Le RER transporte de joie ses passagers, Solomon Kidane en tête

Course à piedLe requérant domine l’épreuve, en automne comme au printemps.

Le Run Evasion Rhône, périple pédestre de 23km, a ravi les participants.

Le Run Evasion Rhône, périple pédestre de 23km, a ravi les participants. Image: DR

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C’était dimanche matin, jour de désalpe! De Dardagny, plusieurs centaines de concurrents sont descendus en ville en suivant les méandres du Rhône. Au printemps, la plupart d’entre eux avaient fait le chemin inverse, comme une transhumance. À chaque fois, un ancien paysan érythréen a mené la troupe, loin devant. Pour Solomon Kidane, le RER est devenu l’un de ses moyens de locomotion préférés.

Gare à la confusion: ici, on parle du Run Evasion Rhône, un périple pédestre de 23 km dessiné au plus près de la nature, qui depuis l’an dernier double le bonheur de ses fidèles passagers, coureurs ou marcheurs. Un gros marathon en deux étapes, loin du bitume et du barnum d’une chasse au record avec sa horde de lièvres.

Un arbre lui barre la route

C’est sur sa terre d’asile, encore fragile, que le requérant a découvert la course à pied, en 2016. Depuis, soutenu par l’Association Flag 21 et porté par des jambes aussi fluettes que son talent est immense, il cueille les succès à la pelle. Il en parle avec humilité. Se navre lorsqu’un refroidissement lui coupe le souffle, comme dernièrement à Morat-Fribourg (17e en 56’ 57’’). Se marre lorsqu’un arbre tombé lui barre la route. «On ne savait plus où aller», raconte-t-il. À ses côtés, Miguel Zabala, un Bolivien établi à Genève depuis l’adolescence, sourit aussi. Les deux éclaireurs ont fini par retrouver leur chemin, mais depuis là, il a perdu de vue son irrésistible compagnon, vainqueur en 1 h 26’ 49”. Arrivé quatre minutes plus tard, le dauphin – un ancien footballeur converti à la course il y a trois ans – s’émerveillait en évoquant la foulée si limpide de Solomon. «Il court dans un autre monde!» Étonnante similitude, c’est aussi récemment que Nadouk Pillet, une juriste de 37 ans, devenue fan de trail, a remis les baskets après vingt ans de pause. Mais son succès (en 1 h 52’ 28’’) prouve que la Genevoise rattrape vite le temps perdu, malgré une bronchite.

Nonobstant la rigueur de l’effort, l’épreuve plaît et déjoue les serments. «La vivre en vrai, c’est une superbe révélation», affirme Étienne Kolly, l’ancien organisateur. «Au printemps, j’avais dit plus jamais ça», s’exclame Swann Oberson, classée 4e juste sous les deux heures. Comme beaucoup d’autres, l’ancienne nageuse en eau libre se tourne désormais vers l’Escalade. «C’est bien plus court mais c’est tout autant casse-pattes…»

Créé: 15.10.2019, 20h46

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