Goran Bezina: «On doit tous élever notre niveau de jeu»

Hockey sur glaceLe défenseur, qui dispute un de ses meilleurs débuts de saison en grenat depuis longtemps, s'exprime avant les deux derbies du week-end dont le premier ce vendredi à Lausanne.

Goran Bezina (au centre) compte sur Jeremy Wick (à g.), Romain Loeffel et ses coéquipiers grenat pour rallumer la flamme dès ce vendredi à Lausanne.

Goran Bezina (au centre) compte sur Jeremy Wick (à g.), Romain Loeffel et ses coéquipiers grenat pour rallumer la flamme dès ce vendredi à Lausanne. Image: ERIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Comme un vin de qualité, il se bonifie avec l’âge. A 37 ans, avec quatre buts et quatre mentions d'aide en 21 matches, Goran Bezina dispute l’un de ses meilleurs débuts d’exercice depuis longtemps avec les Aigles. «Je me sens aussi bien sur la glace que l’an passé à Zagreb, sourit le défenseur. Que ce soit dans ma tête ou physiquement, cela n’a rien à voir avec mes deux dernières saisons avec Ge/Servette avant de partir en Croatie. C’est incomparable...»

Avec une moyenne de dix-huit minutes par match, l’ex-capitaine des Vernets ne cache pas qu’il se voit encore jouer quelques années encore ainsi. «Ce système de jeu, moins usant qu’un homme à homme, me convient bien, sourit le Valaisan, qui l’avait déjà assimilé en KHL. C’est la manière de jouer de beaucoup d’équipes dans cette ligue. Maintenant, il a fallu un peu l’adapter à notre championnat moins technique que là-bas. Depuis que Craig Woodcroft a simplifié notre jeu, cela va un peu mieux.» Reste que l’Aigle, 11e au classement, peine encore à décoller...

– Goran Bezina, lors de votre élimination de la Coupe de Suisse mardi à Davos, on a le sentiment qu’il manquait beaucoup d’émotion sur la glace. C’est aussi votre avis?

– Dans l’équipe, on en est tous conscients, oui. Il est clair qu’il manque des émotions. On cherche tous les jours des solutions pour rallumer la flamme, que ce soit dans le vestiaire, sur la glace ou sur le banc.

– A vrai dire, jouer contre Ge/Servette n’est plus une crainte pour vos adversaires...

– C’est juste. Jouer avec le puck, c’est bien, mais on devrait aussi se sacrifier plus physiquement et on ne le fait pas. Les meilleurs matches que nous avons livrés cette saison, c’est lorsqu’on évoluait avec des juniors! Parce que nous jouions la peur au ventre. On avait resserré notre jeu de peur de prendre une volée. Et depuis que les blessés sont revenus, on s’est tous un peu relâchés. Pourtant le coach nous avait prévenus de continuer de la même manière avec le retour des top joueurs. Mais on est tous retombé dans nos travers. Chacun compte sur l’autre pour faire le boulot. C’est cela notre problème. Comme celui de ne pas garder notre concentration durant soixante minutes. Et quand tu n’es pas en confiance, que tu encaisses un but, il suffit que l’adversaire mette de la pression, on panique et on arrête de jouer. On doute alors qu’on mène 2 à 0. On ne devrait pas!

– En vous rendant à Malley ce vendredi avant d'enchaîner un deuxième derby avec Fribourg ce samedi aux Vernets, vous avez l’occasion de mettre du feu dans votre jeu...

– Avec cinq matches en sept jours, c’est un peu le tournant de la saison! Si tu passes à travers les filets de cette période avec de bons résultats, t’es déjà pas mal au classement. Sinon, ce sera vraiment difficile de rattraper les équipes classées devant nous. Contre Lausanne, il y a eu deux bons matches aux Vernets. Et une partie dégueulasse à Malley où on avait encaissé huit buts. On doit se racheter par rapport à cette partie-là, mais cela va être compliqué. Avec le LHC on ne sait jamais. Comme ce Fribourg qui enchaîne les victoires. Ensuite, on va jouer à Zurich, à Ambri avant de recevoir Lugano. Dommage d'avoir laissé échapper bêtement six points à la maison contre Langnau, Kloten et Zoug, car on pourrait aborder cette série différemment. C’est à nouveau un manque d’émotion et des erreurs qui nous ont fait si mal. C’est d’autant plus regrettable que nous étions bien moralement et physiquement. A nous de retrouver notre jeu et repartir de plus belle pour éviter toujours ces mêmes discussions!

