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Hugo Lopes, Monsieur l’instituteur, sera au départ du prochain Dakar

Sa candidature ayant été retenue par ASO, l’organisateur du Dakar, le motard genevois verra le Pérou en janvier de l’an prochain.

Hugo Lopes mûrit depuis des années son projet de participation au Dakar. D’ici à ce qu’il se concrétise, en janvier prochain, le Genevois a encore devant lui quelques mois d'intense préparation.
Hugo Lopes mûrit depuis des années son projet de participation au Dakar. D’ici à ce qu’il se concrétise, en janvier prochain, le Genevois a encore devant lui quelques mois d'intense préparation.
Chantal Dervey

Les automobilistes qui ont choisi cette petite route traversant la forêt, sur les bas de Villars, ne peuvent imaginer que ce jeune homme posant pour la photo a déjà, dans les yeux, dans son âme, des images de sable et de dunes. En ce jour de canicule, pourtant, Hugo Lopes, en vacances pour quelques jours dans la station vaudoise, se sent bien à l’ombre des grands arbres.

Né il y a vingt-huit ans au Portugal, il est arrivé à Genève à l’âge de 3 mois. «Je n’ai pas de souvenir précis de ce moment-là», rigole celui qui a fait toutes ses classes, éducatives et sportives, au bord du lac. Désormais enseignant à l’école primaire – il prépare sa cinquième rentrée – Hugo Lopes a découvert la moto quand il était gamin: «Mon papa, Armando, en rêvait depuis longtemps. Mais dans le milieu où il est né – dix frères et sœurs, au temps de la dictature – il n’avait pas la possibilité de s’offrir une machine de cross. Alors, quand j’ai eu 4 ans, il m’a amené un jour sur le terrain de Sézegnin et j’ai été subjugué. Parce que ça faisait du bruit, parce que ça bondissait. Mais comme il y avait des grands qui réussissaient des sauts impressionnants, je me souviens avoir eu peur.» Cela n’a rien changé: au Noël suivant, une petite Yamaha Pee Wee l’attendait au garage.

Priorité aux études

Désormais, ses copains ont pour noms Arnaud Tonus, William Kehrli et toute cette nouvelle génération qui perpétue l’œuvre formatrice du motocross club Les Meyrinos. Vice-champion Kid 65 derrière Tonus, Hugo Lopes goûtera ensuite aux 80 cm3, puis à la catégorie juniors 125. Mais alors que son pote entame la carrière que l’on sait, lui se lance dans les études. «J’ai levé le pied à 18 ans pour entamer ma formation d’instituteur. Très vite, la compétition m’a manqué. Alors, je suis revenu pour le plaisir, j’ai roulé en national et j’ai découvert d’autres choses.»

L’une de ces «choses», comme il dit, c’est l’enduro du Touquet. Et à nouveau, il croise le chemin des Tonus: «Je suis né en février. Charly Tonus, qui s’était fait une formidable réputation dans cette course unique par son ampleur – plus de 1000 partants! – me ramenait généralement comme cadeau d’anniversaire un T-shirt du Touquet. Et avec mon père, c’était une tradition, on ne ratait pas une image de cette épreuve; on n’oubliait pas plus une étape du Dakar.»

«La navigation, j’ai adoré»

La personnalité d’Hugo Lopes se dessine peu à peu. Trois fois au départ du Touquet – «Même si ce n’est plus le parcours d’antan, avec le fameux goulet et les dunes!» – il rêve de plus en plus du Dakar. «Avec un autre très bon ami, Julien Gertsch, on s’était dit: «Tope là, un jour, on y sera!» En 2013, nous sommes partis au Maroc, pour un raid sur les anciennes pistes du fameux rallye. Je découvrais le road book, la navigation, j’ai adoré.» Au retour de cette aventure, Julien Gertsch, brillant mécanicien, doit déchanter: un problème de santé l’oblige à renoncer. «Et en 2017, je me suis dit: «OK, ce n’est pas parce que Julien ne viendra pas que moi, je ne vais pas y aller.»

22e du rallye OiLibya, au Maroc, qui compte pour le championnat du monde, le Genevois a réussi le premier test. Le prochain est de taille: le Dakar, au Pérou, en janvier 2019. «C’est maintenant que le plus dur commence: rassembler le budget (40 000 francs; il possède déjà une KTM Rally Replica achetée d’occasion et qu’il va munir d’un moteur neuf), tout préparer, se préparer, bien sûr, sans oublier le boulot.» L’école. «J’aimerais que, d’une façon ou d’une autre, mes élèves profitent de mon aventure. C’est mon côté perfectionniste», sourit Monsieur l’instit, futur «dakardien» (ça, chers élèves, c’est un mot inventé).

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