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Goran Bezina se met en quarantaine avec un bateau

Le défenseur du HC Sierre a trouvé un moyen original de s'occuper.

Goran Bezina ne croise plus personne aujourd'hui. A part sa famille et son bateau...
Goran Bezina ne croise plus personne aujourd'hui. A part sa famille et son bateau...
OLIVIER ALLENSPACH/ARCHIVES

Il y a un an, au premier jour du printemps, il avait joué le match le plus long de l’histoire du hockey suisse, Berne s’imposant à Genève en quart de finale des play-off, lors de la troisième prolongation, à 0 h 56. On jouait la 118e minute d’une partie irréelle, inoubliable.

Ce soir-là, Goran Bezina avait fêté ses 39 ans sur la patinoire avec un maillot grenat sur les épaules. Il s’agissait de sa dernière rencontre aux Vernets, au plus haut niveau, avant qu’il n’entame une nouvelle aventure en Valais avec le HC Sierre. «A vrai dire, je n’y repense pas trop à ce match, surtout pas maintenant, là on a d’autres choses à penser qu’au hockey...»

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Le hockey mis en... quarantaine

Comme tous les autres joueurs du pays, le défenseur de Graben est en «stand by», chez lui, alors qu’il vient de franchir le cap de la quarantaine. «Je viens en effet de fêter une deuxième fois mes vingt ans, enfin quand je dis fêter, on était avec mon frère, son fils, le mien à la maison où on a juste partagé un bon repas, mais sans rien de spécial. J’ai 40 ans mais je me sens toujours jeune, en bonne forme. Il faut...»

De quoi envisager une année de plus sur la glace. «Il y a en effet de bonnes chances pour que je reparte pour une saison. J’ai toujours du plaisir et les dirigeants de Sierre veulent que je reste. Pour l’instant il n’y a rien de fait mais on en saura plus d’ici un mois.» En contact avec Ge/Servette, l’ex-capitaine des Aigles pourrait se voir confier une mission par le club grenat. «Là, les discussions sont encore au point mort, surtout depuis que le coronavirus a bloqué la saison. Il va y avoir des pertes et des sponsors qui risquent de se retirer, il va forcément y avoir des répercussions sur la situation financière.» Le hockey attendra.

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Papa, le p'tit bateau qui va sur l'eau...

Ce n’est pas pour autant que Goran Bezina va se mettre à tourner en rond chez lui en attendant que ça passe. Ce n’est pas son genre. Du coup, il rénove un bateau à moteur de onze mètres. «Mon frère Toni et mon petit Nicolas viennent avec moi et ils m’aident tous les jours à le repeindre, cela nous occupe. On sort de la maison et on va au hangar, on ne voit personne d’autre. Il sera bleu foncé et blanc, pas grenat et jaune ce ne serait pas beau. On est à bout touchant, il ne reste plus qu’à réviser le moteur et il sera prêt. J’espère qu’on pourra en profiter un jour...»

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Une famille séparée par le virus

Sinon, entre deux coups de pinceau, Goran et son fiston vont courir au bord du lac ou font ensemble les devoirs, quand ils ne jouent pas à la PlayStation. Alors que sa fille Anna est avec sa mère, sa compagne actuelle et son garçon se trouvent actuellement en Bosnie. «Cela fait quatre semaines maintenant que nous sommes séparés par la force des choses. Pour l’instant il ne serait pas prudent de les faire revenir ou que j’aille moi les chercher. Il faut rester patient et être responsable pour protéger tout le monde. S’isoler, c’est le seul moyen de gagner ce match contre le virus. En voyant ce qui se passe en Chine, il y a quand même un espoir.»

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Et un tremblement de terre...

Alors que la crise du Covid-19 sévit dans le monde entier, un tremblement de terre s’est également produit à Zagreb, en Croatie, son pays d’origine. «Il y en a eu trois gros, mais une trentaine d’autres un peu plus petits, raconte Goran Bezina, un peu inquiet, forcément. Là, ça tremble encore. Mais j’ai parlé avec des gens, des amis que j’ai là-bas, les personnes s’entraident énormément et le gouvernement a pris de bonnes mesures, il n’y a pas de quoi trop paniquer. Pour l’instant, il n’y a pas eu de mort à cause du virus. Et comme tout le monde se trouvait à l’intérieur, il n’y a qu’une fille qui a été touchée par le tremblement et peu de blessés.»

Sa famille est à Split et sa petite amie en Bosnie, où ils sont tous confinés. «C'est le seul moyen pour éviter d’être hospitalisés où il y a peu de respirateurs. Ce qui se passe actuellement partout dans le monde, montre qu’il y a une autre façon de vivre. Il y a des choses plus importantes que la surconsommation. Cette crise n’est finalement pas une mauvaise choser pour faire réfléchir les gens, pour qu’on ouvre les yeux.»

Alors oui, ce match du 22 mars 2019 semble déjà tellement loin...

Christian Maillard

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