Mathias Frank: «Sur un Tour d'Italie, je m'étais, moi aussi, accroché à une voiture»

CyclismeLe Lucernois se concentre sur la fin de saison en Italie. Où le Giro lui rappelle des souvenirs.

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Mathias Frank a choisi de faire l’impasse sur la Vuelta. Après un printemps difficile et un Tour de France en retrait (30e), le coureur de Roggliswil était attendu sur les routes espagnoles pour soutenir l’action de Romain Bardet, son leader chez AG2R. D’autant que le Tour d’Espagne tient une place particulière dans sa carrière.

En 2008, Frank y disputa le premier des dix grands tours qu’il totalise à son compteur. L’an dernier, le meilleur coureur suisse par étapes de la décennie, s’adjugea la 17e étape de l’épreuve, son succès le plus retentissant. Il renouait ainsi avec la victoire qui le boudait depuis plus de deux ans et une étape au Tour de Bavière acquise en mai 2014.

Un troisième enfant

«Au sortir du Tour, j’avais déjà quelque 60 jours de course (ndlr: l’UCI fixe le maximum à 83). C’était un peu trop», lâche l’intéressé en guise d’explications. Il ajoute, avec un large sourire lui fendant le visage en deux, plus explicite qu’une longue diatribe: «Ma femme attend un troisième enfant pour mi-octobre. Je voulais rester près de ma famille. Je ne me voyais pas partir un mois sur les routes espagnoles.»

La naissance de son premier enfant avait coïncidé avec sa meilleure performance intrinsèque: un 2e rang au Tour de Suisse en 2014 (4e du TdR 2014 et 8e du TdF 2015). Aux récents GP de Québec et de Montréal, Frank s’est mis en évidence. 37e à 12’’ de Peter Sagan le vendredi, il a fini 32e à 1’31’’ de Diego Ulissi le surlendemain après avoir s’être immiscé dans deux échappées lors des 30 derniers kilomètres. «J’ai souffert de crampes sur la fin. Je manque de rythme. J’étais un peu juste pour suivre les sept meilleurs qui se sont disputé la victoire. Je n’ai pas beaucoup couru depuis le Tour. Egalement pour des raisons familiales, j’ai dû abandonner au Tour du Poitou-Charentes et renoncer au GP de Plouay. Si j’avais eu cette course de 6 heures dans les jambes j’aurais pu espérer plus et mieux au Canada. Où nous sont proposées de vraies courses. Les difficultés sont là et j’apprécie l’atmosphère et la ferveur du public dans ces courses en circuit.»

En cette fin de saison, Frank reporte ses ambitions sur les classiques italiennes. Le Tour de Lombardie fera office de clap de fin. «Sa condition va crescendo. Mathias devrait nous réserver de belles satisfactions», anticipe Vincent Lavenu le manager d’AG2R. L’équipe française a connu des soucis, appelons-les comme ça à la Vuelta. Deux coureurs (Alexandre Geniez et Nico Denz) se sont accrochés à la voiture de leur directeur sportif et ont été exclus. La vidéo les montrant agrippés au véhicule a fait le tour des réseaux sociaux. Romain Bardet avait été épinglé de la sorte à Paris-Nice. Dans la foulée, le jury des commissaires de la Vuelta a mis à pied le directeur sportif Didier Jannel.

«On en a beaucoup parlé entre nous. L’équipe a réagi. Mais était-ce le seul moyen? Procéder de la sorte c’est tricher, clairement. Mais en tant que coureur, on comprend qu’on puisse agir comme ça. Sur le Giro 2011, lors de l’étape reine, j’étais vraiment malade. Je n’arrivais même pas à suivre le gruppetto alors je me suis accroché à la voiture pour soulager un peu mon calvaire. Cet épisode m’a posé un terrible cas de conscience. Dans la dernière semaine de course. J’étais dans la bonne échappée. J’aurais pu gagner l’étape.» Le coureur de Roggliswil s’accorde un répit avant d’enchaîner: «A l’époque, le contexte était différent. Les commissaires nous encourageaient presque dans notre intention. Les mentalités ont changé.»

Le dopage technologique est-il aussi à ranger au rang d’un changement de mœurs? «Ce n’est pas un thème. Il est envisageable qu’un coureur se dope médicalement sans l’aide d’autrui. A l’inverse, un dopage mécanique suggère qu’un grand nombre de personnes soit au courant, à commencer par les meccanos et les directeurs sportifs, ça fait beaucoup, non? Techniquement c’est possible mais je n’imagine pas la mise en place d’une telle structure criminelle et une omerta en rapport. Peut-être que je suis naïf. Mais je n’ai jamais assisté à une scène qui m’aurait instillé le doute. Pour couper définitivement court aux rumeurs, l’UCI devrait prendre d’autres mesures, ne pas se contenter d’utiliser les seules tablettes, employer des scanners et des caméras infra-rouges comme sur le Tour.» (TDG)

Créé: 14.09.2017, 17h15

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