Les Servettiens vont devoir battre cette femme

Hockey sur glaceC’est Sophie Anthamatten qui va défendre la cage du HC Saastal, ce mercredi à Viège, contre Ge/Servette en Coupe de Suisse.

Sophie Anthamatten n'a aucune crainte: elle est prête à défier les Aigles.

Sophie Anthamatten n'a aucune crainte: elle est prête à défier les Aigles. Image: SEDRIK NEMETH

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Lorsque, il y a trois semaines, faute de combattants, le HC Villars a été contraint de se retirer de la compétition, la mort dans l’âme, il y a eu des cris de joie du côté de Saastal. Qu’on se comprenne bien: dans la région du Fletschhorn, on ne s’est pas réjoui de la disparition des Vaudois, au contraire. Mais si on a jubilé dans le vestiaire, c’est bien parce que le malheur des uns a fait surtout le bonheur des Haut-Valaisans.

Le sort a en effet offert au Petit Poucet de première ligue l’honneur d’escalader une montagne en affrontant, ce mercredi soir, Ge/Servette en Coupe de Suisse. Une première pour ces amateurs de défier des joueurs de National League qu’ils voient habituellement à la télévision. «C’est plutôt cool pour notre club», sourit Sophie Anthamatten, lundi matin à la Lonza Arena, dans ce nouveau petit bijou du HC Viège qu’elle s’apprête à découvrir depuis la glace une fois qu’elle aura chaussé ses patins.

C’est en effet une femme de 28 ans qui se trouvera devant la cage des Haut-Valaisans au milieu de la zone de tir des Genevois ce mercredi. «C’est une chose incroyable qui ne t’arrive qu’une seule fois dans la vie et il va falloir profiter de cette belle expérience.» De quoi saliver déjà.

«J’adore les challenges»

Dans le hall de cette patinoire flambant neuve, Flatschi, le labrador de 4 mois et demi de la gardienne, se régale tout autant en faisant le ménage autour des nombreux câbles encore en plan. «On aurait bien voulu jouer chez nous, mais ce n’était pas possible car on est en train de refaire notre patinoire cette semaine, renchérit la joueuse. Mais c’est aussi une chance de pouvoir évoluer ici.» Ici, c’est une superbe arène de cinq mille places, qui va accueillir une reine pas du tout effrayée par ce qui l’attend. «Je suis consciente qu’ils vont tirer plus fort et de manière plus précise que normalement, mais j’adore les challenges et cela ne sera que du plaisir!»

Cela fait depuis plus de vingt ans maintenant que Sophie Anthamatten en prend, du plaisir, devant ses filets, depuis que le Père Noël lui a posé l’équipement complet de gardienne de hockey sous le sapin. «C’est la grande passion de ma vie, avoue cette ancienne internationale, médaillée de bronze à Sotchi, plus de 200 matches de première ligue masculine à son compteur. Toute jeune, je rêvais de jouer une fois en LNB, avec Viège, mais je pense que la quatrième division est déjà un bon niveau pour moi.»

Toujours pour gagner

C’est aussi l’avis de son ami, l’ancien goalie Martin Zerzuben, son ex-entraîneur. «Elle a démontré depuis des années qu’elle sait bien lire le jeu et qu’elle est très, très rapide. Pour beaucoup dans le milieu, elle est un des meilleurs derniers remparts de la ligue. Elle a tout pour évoluer à ce niveau. Mais, précise celui qui est désormais chef sportif du HC Saastal et directeur du mouvement jeunesse de Viège, il est évident qu’elle n’a pas la même force, le physique et la taille des hommes. C’est ce qui fait la différence à l’échelon supérieur.»

Il est loin le temps où ses adversaires pouffaient quand ils apercevaient sa tignasse châtain clair dépasser de son casque. «Tout le monde se connaît aujourd’hui et on en rigole», se marre cette ancienne joueuse du HC Ladies Lugano, qui a fêté là-bas, entre 2013 et 2016, deux titres de championne, mais qui préfère jouer avec les hommes.

Maintenant, dans un soir de grâce où tout lui réussit, l’exploit n’est pas un vain mot. «Lorsque j’entre sur la glace, c’est toujours pour gagner, poursuit cette fille ambitieuse. Il suffirait que notre adversaire nous prenne de haut et après on ne sait jamais.» Il y a déjà plein d’étoiles dans ses yeux bleus.

Quand Sophie Anthamatten se fixe un «but», c’est souvent elle qui tire la première. Une chose est sûre, celle qui s’occupe aussi avec son compagnon de l’entreprise Fletschi Management, à Saas-Grund, va avoir du travail plein les mitaines. «Avec trois ligues d’écart, Ge/Servette risque d’être souvent dans notre zone, redoute Sophie. Mais on a une équipe jeune et plus forte que l’an passé. Avec notre état d’esprit où chacun se bat pour l’autre, on va essayer de résister le plus longtemps possible.» Et de rappeler que Davos avait été éliminé par Dübendorf, formation de première ligue, en 2015.

De ce match-là, de ce soir de gala, elle en a toujours rêvé, il va devenir réalité. Grâce à Villars…


Noah Rod: «C’est une très bonne gardienne»

Couché sur la table de massage, Noah Rod se montrait perplexe après l’indigente prestation des Aigles vendredi passé aux Vernets face à Düsseldorf. «Il y a eu quelques bons passages, cinq minutes par-ci par-là, mais il en faudra plus pour se comporter comme une équipe de LNA.»

Du coup, à quarante-huit heures du début du championnat, les Grenat ne peuvent pas se permettre de sous-estimer ce match de Coupe contre Saastal. Ni manquer de respect à Sophie Anthamatten. «C’est une très bonne gardienne, prévient l’attaquant, qui la connaît de réputation. De toute manière, dans ce sport, il y a la place pour les deux sexes, on l’a vu lors des derniers All Stars, où une fille patinait plus vite que 95% des joueurs de NHL.» Pas question pour lui de contenir sa force s’il devait se retrouver en face d’elle. «Elle mérite sa place dans la cage et on ne doit pas la prendre à la légère, c’est clair.»

Pour Pat Emond, qui ignorait ce détail, «cela va être une motivation supplémentaire pour les joueurs de marquer». C.MA.

Créé: 10.09.2019, 19h16

Power-play

L'affiche: Ge/Servette se rend ce mercredi soir à Viège, à la Lonza Arena, pour y affronter Saastal dans le cadre du premier tour de la Coupe de Suisse. Coup d'envoi à 20 heures.

L’info

Les quatre étrangers de Ge/Servette, à savoir Henrik Tömmernes, Tommy Wingels, Eric Fehr et Daniel Winnik, seront probablement ménagés, deux jours avant de se rendre à Langnau pour le premier match du championnat. Arnaud Jacquemet devrait être aussi laissé au repos. Le coach n’a pas encore choisi son gardien entre Robert Mayer et Gauthier Descloux.

La phrase de Patrick Emond

«On va prendre ce match au sérieux, il est important de se mettre bien dedans et en confiance à 48 heures du début du championnat.»

C.MA.

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