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Hockey sur glaceFin de saison: florilège de réactions

Les clubs romands de National et Swiss League ont pris acte de la décision d'arrêter le championnat. Personne ne la remet en cause.

Keystone

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Laurent Strawson, président de Genève-Servette

«Compte tenu de la situation, pour nous l'arrêt du championnat était la seule issue sérieuse et raisonnable. il n’y avait même plus matière à discussion. C’était devenu une évidence. Il y a des choses plus importantes que le sport, c’est la santé de tous qui doit primer sur le reste. C’était d’ailleurs parfaitement clair surtout après les dernières mesures genevoises et tessinoises.»

«C’est très triste bien sûr, cette situation est déprimante pour tout le monde en ce moment, mais on doit faire avec, on n’a pas d’autres choix. On n’a pas encore tous les éléments pour tirer les conséquences. On en connaît qu’une partie. Maintenant, le plus important, c’est de préparer au plus vite la saison prochaine. On a déjà fait un courrier, la semaine passée, à Denis Vaucher pour qu’on réfléchisse tous ensemble, à la ligue, pour trouver des solutions. Car il ne faut pas croire qu’en septembre tout va repartir comme si de rien n'était. La seule réalité c’est qu’on n’est pas encore certain de repartir en septembre. Personne ne peut le dire aujourd’hui. On le souhaite, mais il n’y a aucune garantie.»

«La question est de savoir comment on s'organise pour les entraînements d’été? Il y a tellement d'incertitudes. Que les clubs puissent prendre des mesures d'assainissement, qu’il n’y ait pas de relégation sportive la saison prochaine. Si on se prend 3 millions dans les dents, on va peut être contraint de réduire la masse salariale, en jouant peut-être avec deux seuls étrangers. Je ne parle pas seulement pour Genève. Tous les clubs assumeront ce qu’ils peuvent ou veulent bien assumer. Car tous les clubs vont perdre de l’argent, c’est certain. Si des clubs s’en moquent en continuant sur le même rythme de vie malgré les pertes, ils feront comme ils veulent.» C.Ma.

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Raphaël Berger, directeur général de Fribourg Gottéron

«C’était inéluctable dès le moment où la décision en provenance du Tessin a été confirmée. Nous avons tous travaillé très fort pour nous qualifier pour les play-off. C’est donc une grosse frustration, même s’il paraît sage d’en rester là. Il faut savoir rester humble et avoir un peu de recul. Nos petits problèmes de matches de foot ou de hockey ne sont rien par rapport à la situation dans son ensemble et se dire qu’il y a des choses bien plus graves.»

«Quelles suites nous allons désormais donner? Nous avons étudié des pistes par rapport à notre personnel, car cette issue était finalement assez prévisible. Si la Confédération n’assouplit pas les conditions du chômage partiel, il ne pourra pas être actif pour les joueurs et le domaine sportif, car le champ d’application de cette mesure ne concerne pas les contrats à durée déterminée. Concernant la suite, je ne suis pas plus inquiet désormais que je pouvais l’être auparavant. Finalement cette décision ne change rien d’un point de vue financier par rapport aux huis clos. Si nous pensions pouvoir arriver à des comptes équilibrés avant ces mesures, il est désormais clair que nous n’y arriverons pas. Je n’ai toutefois pas de crainte pour la santé du club dans sa situation générale.»G.B.

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Sacha Weibel, directeur du Lausanne HC

«Il est clair qu'il va y avoir de grosses conséquences pour le club. On doit maintenant travailler pour trouver des solutions car il est évident que nous avons perdu quelques recettes. Comme toute l'industrie, on doit chercher des moyens pour ne pas perdre trop d'argent. Il n'y avait pas d'autres alternatives. Le sport est quelque chose de magnifique mais par rapport à ce qui se passe dans le monde, aux gens malades, il y a énormément d'inconnues que personne n'a le droit de juger aujourd'hui cette décision. Je comprends les mesures prises par les politiques. Je n'ose pas imaginer si j'avais cette responsabilité pour toute la population. Il faut écouter les conseils des spécialistes pour suivre le développement de cette maladie et espérer revivre bientôt normalement. Je pense qu'il est encore trop tôt pour dire s'il y aura des Mondiaux ou pas et quand va reprendre le championnat. Il est impossible de savoir ce qui va se passer...»

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Patrick De Preux, président du Lausanne HC

«Dès le moment où Lugano et Ambri ne pouvaient plus jouer, il ne pouvait plus y avoir de championnat, il n’y avait pas d’autre issue possible. Maintenant, ce n’est que le début des emmerdements. Pour tout le monde. On va avoir tellement d’autres problèmes. Ca va coûter cher, très cher. C’est un sacré trou financier, on n’est as à la fête, à commencer par la Vaudoise aréna, avec des championnats du monde qui n’auront certainement pas lieu. C'est triste, mais c’est comme ça, mais on n’avait pas d’autres choix.» C.Ma.

