«Entraîneur, j’ai toujours la même boule au ventre que lorsque j’étais joueur»

Hockey sur glaceAncien attaquant de Genève-Servette, Serge Aubin a hérité du costard de coach des Zurich Lions, grands favoris au titre national.

Après avoir entraîné Hambourg puis Vienne, Serge Aubin a succédé à Hans Kossmann aux commandes des Lions de Zurich, champions de Suisse en titre.

Après avoir entraîné Hambourg puis Vienne, Serge Aubin a succédé à Hans Kossmann aux commandes des Lions de Zurich, champions de Suisse en titre. Image: Keystone

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Et dire que le Québécois aurait dû être mêlé au bourbier de Kloten. Il y a deux ans, Serge Aubin était l’un des candidats à la banquette des banlieusards zurichois. Éconduit, il l’a échappé belle. Au moment où l’équipe de la Swiss Arena s’apprête à enchaîner les déplacements à Thurgovie ou Langenthal en Swiss League, le Canadien peaufine sa préparation à une semaine de la reprise. La rectitude de son parcours a de quoi impressionner. «Moi je ne suis pas surpris, coupe John Gobbi, son ancien coéquipier à Genève-Servette. On voyait déjà qu’il avait ça en lui. Avec son charisme, il est taillé pour ce poste.» Cinq ans après ses débuts comme entraîneur, voilà Serge Aubin (43 ans) catapulté à la tête d’un contingent richissime, pour lequel la défense du titre de champion est l’objectif minimal.

Même s’il a conscience qu’il faut prendre «match après match», comme le veut la formule éculée, Serge Aubin a déjà dans un coin de la tête le 28 septembre. Ce soir-là, son club se déplacera au bout du Léman pour rencontrer Genève-Servette. Celui qui a arpenté les couloirs des Vernets durant quatre saisons, entre 2005 et 2009, défiera l’un de ses mentors, Chris McSorley, pour une affiche qui ne manquera pas de piquant.

Serge Aubin, que ferez-vous le 28 septembre prochain?
Si vous me posez la question, c’est que nous jouerons aux Vernets?

Tout juste.
Je me réjouis. Ce sera une soirée spéciale. Depuis que je suis entraîneur, j’ai toujours la même boule au ventre que lorsque j’étais joueur. Ce n’est pas ce soir-là que cela changera.

Et Chris McSorley dans tout ça?
Ahhh… Chris (rires). C’est un entraîneur passionnant et passionné. Il le sera toujours. C’est ainsi qu’il fonctionne. J’ai suivi de loin les péripéties de Genève la saison dernière. Mais je suis content que Chris sera derrière le banc le 28 septembre.

Avez-vous modelé votre style en vous inspirant d’un technicien en particulier?
Je n’ai pas un nom précis. Tout au long de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer des coaches passionnants. Bob Hartley à Colorado et à Atlanta, ou encore Gérard Gallant, qui est aujourd’hui l’entraîneur de Las Vegas. J’ai appris de chacun mais j’essaie de faire les choses à ma manière.

En Suisse, on connaît Aubin le chasseur de buts. Mais à quoi ressemble Aubin le coach?
Il est fidèle au joueur. Et ce dernier était lui-même fidèle à l’homme que j’ai toujours souhaité être. On peut me ranger dans la catégorie des calmes. Cela ne veut pas dire que je ne sors jamais de mes gonds. Mais je crois avoir assez d’expérience pour gérer les situations avec du recul.

On est presque surpris de vous voir déjà à une telle place. L’êtes-vous aussi?
Je ne vois pas les choses ainsi. J’ai été pro durant 23 ans. Je ne suis donc pas là par hasard. Mais il est vrai que cela peut paraître prématuré, à 43 ans, d’avoir l’opportunité d’entraîner une organisation si prestigieuse.

Était-ce aisé d’endosser le costard de coach?
J’ai été contraint de mettre un terme à ma carrière pour des raisons médicales. Quatre opérations aux deux poignets m’y ont forcé. Dès lors, c’était assez clair que je voulais être entraîneur. Je baigne dans ce milieu depuis toujours et je ne me voyais pas le quitter ainsi.

Après la faillite de Hambourg, vous étiez sur les rangs à Kloten. Recalé, vous avez rebondi à Vienne avant de signer à Zurich. Le parcours a été fulgurant, non?
Disons que le destin a bien pris soin de moi (il sourit). Pour un entraîneur ou un joueur, une carrière tient à peu de chose. Le timing doit être optimal. J’ai l’impression qu’il l’a été jusqu’à présent. Je crois fermement que si l’on travaille de la bonne manière et avec un esprit ouvert, tout se passe naturellement.

Votre équipe possède un contingent ahurissant. La pression sera grande…
Chaque équipe doit penser à s’améliorer continuellement. Peu importe d’où elle part et où elle va. Nous possédons de belles individualités. Mais sans l’implication de chacun dans cette volonté de progresser, nous n’irons nulle part. C’est le message que j’essaie de faire passer depuis le premier jour.

Êtes-vous entendu?
On verra (rires). Plus sérieusement, je crois que je le suis. Mes joueurs savent qu’en talent pur ils peuvent rivaliser avec tout le monde et que la différence peut se faire chaque soir sur un exploit individuel. Les convaincre, du premier au dernier, des vertus de l’implication défensive, c’est mon vrai challenge. J’attends la même chose de chaque gars, qu’il patine durant quatre, sept ou vingt-deux minutes par match.

Mais les joueurs de quatrième ligne sont aux portes de l’équipe nationale. Cela peut engendrer des frustrations.
Je suis bien placé pour en parler. Lorsque j’évoluais en NHL, j’étais un joueur de devoir qui devait se contenter des miettes lors de certains matches. En Suisse, j’ai eu la chance, tant à Genève qu’à Fribourg, de me voir confier des responsabilités. Dans les deux cas, il faut être capable d’accepter le statut que le coach vous donne. Ici, le nom sur le maillot ne m’importe pas. Seule la capacité à se mettre au service du groupe comptera. C’est l’un de mes principes et je m’y tiendrai. (TDG)

Créé: 11.09.2018, 21h21

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