Que verra-t-on sur la future chaîne olympique dès le 21 août?

Jeux olympiquesJochen Färber, patron du bureau suisse de l’ «Olympic Channel» lève le rideau sur cette application surtout destinée aux jeunes.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Jusqu’à cette année, on consommait des heures d’images olympiques pendant deux semaines, avant que la flamme ne s’éteigne pour deux ans. Cette période est désormais révolue, puisque le 21 août, la toute nouvelle chaîne olympique prendra le relais des chaînes publiques. Mais attention, son but n’est pas de satisfaire les accros des anneaux, mais bien de séduire les jeunes habitués au zapping et au contenu à la demande comme sur YouTube. Son ton sera donc assez surprenant, parfois même proche de celui de MTV, notamment pour certaines aventures racontées sur le mode de séries.

Ancien directeur du bureau du président du CIO Thomas Bach, l’Allemand Jochen Färber est devenu le chef du bureau suisse de la future chaîne olympique sur laquelle il a accepté de lever une partie du rideau, chapitre par chapitre.

La naissance

«En 1994 déjà Thomas Bach avait émis l’idée de cette chaîne globale, mais personne n’était intéressé. Une fois président, il l’a intégrée à l’agenda 2020, le programme de réformes à l’intérieur du Comité International Olympique. Cela fait depuis 2014 que l’aventure est lancée, à Lausanne pour la partie structurelle et organisationnelle et à Madrid où se trouve toute la production.»

La forme

«Ce sera une application gratuite téléchargeable sur les smartphones ou les tablettes. La langue parlée est l’anglais avec des sous-titres dans huit ou neuf langues pour les contenus principaux. Nous avons un budget de 490 millions d’euros pour les sept premières années après lesquelles nous visons les chiffres noirs.» Et au niveau du contenu? «On ne va pas se contenter de montrer des compétitions et des résultats. Aujourd’hui, les blogueurs qui utilisent Youtube font rêver les jeunes. Nous allons les mettre à contribution pour raconter leur meilleur souvenir olympique en espérant que leurs suiveurs vont adhérer au rêve. A nous ensuite de continuer à les intéresser. Le ton et le graphisme seront eux aussi jeunes et modernes. En plus nous avons 40000 heures d’archives d’une qualité impeccable. A nous de les éditer, d’y ajouter de la musique pour en faire des clips qui attirent les ados. Là, récemment sur Facebook, on a fait un petit sujet sur les coupes de cheveux des olympiens à travers les âges. C’est frais, amusant.»

Le fond

«La transmission des valeurs olympiques, même si elles sont partagées avec un ton et un vocabulaire branché. On ne cherche pas à attirer des millions de gens,mais avant tout à éduquer ces jeunes sans qu’ils ne s’en rendent compte et les encourager à se mettre au sport!» Une partie-clé de la réussite de la chaîne passe par l’interaction, à une époque où tout le monde s’exprime librement sur les réseaux sociaux. «Si quelqu’un nous dit aimer l’escrime, le water-polo, l’athlétisme et le volleyball, nous pouvons adapter sa page d’accueil pour qu’il se sente dans son propre environnement.»

Les athlètes et les fédérations

La future chaîne sera aussi une plateforme intéressante pour les fédérations sportives et les athlètes. «On peut leur donner l’opportunité d’interagir avec le public, d’organiser des chats pour augmenter leur visibilité et attirer du trafic sur leurs sites à eux. Au niveau des fédérations, les discussions sont excellentes, notamment pour retransmettre certains événements en direct, comme le tournoi de qualification de hockey sur glace pour les trois dernières places européennes pour les jeux de Pyeongchang 2018. Les matches seront diffusés chez nous avec un commentaire maison. Un de nos autres buts est de recruter des athlètes en fin de carrière pour qu’ils travaillent pour nous comme consultants ou même pour qu’ils apprennent les ficelles du journalisme chez nous.»

La concurrence

Lancer une nouvelle chaîne sans marcher sur les platebandes des chaînes qui ont payé des fortunes pour obtenir les droits de retransmission des Jeux n’est pas une mince affaire. «Nous ne serons pas leurs concurrents, mais leurs partenaires. Nous allons d’ailleurs partager avec eux une partie du contenu et parfois aussi diffuser leurs images. Un exemple: à Sydney, Sophie Lamon était la plus jeune athlète féminine d’escrime. Cela aurait fait une très chouette histoire sur la chaîne olympique et on aurait pu y intégrer un portrait fait par la RTS, même si celui-ci s’adressait à la base au public romand. Il aurait pu passionner des gens en Australie, parce que son histoire était unique. Une belle visibilité pour la RTS.»

Des exclusivités Seule la chaîne olympique a le privilège d’avoir un accès au village olympique, le point le plus délicat de tout le dossier. «S’il est si cool pour les athlètes, c’est justement parce qu’il n’y a pas de caméras. Ils peuvent être eux-mêmes. Notre challenge est de transporter ce sentiment d’échanges, de rencontres et d’interaction sans les déranger. Alors oui, nous y entrons mais très discrètement avec un message positif. Montrant deux athlètes de pays parfois en guerre assis ensemble à table. Mais nous ne voulons pas abuser de notre pouvoir.» (TDG)

Créé: 18.08.2016, 10h31

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...