De retour dans «sa» salle dans la peau du Lion, le «faux frère» n’a pas été à la fête

BasketballJonathan Kazadi, un ex d’Olympic, a perdu à Fribourg le premier acte de la finale avec les Genevois. La suite, c’est mercredi.

Jonathan Kazadi donne tout pour Genève même si son cœur est encore un peu fribourgeois.

Jonathan Kazadi donne tout pour Genève même si son cœur est encore un peu fribourgeois. Image: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

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À la fin, c’est Fribourg qui a mangé du Lion, Olympic le roi incontesté! Lorsqu’il était enlacé dans les bras de Morphée ou de sa dulcinée, cela ne s’était pourtant pas déroulé ainsi. Mais il n’est jamais évident de revenir, quelques années après, dans un endroit qu’on a tant aimé, qui nous a tant donnés, comme si en trois ans rien ne s’était passé. Surtout lorsque ce meneur âgé aujourd'hui de 27 ans à qui on a tout appris revient avec un autre maillot sur les épaules et que la seule intention est de faire du désordre partout sur le parquet quitte à se mettre toute sa «famille» à dos…

Jonathan Kazadi, qui a débarqué il y a dix jours d’Espagne à Genève, y avait pensé toute la semaine, à ce retour aux sources. «C’est ma salle, j’ai passé tellement d’heures ici, souriait l’ancien junior du club au coup de sifflet final. Du coup, revoir tous ces gens qui m’ont vu grandir à Fribourg, m’a fait énormément plaisir. Même si je défends aujourd’hui les couleurs des Lions de Genève et que je vais tout faire pour remporter cette finale avec eux, Olympic restera toujours un peu mon équipe de cœur…»

Il a même été sifflé

S’il assure avoir pris ce match «comme un autre», il est un peu tombé de haut. Dans son rêve, il était accueilli à bras ouverts, comme un héros, mais la réalité était tout autre. Il n’y a eu aucun cadeau. À l’image d’Arnaud Cotture ou de Roberto Kovac, il a même été sifflé par une partie d’un public qui ne lui pardonne pas d’être parti s’émanciper ailleurs, à Orléans, Monthey, Aix-Maurienne et Valladolid avant de poser ses valises au Grand-Saconnex.

«Jo» ne s’imaginait certainement pas qu’il repartirait avec cette petite gifle et le méchant sentiment qu’il sera bien compliqué de décrocher son troisième titre avec sa nouvelle formation, lui qui en a remporté deux à Saint-Léonard. Fribourg Olympic, détenteur du trophée, 19 victoires lors de ses 20 dernières rencontres dont les trois derniers affrontements contre son dauphin, n’a fait aucun sentiment avec son ancien «gamin» revenu au bercail avec un autre chandail où il a été étincelant, largement supérieur à Derrick Colter d’ailleurs.

Des fautes qui ont fait très mal

83-72, un à zéro dans la série au meilleur des cinq matches: le premier acte de cette finale des play-off qui oppose les deux meilleurs du championnat a logiquement tourné dans les mains du favori européen qui a fait preuve de plus de maîtrise et de calme face à un adversaire genevois trop vite prétérité par les trop nombreuses fautes accumulées en début de rencontre déjà. «Elles nous ont fait mal en première mi-temps, soupire celui qui est devenu le «faux frère» de Saint-Léonard. Mais si je m’attendais à ce que les arbitres sifflent moins que ça, je pense que dès mercredi à Fribourg, pour le deuxième match, il va falloir faire abstraction de ça, qu’on se montre moins nerveux et surtout qu’on perde beaucoup moins de ballons!»

Dix-huit balles perdues!

Dix-huit, c’est en effet le nombre de fois où la sphère a glissé des doigts des Genevois, à l’image d’un Terry Smith peu à son affaire ce samedi à Fribourg. «Dix-huit, c’est énorme et même rédhibitoire à ce stade de la compétition, pestait le président Imad Fattal, à l’heure du réquisitoire. Mais on a aussi joué de malchance où les Fribourgeois prennent cinq rebonds offensifs de suite à un moment de la partie où on revenait. On avait le sentiment que cette balle nous échappait des mains comme lorsqu’on recolle à 59-57 à la 31e, notre tir atterrit en dessus de la planche et derrière ils inscrivent deux tirs primés.»