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Gary Sheehan. Entraîneur du HC Ajoie

«On est sur le cul, comme on dit, mais on s’y attendait au vu des évolutions de ces dernières heures. Ce matin, les joueurs étaient très déçus car il se passait quelque chose de spécial avec notre équipe cette saison. C’est un peu comme si on leur coupait l’herbe sous les pieds. Nous nous sommes malgré tout entraînés jeudi matin et nous ferons sans doute un dernier entraînement tout prochainement histoire de se dire au revoir. Nous sommes déçus, mais nous savons bien que ce n’est «que» du sport et que des vies sont en jeu. Cela n’avait plus aucun sens de continuer la saison, même si cela aura des répercussions à tous les niveaux. Il ne nous reste désormais plus qu’à libérer les vestiaires ces prochains jours pour permettre la suite des travaux de rénovation de notre patinoire. Finalement, nous sommes la seule équipe qui a gagné un titre cette saison avec notre Coupe de Suisse. On va essayer de garder ce beau souvenir maintenant que la saison s’arrête brusquement.» C.P.

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Alain Bonnet, président du HC Sierre

«Vu l’évolution de la situation au Tessin on pouvait s’attendre à ce que la saison s’arrête aujourd’hui. J’ai informé les joueurs ce matin avant leur entraînement. Ils sont encore allés sur la glace pour clore la saison et seront ensuite libérés. Le HC Sierre n’est pas trop impacté car il ne nous restait que deux matches et que notre situations sportive était assez claire. Par contre, je peux comprendre que c’est beaucoup plus compliqué pour des clubs qui étaient en play-off. Il y aura des répercussions financières pour tout le monde, mais malgré tout, la décision prise par les clubs était la bonne, sinon nous n’aurions fait que repousser le problème. » C.P.

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Daniel Villard, CEO du HC Bienne

«A l’exception de deux ou trois clubs de Swiss League qui avaient des ambitions de promotion, tout le monde a été favorable à stopper la saison immédiatement lors de la séance des clubs de National et Swiss League de jeudi matin. Notre directeur sportif, Martin Steinegger, a informé les joueurs ce matin. Ils se sont entraînés une dernière fois et seront ensuite libérés. On se reverra tous la saison prochaine… D’un point de vue sportif, c’est très triste, évidemment. Nous étions bien placés au classement (5es), nos blessés étaient de retour et nous pensions pouvoir réaliser quelque chose durant les play-off. Economiquement, cela va aussi durement nous toucher. Mais pour l’instant, le sport n’est vraiment pas ce qu’il y a de plus important.» C.P.

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Tim Bozon, joueur de Genève-Servette

«Au fond une immense tristesse de ne pas pouvoir jouer ces play-off car je pense qu’on pouvait y faire quelque chose de grand pourquoi pas! Après cette saison incroyable, je n’ai pas peur de dire que l’on pouvait espérer se battre pour le titre. Même si la saison prochaine, il faudra confirmer, on reviendra plus fort, j'en suis certain.»

«Cela dit, il y a une situation qui nous dépasse. La semaine dernière je lisais un article de santé qui disait que ce Coronavirus était la deuxième chose la plus contagieuse après la méningite bactérienne dont j'ai été victime il y plusieurs années. Donc ça m’a fait un choc émotionnel d’apprendre ça. et c’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il ne fallait pas rigoler avec ça. La santé des gens est plus importante que tout. On doit se dire qu’on est tous dans le même bateau. Ce n’est pas qu’en Suisse. Ce n’est pas que dans le sport. C’est toute la société qui est impactée et du coup ça atténue un peu notre propre déception. Et doit tous contribuer à l’effort. Même si je suis en santé, je ne vais pas aller voir mon grand-père de 80 ans. Cela n’aurait pas de sens de prendre le moindre risque.» G.S.

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Noah Rod, joueur de Genève-Servette

«Il y a toute la pression des cinq derniers mois qui retombent ce matin. Le corps et l’esprit se relâchent d’un coup. C’est un sentiment très étrange. Du coup, c’est pour ça qu’on en rigole sur la glace entre nous. Quoi faire d’autre pour exorciser? C’est plus gros que nous, c’est plus gros que le sport, c’est mondial. Quand on voit ce qui se passe en Italie, tout près de chez nous, ça fait peur. On n’a pas envie de vivre ça c’est certain. Du coup, je pense que les décisions qui sont prises chez nous et les précautions qui vont avec vont dans le bon sens. Alors, oui, ça gâche le plaisir des joueurs, des spectateurs. Oui, ça va avoir des conséquences économiques. Mais voilà, il y a quand même des gens qui sont morts de ça… Donc je pense qu’on fait bien de suivre les mesures préventives.» G.S.

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