L’équipe de Suisse est-elle capable de refaire le coup de 2018?

Hockey sur glaceTous les voyants sont au vert pour les vice-champions du monde en titre, qui entrent dans ces Mondiaux ce samedi face à l’Italie.

L’an dernier, l’équipe de Patrick Fischer avait laissé exploser sa joie après avoir éliminé le Canada en demi-finale.

L’an dernier, l’équipe de Patrick Fischer avait laissé exploser sa joie après avoir éliminé le Canada en demi-finale. Image: REUTERS

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Un statut à défendre, celui de vice-champion du monde. Une réputation à alimenter, celle de nation convoitant une place dans le top 6 mondial. Ce samedi à Bratislava face à l’Italie (12 h 15), l’équipe de Suisse entamera sa cinquième campagne internationale sous la direction de Patrick Fischer. Le bilan du Zougois est contrasté: deux tournois manqués (2015, 2016) et un autre prometteur (2017), une expédition bâclée aux JO en février 2018 avant l’inespérée médaille d’argent remportée au printemps dernier à Copenhague. Et cette année, en Slovaquie? Tous les voyants sont au vert.

Le sélectionneur, qui a reconduit 15 éléments déjà présents il y a une année en finale du championnat du monde, a mis sur pied une équipe dynamique, offensive et joueuse à laquelle sont venus se greffer deux jeunes hypertalentueux: Philipp Kurashev (19 ans) et Janis Moser (18 ans).

L’équipe de Suisse «cuvée 2019» – avec six Romands dans ses rangs – promet d’être rafraîchissante, audacieuse et ambitieuse. Mais sera-t-elle aussi performante que le groupe médaillé d’argent en 2018? Si la seule présence de Roman Josi et de Nico Hischier est source de grands espoirs, la sélection helvétique ne compte cette fois-ci «que» cinq renforts estampillés NHL, contre sept il y a tout juste douze mois. «Nous devons croire en nous. Nous voulons l’or», a dit Hischier en marge du tournoi. Voici ce qui plaide en faveur et en défaveur des Suisses.


Commentaire de Cyrill Pasche

Cette équipe, c’est de la dynamique

Que peut-on encore viser lorsque l’on vient de passer à deux doigts d’un titre mondial, comme ce fut le cas en 2018? Le titre mondial, bien sûr. Le groupe de Patrick Fischer, qui étrennera son statut de vice-champion du monde au cours des deux prochaines semaines en Slovaquie, est ambitieux mais doit tout de même rester prudent. Personne n’est dupe: si cette équipe – peut-être un peu moins forte qu’on ne l’imagine - possède le talent pour créer l’exploit, l’histoire récente de la sélection nous rappelle qu’elle peut tout aussi bien quitter la compétition après les quarts de finale. Avec elle, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre. C’est sans doute ce qui fait chaque année son charme, d’autant plus que la ligne entre le succès et l’échec est fine dans un format de compétition tel que celui d’un championnat du monde. Douze mois après l’argent de Copenhague, les attentes seront logiquement élevées à Bratislava. Autant que le résultat final, la manière importera, et les quatre premiers duels face aux «petites» nations (Italie, Lettonie, Autriche et Norvège) serviront de baromètre avant d’affronter les Suédois, les Russes et les Tchèques. Sept matches de poule au total pour décrocher un premier ticket, celui des quarts, c’est long. Mais c’est aussi le moment idéal pour développer une dynamique de groupe positive et irrésistible. Car en fin de compte, l’état d’esprit, la solidarité et le mental feront la différence lorsqu’il s’agira, en deuxième partie de tournoi, de remporter les matches à élimination directe qui peuvent mener la sélection helvétique au moins aussi haut qu’en 2013 et 2018.

Créé: 10.05.2019, 20h10

Ce qui parle en faveur de la Suisse

Un duo de format international

Leonardo Genoni, Reto Berra: le gardien du CP Berne, quintuple champion de Suisse, et celui de Fribourg-Gottéron forment un duo complémentaire et de format international. Les deux hommes ont l’habitude de travailler ensemble à un Mondial. Berra a joué un rôle en vue en 2013 sur la route de la finale à Stockholm, Genoni a guidé la Suisse vers l’argent l’année passée. Et puis, le sélectionneur pourra toujours faire appel au numéro 3, Robert Mayer. Le portier d’origine tchèque, capable du meilleur dans un bon soir, a été fantastique en play-off avec Genève-Servette.

La présence de Josi

Si l’on excepte l’épatant néophyte Janis Moser (18 ans, Bienne), l’arrière-garde helvétique a du vécu sur la scène internationale. Le défenseur du LHC Joël Genazzi dispute son troisième championnat du monde de rang, le deuxième aux côtés de Romain Loeffel (Lugano). Le duo Fora-Frick est reconduit après ses solides performances à Copenhague l’an dernier. Mais surtout, Patrick Fischer peut cette fois-ci compter sur Roman Josi depuis
le début de la compétition. Le capitaine des Nashville Predators, souvent arrivé en cours de route par le passé, modifie le visage de l’équipe.

L’avènement d’Hischier

Jamais la Suisse n’avait abordé un championnat du monde avec un joueur de centre aussi talentueux. La présence de Nico Hischier ouvre le champ du possible: le joueur des New Jersey Devils a démontré durant la phase de préparation qu’il évoluait dans une catégorie à part. Le Valaisan – déjà deux saisons de NHL à seulement 20 ans – sera la plaque tournante de l’offensive. L’avantage est qu’il sait tout faire: défendre, bonifier ses coéquipiers et marquer. La pression? Elle n’a jamais affecté le joueur drafté en première position par les Devils en 2017.

Ce qui parle en défaveur de la Suisse

Le manque de présence physique

Si la Suisse a fait de la vitesse son fonds de commerce, elle manque de poids et de grinta. L’absence de Nino Niederreiter et de Timo Meier (en demi-finale des play-off de NHL) ne saura être compensée. Ces deux joueurs avaient permis à la Suisse de bénéficier d’une présence physique devant les filets. En ce sens, l’arrivée de Sven Andrighetto (Colorado) tombe à pic. Enfin, l’importante position de centre n’offre que peu de garanties: le néophyte Philipp Kurashev (19 ans) et Christoph Bertschy (LHC), un ailier de formation, viennent compléter la «colonne vertébrale» de l’équipe.

La jeunesse des cadres

De nouveaux cadres sont appelés à prendre le leadership. Les regards se tourneront vers Hischier, mais le Valaisan, encore bien timide à seulement 20 ans, s’efforcera de guider le groupe par l’exemple sur la glace. Gaëtan Haas, immergé dans la «culture de la gagne» bernoise depuis deux ans déjà, devra lui aussi assumer un statut plus important. Si les «anciens», comme Josi, Diaz, Ambühl et Simon Moser, exerceront naturellement une autorité dans le vestiaire, d’autres, comme Fiala, Praplan, Hofmann ou Rod, devront servir de relais et endosser un rôle plus marqué sur la glace.

La pression du statut

L’histoire récente démontre que le plus dur n’est pas de remporter une médaille d’argent (comme en 2013 et en 2018), mais bien de confirmer dans la foulée. Au lendemain de la finale de Stockholm, la Suisse avait manqué la qualification pour les quarts en 2014 à Minsk. Gérer le poids des attentes n’a jamais été une spécialité helvétique. Si la seule présence de Roman Josi devrait garantir une place en quarts, c’est la manière avec laquelle la sélection de Patrick Fischer va aborder et gérer ses matches qui validera ou non son statut de vice-championne du monde.

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