164 succès en 214 matches!

Peut-être bien que la rencontre qui avait bien démarré pour le visiteur (8-13, 7e) a choisi son camp à ce moment-là. «On n’était pas très loin et il est vrai que c’est encore jouable, renchérit l’avocat genevois. Mais en même temps on est encore très loin, car cette formation de Fribourg met tellement d’intensité et de pression en jouant si juste défensivement qu’elle pousse constamment son adversaire à la faute et cela se paie cash. À nous de trouver la solution pour tenter d’égaliser mercredi pour qu’ensuite tout redevienne possible.» Alors que Petar Aleksic, le druide d’Olympic, a remporté samedi son 164e succès en 214 matches de championnat, à Vedran Bosnic, le coach du Pommier, de lui prouver qu’il est également un entraîneur capable de remporter des titres. «Onze rebonds de moins que Fribourg, c’est beaucoup trop et c’est ce qui a fait la différence», a noté le Suédois, qui avait rêvé, tout comme l’excellent Kazadi, d’un tout autre scénario. Où à la fin, c’est le Lion de Genève qui s’emparait du trône du roi. La suite, c’est mercredi…

Créé: 02.06.2019, 19h05

Fribourg - Lions de Genève 83-72 (41-38)

Quarts:
17-17 24-21 16-15 26-19

Saint-Léonard,
1475 spectateurs.

Arbitres:
MM. Clivaz, Herbert et Pilet.

Fribourg:
D. Mladjan 7, Touré 15, Derksen 18, Williamson 12, Jurkovitz 7; Louissaint 7, Jaunin 2, Gravet 5, Roberson 10.

25 tirs à 2 points sur 47 (45%)
4 tirs à 3 points sur 19 (21,1%)
21 lancers-francs sur 30 (70%)
44 rebonds

Lions:
Humphrey 11, Colter 8, M. Mladjan 8, Kovac 8, Popov 12; Kazadi 12, Smith 7, Cotture 6.
18 tirs à 2 points sur 40 (45%)
5 tirs à 3 points sur 17 (29,4%)
21 lancers-francs sur 28 (75%)
33 rebonds

Notes: Fribourg sans Steinmann (blessé). Lions sans Kozic (blessé) ni Padgett (surnuméraire).

Sorti pour cinq fautes: M. Mladjan (38e).

Popov leur a posé des problèmes

Aussi armoire que commode sous un panier, avec ses 209 cm et ses 114 kg, il ne passe pas inaperçu. Ilia Popov a contrarié, dans un premier temps, des Fribourgeois un peu moins à leur aise dans le jeu intérieur que d’habitude. «Comme on ne le connaissait pas trop si ce n’est que par des images à la vidéo, il nous a posé des problèmes», reconnaissait Jérémy Jaunin après la partie. Le début de match du Russe, qui a inscrit six des huit premiers points de son équipe dans la peinture, a en effet été du tonnerre. Or le colosse de Saint-Pétersbourg, sanctionné d’une 3e faute personnelle à la 14e (22-22), a trop vite été sous la menace d’être sorti du jeu prématurément et donc privé de défendre efficacement. «En plus, il était malade, il n’aurait normalement pas dû jouer, avouait le président Imad Fattal. Aujourd’hui, il était sous antibiotiques, j’espère qu’il aura récupéré d’ici à mercredi.»
Une fois libéré de la sangsue russe dans son dos, Babacar Touré, le pivot genevois d’Olympic, a pu aisément exploiter ses 205 cm dans la raquette, même s’il avouait avoir «manqué de jus». Cela ne l’a pas empêché d’être élu homme du match. Malgré le ramadan! C.MA.

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