Les Lions savent jouer la gagne. Sur le parquet comme en dehors

BasketballLe club genevois, qui reçoit Monthey samedi (entrée gratuite!), brille sur tous les fronts. Retour sur sa belle histoire.

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Top. Je suis un club genevois qui a remporté sept trophées entre 2013 et 2017. J’ai également réussi à fédérer autour de moi plusieurs entreprises locales et à me forger une solide réputation dans mon sport comme en dehors. Je suis tout simplement la formation genevoise ayant décroché le plus de titres au cours de la décennie écoulée. Je suis, je suis… Le Servette FC? Non. Le Genève-Servette HC? Encore moins! Pas de maillot grenat au séchoir, pas d’Aigle sur le perchoir; les Lions de Genève – puisque c’est d’eux dont il s’agit – ont tracé leur propre sillon et se sont imposés en moins de temps qu’il ne faut pour le dire comme un club de référence dans le bassin lémanique. Plus encore que leurs excellents résultats sportifs, c’est leur aura en dehors des parquets qui force l’admiration. Créés en 2010, ils ont su gagner des trophées, les cœurs et un public.

«Une dynamique réjouissante se déploie autour d’eux et autour de valeurs que nous partageons, note Bertrand Stämpfli, chef du service de communication de Genève Aéroport, l’un des principaux sponsors des pensionnaires du Pommier. Nous aimons ce qui crée du lien entre les gens, ce qui les réunit au-delà de leurs différences, ce qui fait vivre la cité, ce qui la met en mouvement.»

La sagesse du comité

Le pari, instigué par Imad Fattal – toujours président – n’était pourtant pas gagné d’avance. Il a fallu à l’intéressé de l’entregent, des convictions et une certaine force de persuasion pour que naisse l’actuel meilleur club suisse de basket. En 2010, l’avocat avait en effet dû donner un grand coup de pied aux querelles de clocher mêlant MGS Grand-Saconnex et les Geneva Devils pour que la fusion de ces deux entités qui ne se supportaient pas accouche d’une troupe de gagneurs. «Plusieurs fois, le projet aurait pu «péter», se souvient Fattal. Mais ma fougue, ou peut-être ma naïveté, m’a permis de passer outre les soucis.»

Le fait que le club ait été structuré pour la gagne et qu’il ait vite obtenu des résultats a servi de rampe de lancement. L’intelligence des membres du comité – issus soit de MGS, soit des Devils – a aussi porté ses fruits, puisque tous ont accepté l’idée que la feuille de route soit tracée par Fattal, 27 ans à l’époque. «Ils ont eu la sagesse de me laisser le leadership, note le «boss», mais c’est ensemble et avec notre large «famille» de bénévoles que nous avons fait le chemin.»

Crédit, image et philosophie

Les Genevois ont fédéré quantité de personnes et d’énergies autour d’eux. Les politiques se sont en outre très vite pris au jeu. «Un fort lien de confiance existe entre eux et nous, que ce soit avec le Canton, la Ville du Grand-Saconnex ou la Ville de Genève, reprend Imad Fattal. Sans doute car le club est parfaitement géré et clair dans la voie qu’il suit. Nous relations sont franches et transparentes. Aussi parce que nous n’avons jamais pris les élus en otage en revendiquant quoi que ce soit.»

Le crédit des Lions de Genève, qui n’ont jamais été les auteurs de débordements, est impeccable. Preuve en est que tout le monde loue le travail effectué par les dirigeants et les joueurs depuis mai 2010. Difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver une voix qui s’élève contre leur façon d’avancer. De cela, leur président se félicite. «Cela correspond à l’image que l’on veut donner et garder, surtout; celle d’un club bien géré, bien structuré, ne reposant pas sur un mécène mais sur des sponsors qui, pour la plupart, nous accompagnent depuis longtemps.» A l’image du Garage Riantbosson. «Nous sommes fidèles aux Lions depuis le début, rappelle son patron, Serge Gonzalez. Parce que nous partageons leur philosophie. Leur président s’investit auprès des sponsors, il attache beaucoup d’importance à l’image de son club. Imad Fattal est un gagneur qui veut aller de l’avant. Au Pommier, il y a une vraie stabilité à tous les niveaux.»

