Servette fait le bonheur d’un public sous le charme

FootballNéopromus séduisants, les Grenat ont imposé leur marque de fabrique pour dominer Lucerne.

Miroslav Stevanovic, ici face au Lucernois Silvan Sidler, a inscrit le seul but du match, d’une frappe légèrement déviée suite à un corner de Wüthrich.

Miroslav Stevanovic, ici face au Lucernois Silvan Sidler, a inscrit le seul but du match, d’une frappe légèrement déviée suite à un corner de Wüthrich. Image: KEYSTONE

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Contre un Lucerne insignifiant, Servette est entré de plain-pied dans la normalité de son nouvel univers. Il en est ressorti ragaillardi, conforté dans ses certitudes à la faveur d’un premier succès en Super League qui valide les options d’Alain Geiger, à savoir celles du jeu, sachant que le néopromu ne sera jamais aussi fort et inspiré qu’en cherchant à imposer ce qu’il maîtrise comme peut-être personne en Suisse, cette musique qui donne vie au ballon et provoque, au bout du compte et des occasions manquées (il y en a eu), les émotions d’un public ravi. À peine 6000 spectateurs pour fêter ce Servette qui emballe, c’est certes trop peu, en tout cas pas assez, mais la chaleur d’un dimanche après-midi d’août et les vacances expliquent une affluence qui devrait gonfler dès la rentrée.

En attendant, Servette peut savourer son bonheur et celui de ses fans, lui qui pointe au troisième rang de la hiérarchie, auréolé du titre anecdotique de meilleur club romand. S’il a été long à se dessiner et aurait pu être remis en question sans un Frick attentif, ce succès est loin d’être anecdotique. D’abord parce que c’est le premier, à ce niveau-là, depuis plus de six ans. Mais surtout parce qu’il a été acquis au terme d’un match normal, face à un adversaire normal, ce qui constitue aussi le nouvel environnement genevois.

Car dans l’euphorie de la montée sur laquelle surfent encore ses joueurs mais qui s’arrêtera un jour, Servette va devoir apprendre à composer avec l’enchaînement des journées. Parce qu’un calendrier de Super League, a fortiori quand on est néopromu, c’est un cheminement qui invite moins à musarder qu’à gérer ses efforts, comme savent si bien le faire les forçats du bitume. Avec une alternance de temps forts et d’étapes plus roulantes et moins effrayantes, ce qui, au demeurant, ne les rend pas plus faciles à aborder.

Pour son grand retour dans l’élite, les deux premières sorties du SFC avaient été accompagnées de circonstances exceptionnelles, qui invitent au surpassement de soi. Cela avait été le cas à Berne, en ouverture, quand le champion de Challenge League avait défié celui de Super League en affichant haut ses ambitions de jeu jusqu’à regarder Young Boys droit dans les yeux. Six jours plus tard, avec la réception de Sion, Geiger n’avait pas eu besoin de prodiguer des trésors d’imagination pour motiver sa troupe compte tenu de la rivalité historique opposant les deux meilleurs ennemis du monde.

Gérer les équilibres

Or voilà qu’après deux étapes de montagne, les maillots grenat affrontaient avec Lucerne un adversaire moins costaud, plus à leur portée, pour un match de transition. Que Servette ait réussi à l’emporter en demeurant fidèle à son fonds de commerce récompense la haute valeur ajoutée du néopromu. Que cela soit au niveau des chances de buts, de la qualité du jeu ou de l’état d’esprit, le résident des lieux a tout fait plus juste et mieux qu’un Lucerne ayant égaré pas mal d’illusions dans l’Atlantique Nord à l’occasion de son lointain périple européen aux Féroé.

Il n’empêche que Servette s’est montré à la hauteur du rendez-vous, pourtant plus difficile à aborder que les deux précédents pour les raisons précitées. C’est tout à son honneur et celui de son coach. «On l’a emporté avec la manière, se félicitait Geiger. Le plus difficile pour nous a été de marquer un but.» Référence aux multiples ratés, dont celui, inexcusable dans son rôle de finisseur, de Kone, qui aurait pu coûter cher (72e).

Comme contre Sion, Servette a connu sa meilleure période avec l’entrée de Chagas et un système à deux pointes, introduit avant d’être abandonné afin de gérer le score. Où l’on reparle de la gestion des équilibres entre volonté de se montrer conquérant (Servette l’a été) et nécessité d’assurer ses arrières (ce qu’il a fait). Si l’on voulait chipoter et il le faut, c’est là, au niveau de la finition, que le néo-promu doit devenir beaucoup plus «tueur». Ce qui passe par l’arrivée d’un buteur, plus que jamais d’actualité. Samedi à Bâle, une nouvelle étape de grosse montagne attend les invaincus de la Praille.


Apprentissage en accéléré

Pas de «Cé qu’è lainô» interprété par un ténor dimanche à la Praille, comme c’était la coutume chantée. Les censeurs de la Ligue et un règlement tatillon ont enterré une tradition qui représentait l’une des spécificités locales. Cela n’a pas empêché l’hymne genevois d’être chanté en chœur par le kop grenat avant le coup d’envoi. C’est ensuite ce même kop qui devait pousser ses joueurs, les portant quand les forces ont commencé à diminuer et que Lucerne se montrait menaçant. Cet élan descendu des tribunes, Boris Cespedes y a été sensible. «Le public nous a vraiment aidés, explique-t-il. Il nous a donné l’énergie qui nous manquait.» Pour sa première titularisation en Super League (il remplaçait le blessé Ondoua), le No 5 n’a pas été loin d’être monstrueux. «Commencer un match en Super League était l’un de mes objectifs. J’espère ne pas m’arrêter là.» À défaut du «Cé qu’è lainô» officiel, Servette a récité ses classiques, un jeu chatoyant fait pour plaire. Prouvant si besoin son étonnante faculté d’adaptation. «Dans notre idée de jeu, lâche Cespedes, il n’y avait pas grand-chose à changer.» Pour que cet apprentissage en accéléré soit terminé, il ne reste qu’à peaufiner ces détails qui n’en sont pas. N.JR

Créé: 05.08.2019, 07h29

Servette - Lucerne 1-0 (0-0)

Stade de Genève, 6059 spectateurs.
Arbitre: M. Schärer.
But: 62e Stevanovic 1-0.
Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Severin; Cognat (84e Routis), Cespedes; Stevanovic, Wüthrich, Tasar (57e Chagas); Kone (74e Imeri).
Lucerne: Müller; Kakabadze, Lucas (78e Demhasaj), Circkovic, Sidler; Arnold, Ndenge; Schürpf (69e Schwegler), Schulz (53e Tia Chef), Eleke; Margiotta.
Notes: Servette sans Busset, Iapichino, Maccoppi, Ondoua, Lang. Lucerne sans Burch.
Avertissements: 45e Kakabadze, 50e Arnold, 61e Tia Chef, 82e Cespedes, 92e Chagas, 95e Routis.

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