Nicolas Rohrbasser partage sa vie entre les courses et le coaching de pilotes

KartingLe Genevois prouve que le karting n’est pas seulement une étape vers le sport automobile. On peut s’y installer dans la durée. Rencontre.

Nicolas Rohrbasser, bientôt 30 ans, qui brille toujours sur les pistes, fait profiter les jeunes pilotes de son expérience.

Nicolas Rohrbasser, bientôt 30 ans, qui brille toujours sur les pistes, fait profiter les jeunes pilotes de son expérience. Image: Florien Cella

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Pilotes de F1 d’hier, d’aujourd’hui et peut-être de demain, ils sont tous passés par la case karting, ce «jouet» imaginé par les Américains dans les années 50, qui s’est développé pour devenir un engin redoutable, tout en restant un moyen agréable de découvrir le pilotage. Pour le pur fun – voir le succès des pistes indoor où l’on peut louer des kartings – ou parce que, le casque sur ses oreilles, on se prend à rêver de devenir un jour Hamilton ou Vettel. Ou, avant eux, Schumacher ou Senna.

Pour beaucoup, le karting n’est qu’une simple étape que l’on négocie alors qu’on est encore un gosse et qui doit, si tout se passe bien, vous ouvrir le cockpit d’une première monoplace. Alors, quand vous rencontrez un gars plus proche de ses 30 ans que des 15, mais qui brille de mille feux sur les pistes, il y a de quoi être surpris. Pas vrai, Nicolas Rohrbasser? «J’ai découvert le karting, juste pour le plaisir, alors que j’avais 18 ans», rigole le Genevois, détenteur d’une maturité en marketing digital et qui partage désormais sa vie entre cette profession et le coaching de pilotes: «J’organise des cours en France, mais aussi à Vuiteboeuf et à Dubaï. Beaucoup de jeunes gens découvrent le karting avec des engins de location, mais il n’y a pas, ensuite, de véritable formation. On a des entraîneurs de tennis de table, pas de kart, alors que non seulement quantité de pilotes en herbe veulent progresser, mais aussi parce que le karting peut rapidement devenir très coûteux si on n’a pas la bonne base.»

Une sacrée évolution

Parce que le karting n’est pas qu’un simple tremplin, c’est aussi une discipline en elle-même, avec ses spécialistes: «Auparavant, il fallait commencer très jeune et, à 12 ans déjà, partir vers la monoplace; désormais, il y a de très bons pilotes qui y font carrière. Si des gars comme Verstappen, Ocon, Leclerc, Buemi et Louis Delétraz étaient extrêmement brillants en karting, d’autres, qui évoluent en F1, l’étaient moins. Aujourd’hui, le karting en soi est un sport d’élite, avec ses analystes de données, avec un développement technologique permanent, notamment au niveau des pneumatiques. Finis les travers généreux, place à la finesse. Prenons l’exemple du freinage: avec une monoplace, il ne faut pas se gêner de «taper dedans»; en karting, il faut caresser. Dans ma catégorie, si vous perdez 2 dixièmes aux qualifications, vous êtes quarantième!»

Pas de regrets

Nicolas Rohrbasser en a vu passer de ces jeunes loups aux dents longues qui se sont ensuite brûlé les ailes en monoplace. Plus, encore, qui y ont grillé les économies familiales: «Je n’ai aucun regret d’être resté en karting. De toute façon, j’y suis arrivé trop tard. Je ne suis pas devenu un pro du pilotage, j’aimerais l’être à 100% dans mes activités d’accompagnement. Des parents me confient leurs enfants, mais j’ai aussi des clients qui ont passé la trentaine et qui veulent continuer d’apprendre», ajoute le Genevois. «Le coaching, c’est un vrai métier. Il ne faut pas avoir peur de dire la vérité, même à des parents fortunés qui s’approchent de vous et vous disent: «Notre fils a 6 ans, il doit devenir pilote de Formule 1!» À eux, je réponds qu’avant d’investir, on va commencer par quelques leçons avec des kartings de location. Pour voir…»

Il est vrai que c’est dans l’humilité qu’on reconnaît les futurs grands.

Créé: 26.11.2018, 20h28

Guide du karting moderne

La FIA (Fédération internationale de l’automobile) gère la CIK (Commission internationale de karting).

Elle est la seule habilitée à délivrer des titres officiels de champion d’Europe et de champion du monde.

Les catégories officielles sont: junior (12-14 ans, 125 cm3 sans boîte de vitesses); OK (à partir de 14 ans, 125 cm3 sans boîte de vitesses; les meilleurs – ou plus riches – pilotes de cette catégorie passent ensuite à l’automobile); KZ (à partir de 15 ans, 125 cm3 à boîte de vitesses 6 rapports); KZ2 (catégorie d’accession à la classe KZ, même réglementation).

Parallèlement, des challenges de marques ont été créés, pour permettre de courir à un bon niveau, pour des coûts plus réduits qu’en CIK-FIA.

Nicolas Rohrbasser a ainsi terminé 2e de la finale internationale IAME en X30 Super Shifter (175 cm3, 6 vitesses, 50 CV), au Mans, signant le meilleur chrono absolu du meeting.

J-C.S.

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