Michelle Gisin brille en descente sans multiplier les entraînements

Ski alpinTroisième à Lake Louise, la slalomeuse n’a eu que trois jours de préparation dans cette discipline.

La petite soeur de Dominique et Marc Gisin réalise le meilleur début de sa carrière.

La petite soeur de Dominique et Marc Gisin réalise le meilleur début de sa carrière. Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

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Durant l’été, Michelle Gisin n’a cumulé que trois jours d’entraînement en descente. Cette préparation minimale donne plus de relief encore à sa troisième place obtenue dimanche dernier, à Lake Louise. «Dans ma tête, ces courses faisaient surtout figure de préparation, confiait Michelle Gisin à l’hôtel de l’équipe de Suisse à Saint-Moritz. Je n’aurais jamais pensé entrer dans le top 10. Ces résultats sont d’autant plus incroyables.» Cette spécialiste du slalom a accroché le podium pour le sixième départ de sa carrière dans cette discipline. Sur le week-end, l’Obwaldienne (également 8e lors de la première descente et 14e en super-G) a étonné bien des observateurs au Canada.

«J’aime la liberté que la vitesse m’offre. Le slalom a un côté militaire. C’est «gauche, droite, gauche droite». En descente, le feeling est primordial. C’est quelque chose que j’ai dans les gênes.» Cet héritage génétique dont Michelle fait mention apparaît comme une évidence. Dans la famille Gisin, aussi bien Dominique que Marc sont des spécialistes de descente. L’aînée, championne olympique aux JO de Sotchi 2014, affiche deux victoires et cinq podiums dans la discipline reine. Le frère s’est lui classé 5e sur la mythique Streif de Kitzbühel. «Ils m’ont toujours beaucoup conseillée, explique la benjamine. Leur expérience est précieuse. C’est toujours cool de discuter de ça en famille.»

«J’aime la liberté que la vitesse m’offre. Le slalom a un côté militaire. C’est «gauche, droite, gauche droite»

À Lake Louise, Michelle Gisin a effectué les reconnaissances aux côtés de sa grande sœur. «Elle m’a expliqué les endroits clés de la piste, raconte la benjamine. J’ai décidé de certaines trajectoires avec elle.» Dominique Gisin est également présente à Saint-Moritz. La néoretraitée a fait ses débuts vendredi en tant que consultante pour la chaîne alémanique SRF. «La seule chose que je peux lui amener, c’est ce supplément de vécu qui lui fait encore défaut en descente. Ensuite, je la laisse skier, et elle le fait très bien. C’était magnifique de voir sa descente.»

Malgré son entraînement limité dans cette discipline, Michelle Gisin a mis ces derniers temps l’accent sur la puissance en salle de force. «En vitesse, tu travailles souvent avec les deux jambes en même temps. La résistance est alors très importante. En slalom, il y a cet effet de basculement qui demande un autre travail foncier.»

Les JO en ligne de mire

C’est justement dans sa discipline de prédilection que la coureuse peine à montrer son meilleur niveau (15e à Levi mi-novembre puis 10e à Killington). Encore en délicatesse avec son genou en Finlande, la Suissesse se dit sur la bonne voie. Ces deux résultats en demi-teinte lui permettent d’ores et déjà de valider son billet en slalom pour les JO. «Avec la descente, je suis déjà sélectionnable dans deux disciplines, souligne-t-elle. Cela m’enlève un peu de pression. Je ne pourrais pas être plus satisfaite par ce début de saison.»

Médaillée d’argent en super-combiné aux Mondiaux de Saint-Moritz, derrière Wendy Holdener, en février, Michelle Gisin peut légitimement prétendre à une qualification olympique aux Jeux de Pyeongchang, dans deux mois. «C’est évidemment l’objectif principal, pour tout le monde. Il ne faut pas brûler les étapes pour autant. Les JO sont encore loin. Même si je fonctionne bien dans plusieurs disciplines ces temps, je ne peux pas m’aligner à toutes les courses. Je n’irai sûrement pas à Kronplatz (ndlr: en Italie fin janvier), par exemple, parce qu’il n’y a qu’un géant à disputer. Il s’agira aussi d’être stratégique pour économiser de l’énergie.»

Bien dans sa tête et sur ses skis, Michelle Gisin s’annonce comme la belle satisfaction de cette saison olympique dans le camp suisse.

Créé: 08.12.2017, 20h02

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La météo bouscule le programme à Saint-Moritz

Le brouillard est venu jouer des tours aux organisateurs. Les coureuses ont appris que les deux disciplines du super-combiné avaient été inversées jeudi matin, trois heures seulement avant le départ prévu. La première manche a dès lors pris les contours d’un slalom, malgré une visibilité très limitée. Derrière l’intouchable Mikaela Shiffrin, Wendy Holdener (2e à +0’ 39”) et Michelle Gisin (3e à +1’ 21”) ont fait mieux que limiter la casse. De son côté, Lara Gut (25e à +2’ 86”) est parvenue à dompter ses émotions pour son retour sur la piste où elle s’était gravement blessée dix mois plus tôt. Le super-G de la deuxième manche, prévu à 13 h, a été repoussé d’une heure avant d’être logiquement annulé à cause du brouillard. Dans un premier temps, la FIS a annoncé que le super-G de samedi (10 h 45 sur RTS2) pourrait également servir de 2e manche au super-combiné. Ce bricolage a finalement été abandonné jeudi en fin d’après-midi. Le combiné de Saint-Moritz devra ainsi être reprogrammé plus tard dans la saison, vraisemblablement avant les JO de février 2018. Les prévisions météorologiques de ce week-end à Saint-Moritz (brouillard, neige et des températures qui flirtent avec les -20 °C) ne poussent pas à l’optimisme béat quant au bon déroulement des deux super-G prévus. Maintenue au programme, la course de samedi est fortement menacée.

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