– Le fait que le club traverse une zone de turbulences vous influence-t-il dans le vestiaire et sur la glace?

– Non car cela fait maintenant trois ans qu’on en parle de ces problèmes financiers! On sait que nous sommes dans une phase de transition et que tout ne se passe pas de la meilleure des manières. Mais nous, on est payé pour jouer, c’est la seule chose que l’on peut faire. A nous peut-être de gagner pour que ce soit plus facile pour tout le monde!

– Avez-vous reçu votre salaire?

– Oui, on est tous payés!

– Quelle est l’ambiance dans le vestiaire?

– J’aimerais, par rapport à la situation, qu’elle soit moins bonne, que les gars soient fâchés, aient tous de la révolte! Même d’un autre côté ce n’est pas plus mal non plus de rester positif pour se sortir de cette situation...

– Avec un gros contingent comme le vôtre, il y a passablement de concurrence. Est-ce une bonne chose?

– Cela devrait être une bonne chose. Cela pousse un joueur pro à travailler davantage pour se retrouver dans l'alignement, à être meilleur. Moi aussi, au début je ne jouais pas beaucoup! Vukovic et Jacquemet se sont retrouvés dans les gradins. Mercier aussi. A nous de faire de bonnes performances pour gagner du temps de jeu et sa place.

– Avec Craig Woodcroft, cela se passe bien?

– En ce qui me concerne, oui. Je me sens bien, j’ai du plaisir sur la glace et cela se voit. Avec lui, la communication est plus facile. Son système de jeu permet de jouer au hockey. Maintenant, comme je l’ai déjà dit, on est tous conscients qu’on perd encore trop de pucks, qu’on doit se simplifier la vie sur la glace. On ne peut pas appliquer à la lettre ce qu’il veut vraiment parce que personne n’est encore au maximum de ses possibilités. On est tous en train de sous-performer! Avec les blessés, il y a eu beaucoup de changements de ligne, il manque de la cohésion. On aurait besoin de plusieurs matches pour que cela tourne vraiment. Notre power-play n’est pas bon, c'est vrai, le box play n'est plus aussi efficace qu’à l’époque. On doit tous élever notre niveau de jeu, les joueurs d’expérience en premier. Quand on prend un but, c’est à nous, les anciens, de réagir. On est payé pour ça. Et, surtout, il faut marquer. Des occasions, on s'en crée à chaque match pour s'imposer! A nous de tirer, tirer, tirer. On tergiverse beaucoup trop. Le hockey ce n’est pourtant pas plus compliqué.

A vérifier ce vendredi soir à Malley. Coup d'envoi à 19 h 45. (TDG)

Créé: 24.11.2017, 13h02

Articles en relation

Il était une voix aux Vernets, «Doudou» a rejoint d'autres étoiles

Hockey sur glace Ge/Servette était sa famille, toute sa vie. Michel Dumtschin, qui a été le speaker de toutes les catégories du club, s’en est allé à 70 ans. Plus...

À Davos, les Aigles ont fait contre mauvaise fortune bon cœur. Mais ça n’a pas suffi!

Hockey sur glace Les Servettiens, qui ont dominé durant vingt minutes avant de sombrer, sont éliminés de la Coupe. Plus...

«Avec Ge/Servette, on ne sait pas à quoi s’attendre…»

Le HC Davos de Félicien Du Bois reçoit les Aigles en quart de finale de la Coupe de Suisse. Un défi différent à relever. Plus...

LNA

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Schneider-Ammann s'en va
Plus...