JO: une «nouvelle norme» qui peine à convaincre

CIOChristophe Dubi, directeur exécutif des Jeux olympiques, a répété que le gigantisme n'avait plus sa place pour organiser des JO.

Christophe Dubi (à droite) a défendu la nouvelle norme pour l'organisation des JO.

Christophe Dubi (à droite) a défendu la nouvelle norme pour l'organisation des JO. Image: Keystone

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Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux olympiques au CIO, a convié les médias suisses à une table ronde jeudi matin pour rappeler la «nouvelle norme» créée par l'Agenda 2020 en matière de candidature et d'organisation des JO. A 24 jours de la votation en Valais au sujet de Sion-2026, le calendrier est tout sauf anodin.

«Nous avons tourné la page.» C'est ainsi que Christophe Dubi a ouvert la discussion, répétant le slogan que le Comité international olympique n'a de cesse de scander depuis qu'il a adopté ce fameux Agenda 2020, en 2014, dont l'objectif est de mettre un frein au gigantisme des JO en diminuant sensiblement la facture finale. «Nous avons changé de modèle et nous prenons désormais un engagement vis-à-vis de la société civile», poursuit le directeur, insistant sur la notion d'«héritage» que sont censés laisser les Jeux à la ville et au pays qui les organisent.

«Aujourd'hui, lorsque nous évaluons les candidatures, nous plaçons en tête de notre réflexion la pertinence des projets pour les vingt années qui suivront.» Le CIO en est persuadé: son Agenda 2020 et les 118 mesures décidées pour créer la «nouvelle norme» doivent éradiquer le syndrome dit de «l'éléphant blanc», à savoir ces installations bâties au prix fort pour les JO mais tombant à l'abandon une fois les joutes terminées.

Syndrome qui est un des axes centraux dans l'argumentaire des opposants aux projets olympiques partout dans le monde, à Sion également.

«Le projet de Sion est pertinent du point de vue de l'Agenda du CIO, assure Christophe Dubi, en cela qu'il s'appuie sur des infrastructures existantes.» L'idée de base du CIO est d'encourager tous les candidats à aller dans ce sens et à ne pas construire à tout-va, sauf s'il s'agit d'installations provisoires ou dont l'intérêt dépasse le simple cadre des Jeux.

«Nous avons obtenu des organisateurs de Pyeongchang-2018 une importante réduction des installations sur les sites de montagne, explique Christophe Dubi. Et nous avons poussé à la modification du projet initial de Tokyo-2020, des Jeux attribués avant l'introduction de l'Agenda, afin qu'ils collent à celui-ci.»

Concentrer au même endroit

Selon le directeur, les économies pour les Jeux d'été de Tokyo s'élèvent à 2,2 mrd de dollars. «Nous avons encouragé le Comité d'organisation à utiliser des infrastructures existantes plutôt que de construire, comme prévu au début, de coûteux sites sur les îles.»

Des modifications rendues possibles grâce à un principe général fort qui conduit l'Agenda 2020: la fin de l'obligation de tout concentrer au même endroit. «Les candidatures précédentes étaient trop compactes», reconnaît Cristophe Dubi. Et présentaient d'importants risques financiers, même si toutes les études ne s'accordent pas sur le sujet, notamment en ce qui concerne les retombées économiques de telles manifestations.

C'est pour cela que le CIO offre désormais la possibilité aux candidats, outre celle d'élargir la zone géographique, de répartir les responsabilités. Ainsi plusieurs signataires peuvent aujourd'hui figurer sur le contrat de la ville-hôte. «Cela a par exemple été le cas à Pyeongchang, la totalité des charges des Jeux étant trop importante pour une si petite ville. Nous avons envoyé une lettre à Sion qui clarifie ce point.»

Sept projets différents

Et le directeur de préciser que les sept villes candidates pour 2026 (avec Sion, Sapporo, Graz, Calgary, un ticket Cortina d'Ampezzo/Milan/Turin, Stockholm et Erzurum) ont toutes présenté un projet différent. «Sion a misé sur un financement public et privé, d'autres sur du 100% privé, Stockholm a prévu un site de compétition hors de Suède. Si nous estimons que c'est pertinent, qu'on le fasse !»

Possibilité d'organiser des Jeux olympiques moins coûteux, transmission du savoir-faire et des moyens existants d'édition en édition, attention particulière portée à la durabilité du projet et à son impact sur les deux décennies suivantes: autant de mesures qui ont tout pour séduire... sauf qu'elles ne séduisent de loin pas tout le monde.

«Il y a un décalage entre les projets conformes à l'Agenda 2020 et les éditions des JO que nous venons de vivre ou allons bientôt vivre, estime Christophe Dubi. Mais les candidatures (victorieuses) de Paris-2024 et Los Angeles-2028, des projets rassembleurs, sont parfaitement intégrées à la nouvelle philosophie. Si Paris nous dit que les transports publics permettront à tout le monde, spectateurs, athlètes, officiels du CIO ou journalistes, de se déplacer efficacement, pourquoi prendrions-nous la voiture ?»

Il faudra donc attendre Tokyo-2020, Pékin-2022 et Paris-2024 avant de pouvoir tirer un bilan objectif de l'Agenda 2020 et de la «nouvelle norme». Le peuple valaisan, lui, n'aura pas cette chance et va devoir faire le pari, ou non, le dimanche 10 juin, de la confiance préalable. Le tout sur fond de transition du modèle touristique et de lourd passif politique. (si/nxp)

Créé: 17.05.2018, 15h10

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