À Genève-Servette, depuis début janvier, c’est devenu l’an Fehr

Hockey sur glaceTrois buts jeudi passé et deux samedi à Berne: avant le derby de jeudi aux Vernets, le LHC est prévenu, le Canadien est l’homme en forme des Aigles.

Eric Fehr a trouvé ses marques à Genève, au sein d’une équipe qui ne doute de rien.

Eric Fehr a trouvé ses marques à Genève, au sein d’une équipe qui ne doute de rien. Image: LAURENT GUIRAUD

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Depuis que la NHL lui a mis la bague au doigt, qu’il a remporté la si convoitée Coupe Stanley, ce n’est plus tout à fait le même homme. Eric Fehr fait partie de ces joueurs de hockey qui ont eu le privilège de réaliser un rêve d’enfance, de grimper avec les Pittsburgh Penguins sur le toit du monde. C’était lors de la saison 2015-2016 et le Canadien n’est pas près de l’oublier.

Depuis cinq mois, c’est à Genève, avec les Aigles, qu’il travaille fort pour revivre d’aussi belles émotions dans une ville, un pays, une équipe, qu’il adore. «Une fois que tu arrives en play-off, toutes les équipes ont une chance de remporter le titre, tu dois juste avoir de la chance», sourit ce vétéran de 34ans qui a déjà remporté dans notre pays la Coupe Spengler entre Noël et Nouvel-An avec ses compatriotes. Lui qui a également porté durant ses 722matches en NHL les chandails de Washington, Toronto, San José et Minnesota a déménagé en Suisse pour relever de nouveaux défis. «Mais je n’ai pas été surpris que le niveau soit aussi élevé, c’est pour cela que je voulais venir ici…» Il est comblé.

Ravages devant les cages

Un Fehr forgé dans un gant de velours? Patrick Emond, son coach, ne le regrette pas et sourit. «C’est quelqu’un qu’on est content d’avoir avec nous, il amène une belle expérience, toujours à fond, apprécie le Québécois. S’il a dû s’adapter au jeu européen, il l’a bien fait, devenant un élément important pour nous que ce soit offensivement ou défensivement.»

Depuis début janvier ce joueur de centre, qui brille autour de Daniel Winnik et Marco Miranda en première ligne, n’en finit pas de faire trembler les filets lors de ses dernières sorties. Avec douze points en 2020, c’est l’an Fehr! Surtout pour les défenses adverses. Trois buts jeudi contre Zurich (le premier hat-trick de sa carrière!), deux à Berne et combien jeudi contre le LHC aux Vernets? «J’adore me positionner devant le but adverse pour contrôler le puck ou faire de la place pour mes coéquipiers, lâche ce joueur physique qui aime donner des charges. Je suis surtout quelqu’un que les adversaires n’ont pas envie d’affronter.» Avec des bras tentaculaires, à rallonge, sa canne fait souvent des ravages devant les cages, de quoi se faire respecter sur la glace et dans le vestiaire. Avec son expérience, ce grand gaillard de 193cm, qui a côtoyé notamment Sydney Crosby, est très apprécié et écouté. «Il a tout de même été capitaine en NHL, de quoi avoir de grandes qualités de leader», se réjouit Pat Emond. Une chance pour lui de pouvoir compter sur un étranger aussi performant, comme Tommy Wingels, Daniel Winnik et Henrik Tömmernes d’ailleurs, ce quatuor étant complémentaire et très efficace.

«Avec ma femme, Rachel, ainsi que mes trois enfants, Elisabeth (7 ans), Benjamin (3ans) et Théodore (12mois), on se plaît énormément ici, renchérit le Canadien qui apprécie passer du bon temps au pied du Jet d’eau avec sa petite famille. J’aime ce Ge/Servette et j’ai vraiment envie de rester une saison de plus.» Il ne lui reste plus qu’à signer une prolongation de contrat dans un club où le mélange entre les anciens et ces gamins qui ne doutent de rien fait merveille. «Si tu crois que tu peux gagner, tu peux gagner, sourit Eric, qui est le premier à faire des blagues dans le vestiaire. Il y a une ambiance exceptionnelle qui me permet de rester jeune. Si vous me voyiez avec tous ces mômes, vous ne penseriez jamais que j’ai plus de 30ans.»

«Ils en verront d’autres»

Alors que son petit Benjamin a commencé à jouer avec une canne et des balles dans le salon, Eric Fehr gère sa fondation qui s’occupe de récolter des fonds pour lutter contre le harcèlement à l’école. Il a même publié un livre sur ce fléau en 2014 où il raconte l’histoire du plus méchant des bulldozers. Celui que l’on surnomme «Franck» en hommage à son père joue aussi volontiers au golf avec son frère. Cela lui permet d’oublier une mauvaise soirée où la tête tourne après en avoir encaissé neuf, à domicile, par exemple. «Marquer six buts et m’incliner, cela ne m’était plus arrivé depuis que j’évoluais avec les Washington Capitals», se marre ce grand pro qui ne rechignera jamais à se coucher sur un puck ou remettre ses jeunes coéquipiers dans la bonne direction. «Quand on perd un match, comme contre Zurich 9 -6, je leur dis juste que ce n’est pas la fin du monde, qu’ils en verront d’autres…»

Et d’éclater de rire: «J’ignorais que mon nom signifiait en français que j’étais quelque chose de solide!» Comme ce Lausanne HC qui sera aux Vernets ce jeudi soir et sa bague qui dort dans un coffre outre-Atlantique…

Créé: 28.01.2020, 20h00

Eric Fehr

Né le 7 septembre 1985 à
Winkler, Manitoba (CAN).

Marié à Rachel, père de
trois enfants: Elisabeth (7), Benjamin (3) et Théodore (12 mois).

Taille: 193 cm.

Poids: 94 kg.

Clubs en NHL:
Washington (2005-2011/2012-15), Winnipeg (2011-12), Pittsburgh (2015-17),
Toronto (2017-18), San José
(2017-18), Minnesota (2018-19).

Ge/Servette: Depuis 2019,
40 matches. 15 buts, 16 assists.

Palmarès: Vainqueur de la
Coupe Stanley avec Pittsburgh Pengouins (2015-16) et de la Coupe Spengler (2019).

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