Romuald Hausser: la tête et les voiles

Les Genevois aux JOC’est en 470 que l’étudiant en physique va plonger dans le bain olympique pour la première?fois.

Image: Pierre Abensur

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C’est sans doute sur cette terrasse de l’Ilôt 13 que le «délire» a pris corps. Gamin des Grottes, Romuald Hausser y a passé des soirées et des soirées. Avec son pote Fulvio Balmer, c’est là qu’ils refaisaient les courses et le monde. «On s’est connu à l’école primaire, se souvient Fulvio. Mais ce n’est que quelques années plus tard que l’on est devenu de vrais amis.»

Comme tous les enfants, Fulvio et Romuald sont «sommés» par l’autorité parentale de trouver une activité extrascolaire à leur convenance. Ce sera la voile. Au Club nautique de Versoix. Certains se souviennent parfois avec nostalgie de leurs années Collège. Pour eux, ce sera les années voile.

Sacré «Marcel»!

Le temps du premier 420, acheté avec les sous du premier job d’été. «Entre nous, on l’avait baptisé Marcel, rigole Fulvio. Sacré Marcel!»

Alors qu’il s’apprête à hisser les voiles pour aborder sa première expérience olympique, Romuald Hausser jette volontiers un coup d’œil dans le passé en direction de Port-Choiseul. «Quand j’y repense, je me dis que bien de l’eau a coulé sous les ponts. A cette époque, on naviguait pour le plaisir pur, c’est sûr. Mais aussi pour le plaisir de progresser ensemble. J’ai un esprit de compétiteur, mais jamais je n’imaginais un jour aller aux Jeux olympiques.»

Fulvio non plus. A 19?ans, les compères se séparent. «En Suisse, il faut vraiment une motivation incroyable pour se lancer dans une aventure olympique, explique-t-il. Je n’avais pas ce feu sacré. Romuald, oui. C’est un perfectionniste. Un gars qui, quand il commence un truc, veut aller au bout. J’ai arrêté sans regrets et avec le sentiment d’avoir eu la chance de vivre des moments inoubliables avec un ami. «Romu» est vraiment une belle personne. Il est comme une formule de physique: elle peut paraître compliquée, mais c’est la bonne une fois qu’on l’a comprise.»

Le hasard faisant bien les choses, à cette époque, un Zurichois fait de l’œil à Romuald. «Lors d’une compétition, Yannick Brauchli est venu me voir pour me demander si j’étais tenté de me lancer en duo avec lui. On a tout de suite été sur la même longueur d’onde. Et sur l’eau, notre progression a été très rapide et spectaculaire. C’est quelqu’un de très inventif dans tout ce qu’il fait. Sur l’eau, il est très nerveux et actif. Moi, je suis plus calme et observateur. On se complète bien, je crois.»

Au plus haut niveau

De championnats d’Europe en championnats du monde, le binôme fait l’apprentissage du très haut niveau. «La voile olympique, c’est ce qui se fait de mieux en termes de performance et de concurrence, lâche Romuald. C’est à cela que j’ai envie de me frotter. Le reste, les voyages au long cours, les grandes courses océaniques, ce n’est pas trop mon truc.»

Etudiant en physique à l’Université de Genève, Romuald Hausser trouve dans la filière olympique un terrain à sa convenance. Il y est question de minutie, de formule presque magique pour battre les autres. «Nous naviguons sur des bateaux de 4,70?m monotype, précise-t-il. Dès lors, ce sont d’infimes détails qui font la différence. Le choix du mât et son réglage sont un paramètre des plus importants. A ce niveau, nous sommes nettement moins bien lotis que les marins des grosses nations. Quand nous débarquons dans une compétition, nous arrivons avec deux mâts quand les Français ou les Anglais en ont une dizaine.»

Résultat des courses, il faudrait un miracle pour que le duo grimpe sur le podium. «Londres s’inscrit dans un projet à long terme, précise Romuald Hausser. C’est dans quatre ans, à Rio, que nous espérons vraiment décrocher une médaille.» Pas question pour autant de prendre ce premier rendez-vous olympique à la légère. Même si la grand-messe du sport laisse assez froid cet esprit cartésien. «A part pour l’aspect sportif, les Jeux ne m’ont jamais spécialement attiré, lâche-t-il avec la franchise qui le caractérise. Mais je me réjouis tout de même de défiler avec la délégation suisse lors de la cérémonie d’ouverture. J’espère être conquis par l’événement.»

Créé: 23.07.2012, 18h13

La fiche de Romuald Hausser

Né le 16 avril 1988 à Genève. Il étudie la physique à l’Université de Genève.

Parcours
Il commence la voile à 13 ans au Club nautique de Versoix. «J’ai eu la chance de côtoyer un entraîneur, Benoit Deutsch, qui m’a transmis sa passion et son goût du travail bien fait. J’ai beaucoup appris là-bas.» Il passera ensuite par l’inévitable case du Centre d’entraînement à la régate et participera au Tour de France à la voile. «J’y ai tissé de solides amitiés.» A 19 ans, il rencontre Yannick Brauchli et se lance dans la filière olympique.

Son bateau
Le 470, un dériveur monotype de 4,70 m qui se pratique en double.

Palmarès
Champion suisse de 470 2009 et 2010. Deux participations au Tour de France à la voile.

A suivre aux Jeux
Il entrera en lice le 2 août sur le plan d’eau de Weymouth, à trois heures de route au sud de Londres. Il disputera 10 manches (deux par jour) plus éventuellement la medal race qui réunira les dix meilleurs des 27 bateaux engagés.

Objectif
Une place dans les 15 premiers.

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