Tristan Scherwey: «On ne peut pas plaire à tout le monde»

Hockey sur glaceLes Genevois et les adversaires des Ours le détestent. Roi de la provoc, l’attaquant du CP Berne n’est pas un cadeau sur la glace.

Tristan Scherwey a fait craquer Daniel Winnik samedi aux Vernets. Le Servettien sera suspendu…

Tristan Scherwey a fait craquer Daniel Winnik samedi aux Vernets. Le Servettien sera suspendu…

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Quand il était à l’école, il aimait déjà «faire des crasses», comme lancer des gommes dans la classe ou mettre de l’encre sur les pantalons du professeur. «J’étais un peu le petit voyou, toujours à la limite», avait d’ailleurs avoué Tristan Scherwey en 2013, avec son franc-parler, à «La Liberté».

Aujourd’hui, il lui arrive d’enrouler le jean d’un coéquipier dans de la toile isolante ou de lui vider son déodorant: il n’y a que les araignées qui lui font peur, sinon, rien ne l’effraie. C’est avec le tricot des Ours, qu’il porte depuis 2007, que cet ailier si vif et si fort cherche désormais des crosses à ses adversaires. Jouer contre lui n’est jamais un cadeau.

Une fois des patins aux pieds, cet homme pourtant si attachant dans la vie de tous les jours se métamorphose. «Il nous amorce systématiquement tout le long d’un match, sautille, s’accroche à votre maillot, insulte, frappe, c’est insupportable», témoignait un Servettien ce samedi, après que Berne eut repris l’avantage de la patinoire. C’est désormais 2 à 2 dans la série.

Le No 10 des Ours, qui a de nouveau été brillant sur la glace, en faisant notamment craquer Daniel Winnik (qui sera suspendu ce mardi), a quitté l’arène des Vernets sous les sifflets, le sentiment du devoir accompli. Provoquer quitte à se faire huer, il adore ça.

Tristan Scherwey, c’est un peu Dr Jekyll et M. Hyde, un gars plutôt sympa en dehors de la glace mais détesté par tous les Genevois et adversaires du SCB. Comment le vivez-vous?

Avec les saisons qui s’enchaînent, je suis habitué. On ne peut pas plaire à tout le monde. On joue pour une équipe et le maillot du club qu’on aime plus que tout. À Genève, il y a aussi des joueurs détestés par les fans de Berne, c’est normal. Il en faut des provocateurs comme moi dans une équipe…

Vous venez de signer un contrat jusqu’en 2027 avec Berne. Pourquoi cet attachement aux Ours?

Parce que je me sens extrêmement bien à Berne. Je suis fier et heureux que ce grand club m’ait permis de signer un aussi long contrat. C’est quelque chose que je voulais. J’ai envie de travailler dur chaque saison pour les Ours et de revivre de bons moments ici. J’ai remporté quatre titres ici. J’en aimerais encore plus si possible…

Jeudi passé, quand Genève, revenu de 0-2 à 2-2, a marqué le but victorieux à la 96e, avez-vous commencé à douter?

Il est évident que lorsque tu encaisses un but après un match aussi long, cela fait mal. On était tous très déçus, on joue au hockey pour gagner. En face, les Genevois avaient les jambes aussi lourdes que nous, mais cette victoire leur a donné de la motivation et du pouvoir. On s’est alors tous revus le lendemain pour analyser nos erreurs. On savait que ce quatrième acte de samedi serait très important. Cela n’a pas été le meilleur match de la série mais à la fin, en play-off, il n’y a que la victoire qui compte. Et puis cette fois-ci on a réussi à tenir notre avantage de deux buts jusqu’au bout.

Quand le premier affronte le huitième, y a-t-il inévitablement un excès de confiance avant une série?

Non, au contraire. Genève s’est qualifié pour les play-off en montrant le hockey qu’il fallait pour être du bon côté de la barre. Au vu de ses dernières parties, c’était l’une des équipes les plus dangereuses à affronter. On savait que cette Ligue serait serrée, Genève le prouve encore maintenant. Pour un joueur, c’est intéressant, pour le public aussi, et on va continuer comme ça. Après avoir dominé la saison régulière, on a eu le sentiment qu’il a été compliqué de vous remettre en mode play-off…

Il est vrai qu’on s’est qualifié assez tôt pour les play-off, mais quand tu joues contre des formations qui travaillent pour chaque point, j’ai le sentiment qu’on a bien géré ces matches-là. À la fin, il nous a peut-être manqué cette niaque que Genève avait dès le début. C’est certainement ça qui a fait un peu la différence. Mais maintenant, j’espère qu’on est bien entré dans cette série et qu’on va poursuivre ainsi.

À quel genre de match vous attendez-vous ce mardi?

On ne sait pas ce qui va arriver ce mardi mais le plus important c’est de pouvoir influencer ce qui peut l’être, comme se régénérer, recharger les batteries et analyser ce qu’il faut améliorer. Je m’attends à une série très longue encore. Les play-off, c’est le plus beau moment d’un hockeyeur. On aura tous ça en tête en entrant sur la patinoire ce mardi. On a envie de gagner cette fois-ci à la maison. Et là, je suis convaincu que nous serons prêts.

Créé: 18.03.2019, 18h22

Avant-match

Berne, PostFinance Arena (mardi, 20 h)

L’équipe

Bouma, Wick, Vukovic, Almond, Douay et Tömmernes sont blessés. Winnik et Wingels sont suspendus. Retour de Martinsson et Dufner en défense.

Suspension

C’était attendu par le staff de Ge/Servette, il n’a pas été «déçu». «Wingels? Il va prendre deux matches et sera de retour jeudi soir aux Vernets.» Ainsi pariait Louis Matte lundi à la mi-journée avant de recevoir le courrier de la Ligue. Le buteur des Aigles a donc écopé d’un deuxième match après celui qui a déjà été purgé samedi. Le club ne fera pas recours et se plie à la décision.

G.SZ

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