Haute intensité dans la durée, une nécessité pour Servette

FootballRencontre avec Mathieu Degrange, le préparateur physique des Grenat, avant le déplacement à Lucerne.

Le travail effectué avec Mathieu Degrange (au centre) a tenu une part importante dans la victoire de Servette face à YB.

Le travail effectué avec Mathieu Degrange (au centre) a tenu une part importante dans la victoire de Servette face à YB. Image: ERIC LAFARGUE

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À l’époque, le visage grave, l’entraîneur comptait les tours de terrain. Les ballons étaient amassés dans le rond central, ils n’étaient que la récompense de ce que l’on appelait le travail foncier, pour tromper l’ennui. Le ballon aujourd’hui est au cœur des exercices, rien ne se fait sans lui, ou presque, sur le terrain. Le mode de préparation a évolué, le physique est lié à la technique en mouvement dans un mariage logique. Comme toutes les équipes professionnelles, Servette le sait bien: la place accordée au préparateur physique moderne est importante, complémentaire surtout au travail décidé par l’entraîneur.

Joueurs «monitorés»

Les outils technologiques ne sont pas étrangers à cette évolution. Lors de chaque entraînement et lors de tous les matches, chaque joueur est «monitoré». Ses données physiologiques sont recueillies en direct pour être consultées, analysées, afin de savoir à quelle intensité il évolue, afin aussi de définir des axes de travail personnalisés, des plages de repos à observer durant la semaine, le cas échéant.

Au Servette FC, Mathieu Degrange a rejoint cette saison une cellule de préparation physique qui existait déjà. Aujourd’hui, ils sont trois: Mathieu donc, le responsable, mais aussi Anthony Garnier et Frédéric Dubrana. Dimanche dernier contre Young Boys, Servette a étouffé les Bernois, a imprimé un rythme et une intensité dans les engagements pour impressionner tout le monde et faire chuter le leader. Une performance pleine, sur la durée: le match référence en termes de résultat, bien sûr, mais davantage encore sur le plan de la prestation physique collective indispensable en Super League. C’est de cela que l’on parle avec Mathieu Degrange.

«Au haut niveau, on déstabilise un adversaire en étant capable de changer de rythme, donc en créant de la vitesse. De la vitesse physique, mais aussi technique. Il faut bien sûr de l’endurance, que nous travaillons de diverses manières. Mais sur le plan neuromusculaire, il faut également développer la puissance et la vitesse, cette force explosive qui est nécessaire. L’objectif, c’est de pouvoir répéter des efforts de haute intensité dans la durée, souvent, pendant un match.» C’est à l’entraînement que cela se prépare. Tout est mesuré. «Nous voulons une équipe qui s’entraîne à haute intensité, que l’on soit proche d’un match. Cela suppose donc des courses à grande vitesse, à répéter, et des choix techniques à effectuer, dans l’urgence.»

Si les Grenat ont fait tout juste dans ces domaines contre Young Boys, cela n’a pas toujours été le cas ces dernières semaines, avec des baisses de régime, de l’inconstance dans le contenu de ses matches. Pourquoi? «Parce qu’après la promotion, en plus de l’euphorie, il y avait encore des automatismes sur lesquels Servette pouvait s’appuyer, analyse le technicien. Mais ensuite, il y a eu des blessures, et un niveau supérieur à atteindre. Cela a demandé un peu de temps.»

Retour sur le match de dimanche passé, le brillant succès 3-0 sur YB. Pour mieux comprendre l’implication physique collective qui porte ses fruits. «En moyenne, les joueurs de Servette courent 114 kilomètres par match, ce qui représente entre 11 et 12 kilomètres par Servettien. Certains sont un peu au-dessus, d’autres en dessous. Mais contre Young Boys, il y a eu beaucoup de haute intensité, de sprints. Nous avions six joueurs à plus de 500 mètres au total courus en sprint pur, soit à 24 km/h ou plus. Six joueurs à ce niveau, c’est très bien, c’est une valeur très élevée. D’habitude, il n’y en a que deux ou trois.»

Plus difficile contre Lucerne?

C’est évidemment cet engagement collectif-là qui doit être l’objectif régulier des Grenat. Il est sans doute plus simple de créer de la vitesse contre des Bernois qui laissent des espaces parce qu’ils veulent eux aussi en trouver. Mais ce samedi, c’est face à un Lucerne plus compact qu’il faudra imprimer le même rythme, dans la durée, pour minimiser les temps faibles. «Oui, il faudra attaquer le peu d’espaces laissés libres, sourit Degrange. Nous voulons voir la même intensité que contre YB, avec le ballon, sans le ballon, pour améliorer les transitions.» Il n’y a plus qu’à vérifier tout ça samedi.


Des Grenat sous la loupe du préparateur

Mathieu Degrange, un Français de 41 ans d’Aix-les-Bains, vient de l’athlétisme (10’’6 sur 100 m). Après des études en physiologie du sport, il a enseigné à Macolin, a travaillé avec l’ASF, notamment avec Hansruedi Hasler pour le projet Futuro. Les meilleurs internationaux juniors, ceux qui avaient un potentiel pour l’équipe A, étaient repérés pour bénéficier d’un programme de développement personnalisé. «L’un des premiers jeunes de 17 ans dont je me suis occupé était Sébastien Wüthrich», s’amuse Degrange, qui l’a aujourd’hui retrouvé à Servette. Le préparateur est passé aussi par Sion, Bâle et a travaillé de 2010 à 2016 avec Ge/Servette.

À Servette depuis cet été, il couve ses joueurs. Et il en connaît les secrets. Alors il s’est prêté au jeu.

Qui est le Servettien le plus rapide? «Gaël Ondoua, même si cela peut surprendre, va très vite. Alex Schalk aussi.»

Qui est le plus endurant? «Micha Stevanovic, clairement. En fait, c’est un monstre. Il a des valeurs d’endurance de très haut niveau, même au niveau international.»

Qui couvre le plus de kilomètres? «Micha Stevanovic. Il est au-dessus des autres, il court en moyenne 12 à 13 kilomètres par match.»

Le plus technique à haute intensité, sous pression? «Cognat est très intéressant dans ce domaine, Wüthrich aussi. Et puis Cespedes également.» D.V.

Créé: 09.11.2019, 08h45

En direct du vestiaire

Le match
Lucerne - Servette, ce samedi à la Swissporarena (19 h).
Le contingent
Servette est privé de Schalk (dernier match de suspension). Et fera sans Kone ni Imeri (blessés)
Le contexte
Servette sort d’un beau succès sur YB. Lucerne reste sur une défaite contre Lugano. Les Grenat s’étaient imposés 1-0 lors du premier affrontement à Genève.
Le mot de Geiger:
«Nous voulons bien sûr reproduire notre prestation vue contre YB. Même si ce sera un autre contexte. À nous d’être intelligents et de trouver les bons équilibres.» D.V.

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