invincibilité et surtout de victoires qui ont fini par s’enchaîner, alors elle ne sera qu’un accident de parcours sur un bourbier compliqué. Pour se remettre sur le droit chemin, sur le plan de l’efficacité, du jeu, de l’attitude aussi, il s’agira de battre Wil samedi prochain au Stade de Genève, puisque Servette n’a virtuellement plus que six points d’avance sur Lausanne maintenant (les Vaudois ont un match en retard). Il faudra y mettre la manière aussi. Mais peut-être sans Koro Kone. L’attaquant ivoirien a demandé à sortir à la 56e minute, en se tenant la cuisse. Vilain déplacement au Tessin, décidément.

(TDG)

Créé: 10.02.2019, 23h02

Chiasso - Servette 2-1 (2-1)

Riva IV, 480 spectateurs.
Arbitre: M. Erlachner.
Buts: 9e Schalk 0-1; 32e Milosavljevic 1-1; 40e Guidotti 2-1.
Chiasso: Mossi Ngawi; Padula, Perico, Martignoni, Alessandrini, Bahloul (75e Ajeti); Milosavljevic, Charlier (56e Giorno), Guidotti; Milinceanu (74e Manicone), Pollero (66e Josipovic).
Servette: Frick; Sarr, Mfuyi (46e Iapichino), Rouiller, Séverin; Cespedes (77e Duah); Stevanovic, Wüthrich (66e Alphonse), Imeri; Schalk, Kone (56e Chagas).
Avertissements: 5e Charlier (jeu dur), 20e Perico (réclamations), 50e Milinceanu (jeu dur), 58e Giorno (antijeu).

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Trump décrète l'urgence nationale pour construire son mur
Plus...