Julien Wanders entre sans peur dans la course des grands

Athlétisme Jeudi, à Lausanne, le Genevois (21 ans) découvre la Ligue de diamant. Face aux cracks du 5000 m, il espère descendre sous les 13’22’’.

Julien Wanders se réjouit: «Je ne peux pas rêver mieux.»

Julien Wanders se réjouit: «Je ne peux pas rêver mieux.» Image: Keystone

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Chez lui, parce que l’athlétisme est avant tout source de passion et d’ambition, l’excitation l’emportera toujours sur la crispation. L’envie de bien faire sera toujours plus forte que la peur ou le doute. Alors, à la veille d’entrer pour la première fois dans la course des grands, Julien Wanders ne cache pas son bonheur. «Je me réjouis, je ne peux pas rêver mieux», s’exclame le Genevois de 21 ans en évoquant son 5000 m de jeudi à Lausanne, dans le théâtre de la Ligue de diamant, lui le sans-grade qui aspire un jour à tenir les premiers rôles.

Dans sa tête, le coureur du Stade Genève, héritier désigné de Markus Ryffel et de Viktor Röthlin – auxquels il a déjà chipé les records de jeunesse – a un chrono qui tourne et les idées bien arrêtées. Oui, plus que jamais, il vise un temps de 13’?22’’ (inférieur de 15 secondes à son record personnel), sésame pour s’ouvrir les portes des prochains Mondiaux, du 4 au 13 août à Londres. Athletissima lui tend les clés, à lui de saisir l’aubaine après un mois d’entraînement en altitude, à Saint-Moritz.

Avant Lausanne, il y a déjà eu Vaasa et votre première sélection élite à l’occasion des championnats d’Europe Team. Au-delà de votre 2e place sur 5000 m (en 13’?56’’), quel bilan en avez-vous tiré?

Sur le plan humain, l’expérience a été très enrichissante. Une formidable dynamique collective a porté l’équipe avec, au bout, notre promotion en Super League. Comme tout le monde, j’ai essayé de faire mon maximum mais, personnellement, ma course m’a laissé un peu sur ma faim. C’est frustrant de ne pas gagner! Comme prévu, le Turc est parti très vite. Je l’ai suivi, mais après 2 km, j’ai dû lâcher prise. Je n’étais pas au top. En fait, j’ai surtout couru en surveillant mes arrières.

Votre tendinite au mollet vous enquiquine-t-elle encore?

Non, non, c’était autre chose. Comme j’avais du mal à récupérer, j’ai fait un contrôle médical qui a révélé une nouvelle carence en fer. On y a remédié grâce à un apport par perfusion, sous l’expertise de mon médecin. Je lui ai demandé trois fois si tout était OK! Là, ça va beaucoup mieux, je ne suis plus fatigué!

La forme est donc revenue?

Oui, mes dernières séances d’entraînement à Saint-Moritz m’ont pleinement rassuré. Avec Sylvester Kipchirchir, mon habituel coéquipier kényan venu d’Iten, on se tire la bourre sans se tuer! L’essentiel, c’est de garder de la force et de l’influx pour la compétition. La semaine passée, en concertation avec mon entraîneur, Marco Jäger, on a reproduit la même séance qui avait précédé mon record sur 10 km à Houilles. J’ai un bon feeling.

Vous êtes donc d’attaque pour vous jeter dans la fosse aux lions? A Lausanne, quinze de vos adversaires ont déjà couru en moins de 13’?20’’, dont les Ethiopiens Gebremeskel (12’?46’’) et Alamirew (12’?48’’) ou le Burundais Rop (12’?52’’)!

Franchement, j’ai tout pour bien faire. Un peloton de haut niveau, la présence à mes côtés de Sylvester, que l’organisateur a accepté d’engager, et un stade plein d’énergie. J’ai déjà vécu deux fois Athletissima de l’intérieur, en préprogramme, sur 1500 m. J’y ai déjà ressenti de bonnes vibrations. Mais là, forcément, ce sera encore beaucoup plus intense. Un peu comme à l’Escalade, où le public te galvanise quand tu es dans le dur.

Justement, ce 5000 m risque d’être dur à gérer! Quel sera votre plan de course? Actif ou attentiste?

Rien n’est décidé, mais je ne vais pas laisser partir les premiers sans essayer de les suivre! Après, c’est la course qui décidera. Et mes sensations. Je ne vais pas courir au suicide. Il y aura sans doute plusieurs courses dans la course, à moi d’en profiter avec Sylvester. En fait, parfois, il est préférable de ne pas trop réfléchir, de ne pas trop s’écouter.

Après Oordegem et vos 13’?37’’, il vous reste encore 15 secondes à gagner pour obtenir vos minima pour Londres. Courir aux alentours des 13’?22’’, c’est toujours à votre portée?

Je n’en doute pas, sinon je ne m’entraînerais pas autant! En fait, ce n’est pas aux alentours mais bien en dessous de 13’?22’’ qu’il va falloir aller! Je me réjouis. Ce 5000 m, j’y pense depuis longtemps, mais sans me mettre la pression.

Créé: 04.07.2017, 18h25

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