Noah Rod n’aime pas l’été, alors pour patienter, il s’entraîne dur!

Ces sportifs genevois qui préparent les JO d’hiver (5/6) L’attaquant de Ge/Servette a le hockey dans le sang. Quand la pause estivale le prive de glace, il met les bouchées doubles pour tuer le temps. Et rêver tout haut des Jeux olympiques.

En été, Noah Rod, orphelin des montées d’adrénaline propres à la compétition, s’entraîne deux fois par jour, en travaillant la force, la vitesse, le fond.

En été, Noah Rod, orphelin des montées d’adrénaline propres à la compétition, s’entraîne deux fois par jour, en travaillant la force, la vitesse, le fond. Image: LAURENT GUIRAUD

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C’est la torture du hockeyeur: pas de glace durant l’été. Ou presque. Un cornet, peut-être; deux boules, pourquoi pas. Mais pas de vraie glace, celle sur laquelle on glisse avec ses patins, celle que les deux lames aiguisées griffent joyeusement. Non, quand ces moments-là s’effacent, le temps se tord et Noah Rod avec. On ne sait pas trop s’il compte les jours à la manière d’un bagnard, raclant les murs pour y graver sa peine, mais il y a un peu de ça.

«Le seul avantage de l’été, c’est de pouvoir passer plus de temps avec ma famille et ma copine, lance l’attaquant des Aigles. Mais franchement, après les deux premières semaines de pause, je m’ennuie. J’ai bien sûr un programme personnel que mon préparateur Michel Molly a mis au point. Je m’entraîne deux fois par jour, en travaillant la force, la vitesse, le fond. Je préfère bien sûr être sur la glace que dans la salle de force, mais c’est un passage obligé en attendant…»

Orphelin de ces montées d’adrénaline propres à la compétition, Noah Rod ne laisse donc rien au hasard. On pourrait croire que le championnat inscrit son rythme dans la sévérité, avec un régime alimentaire propre à supporter la répétition des matches, mais c’est tout le contraire.

«En réalité, c’est durant l’été que je fais le plus attention à ce que je mange, assure-t-il. En hiver, justement parce que les rencontres se répètent, on a besoin de calories, alors on peut tout se permettre puisqu’on les dépense. Mais pendant la pause, c’est autre chose. Pas de féculent le soir, de la salade même si je ne suis pas un gros herbivore. Pas d’alcool, peu de sorties. Oui, il faut faire quelques sacrifices.»

Le goût du sacrifice, c’est l’autre tropisme qui sculpte le mental du sportif de haut niveau. Il faut imaginer Noah ado, déclinant cette invitation à cette fameuse soirée géniale qui se terminera forcément un peu tard. Epicure, le vrai et pas son image dévoyée, n’est pas loin dans cette économie du plaisir ponctuel pour un bonheur ultérieur. «Certains ne comprennent pas toujours, sourit-il. Moi, je sais les objectifs que je me suis fixés: aller le plus loin possible dans mon sport, être la meilleure version de moi-même dans ce domaine. Une sortie, c’est quoi, dans le fond? Un McDo que je m’offrirais, oui, et alors? Pourquoi ferais-je ça? Je suis d’accord de m’ôter ces petits plaisirs-là pour en avoir de plus grands après, en jouant et en m’étant donné toutes les chances de bien jouer, justement.»

Le test avec les Sharks de San Jose

Les fruits, il les récolte aujourd’hui déjà. Noah Rod n’a que 21 ans, il ne faut pas l’oublier, mais il attire déjà depuis longtemps bien des regards sur lui. Il vient d’ailleurs de s’engager pour trois ans avec les Sharks de San Jose, le club qui l’avait repêché au deuxième tour de la draft 2014. Il y a déjà fait un stage après sa saison avec Genève-Servette. Il va y retourner en septembre. Une perte pour les Aigles? Seulement si les Sharks le gardent pour la NHL après le camp. Ce serait alors une immense fierté pour le club genevois que d’avoir formé un jeune joueur prêt à être aligné dans le meilleur championnat du monde. Mais si San Jose ne le retient pas pour la NHL, alors Noah Rod reviendra à Genève.

