Des lutteurs «différents» pour terrasser les préjugés

HandisportUne trentaine de personnes souffrant de handicap s’entraînent en vue de la Fête fédérale de lutte.

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Bras écartés, nuque volontaire, Marc, un jeune trisomique de 20 ans, déboule sur le carré de sciure comme un taureau. Chemise alpestre sur le dos, il a envie d’en découdre. «Je n’ai jamais peur, je suis prêt!» dit-il avec un sourire plein de malice. En face de lui: une tour. Gilles Guisolan, président du Club de lutte d’Estavayer-le-Lac.

Echauffement, quelques exercices d’assouplissement, et c’est parti pour une heure d’un entraînement un peu spécial dans le local de lutte d’Estavayer-le-Lac. Marc empoigne son coach, sa motivation déplacerait des montagnes. Gilles Guisolan se laisse bousculer. Bras levés, Marc exulte avant d’aller nettoyer la sciure dans le dos de son coach battu, comme le veut la coutume. Il y a de l’émotion dans l’air…

Depuis le mois d’avril, Marc et une trentaine de personnes souffrant de handicap se retrouvent à Estavayer-le-Lac pour être initiés à la lutte à la culotte. «Ils le font avec application et enthousiasme, ils y vont à fond, C’est un vrai plaisir», constate Gilles Guisolan.

Jour d'honneur à Payerne

Il faut dire que, le vendredi 26 août prochain, tous ces lutteurs en herbe se mesureront au beau milieu de l’arène principale de la prochaine Fête fédérale de lutte. Ils feront l’ouverture d’Estavayer 2016, à Payerne! Un honneur qui se vivra sous les regards de dizaines de milliers de spectateurs. Alors, pas question de singer des combats. «On leur apprend les prises et les us et coutumes de ce sport», explique Gilles Guisolan.

Hier, pour l’entraînement, il était épaulé par deux autres colosses: son fils, Marc Guisolan, et le Vaudois Harald Cropt, 1,93 m pour 125 kilos. Pas de quoi impressionner Marc et ses camarades.

Educateurs médusés

C’est l’association Just for Smiles qui a eu l’initiative d’impliquer des jeunes handicapés dans la Fête fédérale. Les volontaires ont été recrutés dans une demi-douzaine d’institutions du canton de Fribourg. Deux femmes en font partie. «Je voulais essayer un sport de garçon, dit Maryline, 30 ans. Ce n’est pas très facile et il faut faire attention à ne pas se faire mal en tombant. Mais c’est cool.»

Les éducateurs sont médusés: «Plusieurs de nos pensionnaires n’aiment pas qu’on les touche et ils supportent mal la contrainte. Là, ils se laissent faire et en redemandent, c’est dingue!» raconte un éducateur. «Les contacts physiques avec les autres se passent très bien, constate Laurent Tschanz, moniteur J + S, spécialisé sport handicap. Nous travaillons beaucoup les arrêts de jeu: ils sont tellement à fond que ce n’est pas toujours facile de les arrêter.»

Reste à savoir comment ces champions géreront leur trac dans l’arène ce jour-là. «Même pas peur, dit Marc. J’ai peur de personne.»

Créé: 04.06.2016, 14h58

«Rien n'est impossible»

Basée à Villeneuve (FR), la Fondation Just for Smiles est surtout active dans la promotion des sports de plein air pour des personnes en situation de handicap: bateau, randonnée, tandemski. La lutte à la culotte ne faisait pas partie de son éventail. «La Fête fédérale nous offre une vitrine formidable pour démontrer que rien n’est impossible, même pour des personnes en difficulté», explique Raphaël Broye, président de Just for Smiles. Pour Yolande Galley, responsable de ce projet chez Just for Smiles, les athlètes ne démériteront pas lors de la cérémonie d’ouverture: «Ils vont lutter durant une dizaine de minutes, ils ne feront pas de la figuration. Ce sera un moment très fort, il y aura beaucoup d’émotion.»

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