Direction l’Europe

Le plan fonctionne si bien qu’aujourd’hui la notoriété des Lions a franchi les frontières cantonales. Le Pommier est devenu l’adresse principale de la sphère orange helvétique. Les meilleurs joueurs du pays se bousculent pour venir y poser leurs grandes jambes et enrichir leur carte de visite. «Peut-être parce que les Lions n’ont pas de limites», suggère Serge Gonzalez. A Genève Aéroport, on se veut plus terre à terre: «Il faut se réjouir de voir le basket rencontrer les attentes d’un public croissant dans le canton, sans se soucier de savoir si une limite sera atteinte un jour», nous souffle-t-on.

Reste que la participation à une Coupe d’Europe doit être la prochaine étape de la fusée genevoise. «On doit le faire un jour, annonce Imad Fattal. Notre coach, Vedran Bosnic, a déjà entraîné à ce niveau, il sait ce que cela demande. On est à maturité, nos joueurs sont dans la force de l’âge.»

Nul doute que le public et les sponsors seront encore là pour faire avancer le projet. «Il est évident que nous aimons bien l’idée que notre logo, imprimé sur le maillot des Lions, accompagne leur succès jusque dans les lointaines villes desservies au départ de Genève Aéroport», sourit Bertrand Stämpfli.

L’envol ne fait peut-être que commencer. (TDG)

Créé: 01.11.2017, 17h30

LE COUP DE FOLIE DE DECEMBRE 2014

C’est un choc de titans qui se jouera ce samedi au… Pavillon des Sports de Champel (17 h) entre les Lions et Monthey. Les hôtes veulent prendre leur revanche sur des Valaisans qui les ont privés de titre national la saison passée. Pour ce match, l’entrée sera offerte par Genève Aéroport et les SIG. Avant ce rendez-vous qui le fait saliver, le président Imad Fattal revient sur quelques moments clés de ses sept ans et demi à la tête du club.

Son plus gros risque: «Il faut remonter à décembre 2014. Nous comptions alors dans notre effectif David Ramseier et Dusan Mladjan, deux des joueurs les plus cotés et les mieux payés du pays. Mais on se retrouve à perdre deux matches sur un week-end. Moi qui étais à la veille d’un procès très important – et, de fait, un peu tendu – suis alors entré dans le vestiaire. J’ai interrompu le coach Ivan Rudez pour dire aux joueurs que pour la première fois de ma vie, j’avais honte d’être président. Et qu’au même titre que j’avais créé ce club, je pouvais changer tous les joueurs. Même si je n’en pensais pas un mot. Résultat: la semaine suivante, les mecs ont battu Fribourg de 30 points chez lui!»

Son plus gros match: «Encore contre Fribourg, en février 2013. On se rend chez Olympic, qui était alors une institution sans Vladimir Buscaglia ni Andrej Stimac. Et durant la rencontre, Juwann James et Rudez sont expulsés. Tout semble se liguer contre nous mais on parvient à s’imposer! La preuve qu’on n’enterre jamais les Lions. Cette victoire est un moment clé de notre histoire. Ça sentait la passation des pouvoirs.»

Ses trois joueurs historiques: «Tony Brown, car de par son exemplarité et son leadership, il nous a permis de franchir un palier et de devenir des gagneurs. Andrej Stimac, qui a clairement amené les Lions dans une autre dimension. Puis Jeremy Jaunin, tant il a collé à merveille avec le début des Lions, grâce à son image de petit parmi les géants. Ce joueur est vite devenu le chouchou de nos fans.»

Arnaud Cerutti

17 h, Pavillon des Sports de Champel: Lions de Genève-BBC Monthey

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