Killian Peier, l’heure de la confirmation

Saut à skisLe Vaudois a bien géré, cet été, son changement de statut. Il aborde la saison avec plus de confiance… et d’attentes.

Médaillé de bronze aux Mondiaux en février dernier, Killian Peier figure désormais parmi les sauteurs qui comptent.

Médaillé de bronze aux Mondiaux en février dernier, Killian Peier figure désormais parmi les sauteurs qui comptent. Image: Keystone

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Aucun compétiteur ne l’ignore: le plus dur, c’est de confirmer. Killian Peier, sensationnel médaillé de bronze aux Mondiaux de Seefeld, le 23 février dernier sur le grand tremplin de Bergisel, le sait. Propulsé en une saison parmi les sauteurs à skis qui comptent, le Vaudois devra honorer des attentes accrues, à commencer par les siennes. «J’ai encore envie d’être meilleur, bien sûr, lance-t-il au bout du fil. Il ne s’agit surtout pas de se reposer sur les acquis, je veux continuer à travailler pour avancer.» Les prochains bonds, ce sera dans quinze jours à Wisla (Pologne), pour le début de la Coupe du monde.

Après deux semaines à Chypre en avril, pour de «vraies vacances personnelles, où j’avais le droit de manger ce que je voulais et, surtout, autant que j’en avais envie», Killian Peier a fait appel au vélo pour remettre son corps en selle, sur route ou en montagne, avec son père et des copains. Puis le boulot a recommencé pour de vrai, après le tourbillon de la gloire. «Le printemps et l’été ont été plus chargés que d’habitude, parce que j’ai eu beaucoup de sollicitations au niveau médiatique et des sponsors, raconte la révélation de l’année. D’un côté, évidemment, cet intérêt est positif. Mais de l’autre, c’était une situation nouvelle qu’il fallait apprendre à gérer. Je crois avoir réussi, même si cela m’a coûté pas mal d’énergie.»

«Une reconnaissance nouvelle»

Cette effervescence post-Mondiaux a permis à Killian Peier de réaliser à quel point il avait changé de dimension, lui, l’ex-tout timide. «Plutôt que de dimension, je parlerais d’un changement de statut, nuance-t-il. Ça, je le sens bien dans les regards extérieurs, que ce soit parmi le public ou chez mes rivaux. Il y a une reconnaissance nouvelle. Mais moi, personnellement, je n’ai pas le sentiment d’avoir changé.» Quoique, plus loin dans la conversation: «La grande différence entre le Killian d’aujourd’hui et celui d’il y a un an et demi, c’est la confiance. Sur les tremplins comme en dehors. Je pars sur une base plus stable.»

L’homme et l’athlète ont mûri ensemble, parallèlement. À 24 ans, avec déjà quatre saisons pleines de Coupe du monde au compteur, le sauteur de la vallée de Joux peut nourrir l’ambition de s’installer durablement parmi le gotha de la discipline. Ses résultats lors de la tournée d’été ont certes été moins brillants que l’an passé, mais le niveau est là, puisqu’il a par exemple remporté la qualification à Zakopane. «Au niveau de la forme, de la technique et du saut, je me sens bien dedans, assure Killian Peier. Il me reste encore quelques détails mentaux à travailler.»

Deux objectifs majeurs

Ce qu’il désigne par «quelques détails mentaux», ce sont des milliers de connexions à harmoniser, des nerfs à mettre d’accord avec un bide et un cerveau, une multitude de paramètres à gérer avant, pendant et après l’envol. En plus du staff de la fédération, où son coach principal reste l’Allemand Ronny Hornschuh pour ce qui est de la préparation physique et de la technique sur tremplin, l’oiseau collabore depuis plus de deux ans, à raison d’un contact par semaine, avec un «coach personnel». «Ce n’est pas un psychologue du sport à proprement parler, mais quelqu’un avec qui je travaille afin de trouver l’équilibre général entre le sport et le privé, explique-t-il. Avec lui, je peux exprimer tout ce que j’ai à exprimer.»

Des choses à exprimer, Killian Peier en a encore beaucoup. Et comme l’appétit vient en mangeant, on piaffe avec lui. «L’objectif général, c’est confirmer la saison passée», verbalise ce grand amateur – trop souvent frustré – de raclettes et de fondues. S’il se profile maigre en fromage, l’hiver s’annonce riche en réjouissances. Avec deux cibles privilégiées dans le viseur du Vaudois: l’incontournable Tournée des Quatre-Tremplins (28 décembre-6 janvier) dont il avait terminé 10e en janvier passé, puis les Mondiaux de vol à skis sur le légendaire toboggan de Planica (20-22 mars). Exactement ce qu’il faut pour confirmer.

Créé: 06.11.2019, 22h20

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