Rick Nash: «Del Curto était fou, vraiment fou»

Hockey sur glaceLe double champion olympique, qui avait illuminé le HC Davos, a cessé sa carrière. Nous l’avons rencontré au Canada.

Rick Nash (à droite) à l'époque où il évoluait sous les ordres de l'entraîneur du HC Davos, Arno Del Curto (à gauche), qui l'a visiblement beaucoup marqué...

Rick Nash (à droite) à l'époque où il évoluait sous les ordres de l'entraîneur du HC Davos, Arno Del Curto (à gauche), qui l'a visiblement beaucoup marqué... Image: Keystone

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Remontons le temps. Nous sommes en septembre 2004. Cette année-là, la NHL se déclare en lock-out et, pour la première fois, des étoiles de la ligue professionnelle nord-américaine éclairent le championnat de LNA. Parmi elles, Rick Nash, attaquant prodige des Blue Jackets de Columbus, constitue un duo aussi diabolique qu’inoubliable avec Joe Thornton au HC Davos.

Alors âgé d’à peine 20 ans, le tout premier choix du repêchage de 2002 amasse 47 points en 44 matches de la saison régulière et guide le club grison au titre national, en plus de soulever la Coupe Spengler durant le temps des Fêtes. Huit ans plus tard, lors du deuxième conflit de travail en Amérique du Nord, il revient au HCD et obtient 17 points en 18 parties.

A 35 ans, l’Ontarien est aujourd’hui un hockeyeur retraité. Victime d’une commotion le 17 mars 2018 dans un duel contre Tampa Bay alors qu’il portait le maillot de Boston, il a été contraint de ranger ses patins et assume désormais le poste d’adjoint du directeur général des Blue Jackets. Récemment, dans le cadre de sa nouvelle mission, il observait un match entre le Canadien de Montréal et les Panthers de la Floride au Centre Bell et son visage s’est éclairé lorsqu’on a articulé le mot «Suisse».

«Quelques uns des meilleurs souvenirs de ma carrière proviennent de votre pays, lance-t-il, sans visiblement chercher à enjoliver la réalité. Je pense même que chaque joueur de NHL devrait avoir la chance de vivre une telle expérience.» Vraiment? «Oui, ici, beaucoup de gars ignorent à quel point le hockey pratiqué chez vous est excellent. Les joueurs sont rapides et leur technique est impressionnante.» Il enchaîne: «Et puis, il faut que tous les joueurs du monde soient un moins une fois baignés dans l’ambiance de vos patinoires. Tout ce bruit, tous ces chants, tous ces drapeaux: je n’imaginais pas qu’un stade pouvait être aussi festif et dégager de telles émotions.»

«Arno, c’est plus qu’un coach»

Davos, évidemment, c’était aussi Arno Del Curto, l’entraîneur qui avait gesticulé derrière le banc de la formation rhétique pendant plus de 22 saisons. «Arno, c’est plus qu’un coach, reprend Rick Nash. Durant toutes ces années, nous n’avons jamais cessé de nous parler et nous avons développé une vraie amitié. J’ai eu de la peine lorsqu’il a démissionné de son poste à Davos et quand sa mission aux Zurich Lions n’a pas produit les résultats escomptés.»

En parlant du personnage Del Curto, le Canadien rappelle le contexte de son premier passage en Suisse. «Je n’avais que 20 ans. A cet âge, un coach peut t’inspirer et Arno a produit cet effet sur moi. Il était fou, vraiment fou, dans le bon sens du terme. Mais, avec son énergie et ses émotions, il m’a permis de repousser mes limites.» Sérieux: «J’ai eu beaucoup d’entraîneurs et Arno est celui qui a été le plus important dans mon développement en tant que joueur et en tant qu’homme. Il était exigeant, mais il dégageait une telle passion et était tellement protecteur avec ses joueurs que, en retour, on ne pouvait pas faire autrement que tout donner sur la glace.»

Depuis que Del Curto a tourné la page des Zurich Lions, Rick Nash n’a plus composé son numéro. «Je le connais, il a besoin de temps pour prendre un break et se ressourcer. Mais, vous verrez, il va revenir.» On lui apprend qu’il distille quelques conseils à Loïc Burkhalter à La Chaux-de-Fonds. «Cela ne m’étonne pas. Il est comme ça, Arno, toujours prêt à aider les gens qu’il apprécie.»

«Mes enfants sont mes Coupes Stanley»

Rick Nash transpose. Il a aussi été confronté au vide lorsqu’il a annoncé sa retraite le 11 février 2019 avec un palmarès enviable (deux titres olympiques, un sacre de champion du monde, un trophée Maurice Richard remis au meilleur buteur de NHL, notamment). «Quand tout s’arrête, on a besoin de couper du milieu pendant un moment.»

Durant cette phase, l’ex-joueur de Columbus, des NY Rangers et de Boston a trouvé la force et l’énergie dans les yeux de ses trois enfants. «Il m’est arrivé de regretter de ne pas avoir gagner la Coupe Stanley, d’avoir perdu la finale de 2014. Mais, en fait, c’est faux car mes enfants sont mes Coupes Stanley.» Sa voix tremblote: «Après ma commotion, j’ai beaucoup réfléchi. J’aurais pu continuer. Mais quels étaient les risques? A quoi ma vie aurait ressemblé si j’avais contracté une nouvelle commotion? Je suis rapidement arrivé à la conclusion que j’avais accompli mon rêve de gosse en jouant durant 15 ans au plus haut niveau et que ma famille avait bien plus de valeur qu’un trophée.»

Créé: 12.02.2020, 12h12

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