«C’est prévu ainsi, confirme le joueur. Cela a été un peu compliqué à négocier, mais c’était l’objectif. Chris McSorley ne souhaitait pas que je sois basculé en AHL si les Sharks ne me prenaient pas. C’est bien ainsi. La LNA, c’est mieux pour poursuivre mon développement. Alors on verra bien. De toute façon, si par hasard je ne suis pas pris, je ne serai pas déçu de revenir jouer avec les Aigles.»

Les Jeux olympiques, l’autre rêve

Une première partie de son rêve se dessine là, avec ce test pour évoluer en NHL. Mais les rêves se conjuguent au pluriel dans la tête du joueur. Et les Jeux olympiques 2018 y ont toute leur place. «J’ai eu la chance de participer aux championnats du monde des M17, à l’époque, lance Noah. C’est l’un des plus beaux tournois auxquels j’ai participé. Alors oui, bien sûr que porter le maillot de l’équipe de Suisse A fait partie de mes rêves. Si j’y pense déjà? Oui et non. Disons que je me concentre sur le présent et que cette idée des JO avec la Suisse trotte un peu dans ma tête. Je vais tout donner pour faire partie de l’aventure, bien sûr. En fait, mes rêves en hockey sont faciles à résumer: jouer en NHL et être champion, participer aux JO avec la Suisse. Un mélange de tout ça fait mon bonheur.»

En attendant, Noah Rod se donne les moyens de ses ambitions. En soulevant de la fonte?et en s’entraînant tout l’été. En ne se concentrant que sur ses objectifs d’excellence, avec l’appétit d’un affamé. C’est une douce torture qu’il s’impose volontiers. Parce qu’il sait bien qu’après ce purgatoire estival, il aura triple dose de glace. C’est aussi une idée du bonheur. La sienne.

(TDG)

Créé: 10.08.2017, 19h25

Son plus beau souvenir estival: «La draft de 2014, quand j’ai été repêché par les Sharks»

Quel est votre plaisir estival?

Le temps que je peux passer avec ma famille et ma copine. Parce que durant la saison, je suis bien moins disponible

Quel est votre plaisir hivernal?

Me lever pour aller m’entraîner, jouer, gagner au hockey sur glace. J’aime tellement ça.

Quel est votre lieu préféré en été?

La Thaïlande. J’y suis déjà allé à deux reprises. Les paysages, les gens, la culture: tout est magnifique et c’est parfait pour débrancher la prise.

Quel est votre lieu préféré en hiver?

Les Vernets. C’est un peu ma deuxième maison, j’y passe presque plus de temps que chez moi durant le championnat.

Quel est votre plat préféré en été?

La paella. Ma mère est Espagnole, elle fait d’ailleurs une très bonne paella. Mais la meilleure du monde, c’est celle de ma grand-mère.

Quel est votre plat préféré en hiver?

Une fondue. Bon, nous devons faire un peu attention. Il ne faut pas en manger trop souvent. Pas avant les matches en tout cas… Alors quand je peux en prendre une, je savoure.

Quelle est votre galère estivale?

La chaleur lors des entraînements. Quand il fait 32 degrés, tu as l’impression de respirer de l’air chaud. Je préfère quand il fait froid.

Quelle est votre galère hivernale?

Gratter les vitres de ma voiture le matin avant de partir. J’ai pourtant une application sur mon portable qui me permet d’allumer le chauffage de ma voiture quelques minutes avant de sortir. Mais j’oublie toujours…

Quel est votre plus beau souvenir estival?

La draft de 2014, quand j’ai été repêché au second tour par les Sharks.

Quel est votre plus beau souvenir hivernal?

La Coupe Spengler remportée avec Genève-Servette en décembre 2013. C’est un rêve de gosse qui se réalisait, moi qui regardais systématiquement ce tournoi quand j’étais gamin. D.V.

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