Passer au contenu principal

Quand Peter coupe le Fill

Le skieur italien va disputer sa toute dernière descente samedi à Garmisch. Retour sur le parcours d'un sportif à la volonté de fer.

Peter Fill, un incroyable combattant.
Peter Fill, un incroyable combattant.
Leystone

Un Italien qui parle mieux l’allemand que sa langue nationale: une anomalie que seul le ski alpin peut engendrer. Peter Fill (37 ans) illustre ce paradoxe à merveille, et si ce n’était son bouc un poil désuet mais toujours parfaitement dessiné, on jurerait côtoyer un Autrichien. Le garçon de Bressanone – ou Brixen am Eisack, pour les amis de la poésie – dispute samedi à Garmisch la dernière descente de sa carrière. Et des comme lui, on n’en fait plus.

Peter Fill, c’est d’abord un sourire. Irradiant de sincérité, à faire ravaler ses flocons au plus rude des hivers. Peter Fill, c’est aussi une sacrée paire de cuisses. Deux colonnes de marbre dont on n’avait plus vu pareil spécimen depuis Roland Collombin. Mais Peter Fill, c’est surtout l’histoire d’une incroyable force de résilience. À l’été 2009, quelques mois après sa première victoire en Coupe du monde, le Transalpin s’entraîne à Ushuaïa, «là où il neige à l’envers». Le prodige essuie alors un terrible coup dur: rupture des tendons adducteurs, soit la liaison cruciale entre le haut et le bas du corps. «C’était comme si on coupait les câbles d’un ascenseur», imagera-t-il. À côté de ça, la rupture des «croisés» passe pour une broutille.

Fill se fait soigner par les meilleurs spécialistes et revient au plus haut niveau, après deux années de pause. Or, rien n’est plus comme avant. Son corps a largement perdu en élasticité et ses temps de récupération sont doublés. L’homme a tout gardé de son goût pour le combat, mais celui-ci est devenu terriblement plus pénible. Plus personne ne mise sur lui, pas de quoi lui faire perdre son sourire emblématique. Et il se bat. Jusqu’en l’an de grâce 2016, où son pensum est enfin récompensé. Peter Fill triomphe à Kitzbühel, devant Beat Feuz, déjà deuxième. Dans la foulée, il fait parler sa régularité pour empocher le globe de cristal de la discipline reine, le premier jamais attribué à un skieur italien.

Avec ses talents d’équilibriste, Peter Fill était promis à un autre destin: les lauriers devaient pleuvoir. Son compteur demeurera bloqué à trois victoires en Coupe du monde. Reste que dans son ombre exemplaire d’abnégation, des skieurs de la trempe de Dominik Paris auront pu grandir sereinement.

Il avait prévu de faire ses adieux à la fin de la saison, lors des épreuves de Cortina, devant son public. «Dans la tête, j’ai encore faim, le corps lui dit «non», soufflait-il après les épreuves de Kitzbühel le week-end passé, où sa sortie de piste le convaincra de renoncer. Ce sera Garmisch, donc, épilogue d’une carrière loin d’être cousue de Fill blanc.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.