Le CIO suspend la Russie, pas ses athlètes propres

OlympismeLes sportifs innocentés pourront s’aligner sous le drapeau olympique aux prochains JO d’hiver de Pyeongchang

Mardi soir à Beaulieu, Thomas Bach (à g.) et Samuel Schmid ont détaillé les sanctions à l’encontre de la Russie.

Mardi soir à Beaulieu, Thomas Bach (à g.) et Samuel Schmid ont détaillé les sanctions à l’encontre de la Russie. Image: Keystone

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«Athlète olympique de Russie». Voici l’appellation qui figurera sur les équipements des sportifs russes présents aux prochains Jeux olympiques 2018, du 9 au 25 février prochain en Corée du Sud. Le drapeau russe ne flottera pas lors de l’ouverture des JO de Pyeongchang et l’hymne olympique sera joué à chaque médaille d’or remportée par un athlète de nationalité russe.

La décision est tombée mardi en début de soirée au Palais de Beaulieu, à Lausanne. Aux côtés de Thomas Bach, président du CIO, Samuel Schmid a ouvert la conférence de presse devant 200 journalistes, dont 60 Russes, accrédités pour l’événement. L’ancien président de la Confédération a résumé le rapport de sa commission au terme de 17 mois d’enquête. Le texte de 30 pages ne laisse aucune place au doute. Les athlètes russes ont bénéficié d’un système de dopage généralisé, remontant jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.

Poutine pas épinglé

Vladimir Poutine ne figure pas dans le rapport Schmid. «Nous n’avons pas de preuves d’une implication directe», a résumé l’ancien conseiller fédéral. Ce n’est pas le cas de plusieurs officiels russes. Vitali Mutko, ex-ministre des Sports et actuel vice-premier ministre chargé de la Coupe du monde de football 2018, et Dmitry Chernyshenko, chef des JO de Sotchi 2014, ont été radiés à vie. Le président du Comité olympique russe, Alexander Zhukov, a lui été suspendu en tant que membre du CIO.

La Russie est par ailleurs contrainte de rembourser les frais d’investigation au CIO et de payer 15 millions pour la création de la future Agence indépendante de tests antidopage (ITA), qui sera basée dans la région de Lausanne. Cette sanction du CIO est un revers politique pour la Russie. Poutine avait déjà évoqué une «humiliation» pour son pays. Le président russe va-t-il désormais activer le couperet du boycott? Thomas Bach a balayé cette option d’un revers de main.

«Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’intégrité des Jeux olympiques et du sport, a affirmé le président du CIO. La commission exécutive, a pris des sanctions proportionnées au regard de la manipulation systémique, tout en protégeant les athlètes propres.»

L’UNIL consultée

Grâce notamment à des tests menés par le professeur Christophe Champod de l’Université de Lausanne, le rapport Schmid confirme notamment que des échantillons antidopage, pourtant réputés inviolables, ont été ouverts grâce à un outil spécial lors des Jeux de Sotchi 2014 afin de maquiller des tests positifs. Des traces de ces interventions ne sont visibles qu’au microscope.

Désormais, un groupe de travail dirigé par l’ancienne ministre des Sports française, Valérie Fourneyron, statuera sur le sort des athlètes ayant fait la demande d’intégrer cette équipe russe sous couleurs neutres. Ils devront répondre à plusieurs conditions en matière de lutte antidopage et n’avoir jamais été suspendus précédemment.

Créé: 05.12.2017, 22h51

Commentaire

498 jours trop tard



La Russie ne sera pas aux JO de Pyeongchang 2018 en février prochain. Les athlètes qui auront montré patte blanche, si. La décision fera date mais aurait dû arriver 498 jours plus tôt, soit le 25 juillet 2016.

À l’aube des Jeux de Rio, le CIO avait décidé de ne rien décider, malgré la publication du premier rapport McLaren, malgré les révélations d’un système de dopage d’État, malgré les 600 sportifs russes épinglés et les 30 disciplines entachées. Thomas Bach avait brandi le droit individuel pour se refuser à une suspension généralisée, laissant le soin aux fédérations de trancher. 111 sportifs étaient alors restés à la maison mais l’hymne russe avait retenti à 19 reprises durant ces JO (56 médailles au total).

Si les preuves n’ont cessé de s’accumuler depuis, que 25 athlètes ont été suspendus à vie, que la Russie a perdu 11 de ses 33 breloques remportées aux Jeux d’hiver de Sotchi 2014, rien n’a changé ou presque depuis un an et demi.

Au-delà du temps perdu, la décision du CIO ne fera sens que si Poutine et le Kremlin œuvrent pour chasser le spectre du dopage. Au vu des premières réactions, cela semble être utopique. 498 jours plus tard, le scandale du dopage russe est loin d’être réglé.

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