Un autre match en coulisses, pour la nouvelle patinoire

Hockey sur glaceLe promoteur Olivier Plan et son bras droit Pierre-Alain Schusselé dévoilent en exclusivité leur projet 100% privé.

Olivier Plan et Pierre-Alain Schusselé. Les deux hommes dévoilent le projet 100% privé pour la nouvelle patinoire au Trèfle-Blanc.

Olivier Plan et Pierre-Alain Schusselé. Les deux hommes dévoilent le projet 100% privé pour la nouvelle patinoire au Trèfle-Blanc. Image: Eric Lafargue

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Posé sur le sol, un bouddha en prière veille sur les lieux. Nous sommes dans l’antre d’Olivier Plan, ce promoteur genevois touche-à-tout, souvent avec succès. C’est lui, avec celui qu’il présente comme son copilote, Pierre-Alain Schusselé, qui a la volonté de porter le projet de la nouvelle patinoire au Trèfle-Blanc, comme nous l’avons révélé ce week-end. Ce passionné de hockey était déjà proche du club il y a un an, prêt à aider lorsque la banqueroute menaçait. Il est toujours présent, aujourd’hui, avec des idées.


Lire aussi l'éditorial: Une nouvelle patinoire est indispensable


En exclusivité, il présente le dossier de ce complexe moderne, indispensable pour le futur du Genève-Servette HC et du canton aussi, assure-t-il. On rappelle que le groupe des Canadiens, amenés par Hugh Quennec aux Vernets avec les conséquences que l’on sait (le club au bord de la faillite il y a un an, avant d’être sauvé par la Fondation 1890), a été écarté du projet patinoire par le conseiller d’État Thierry Apothéloz la semaine passée. Olivier Plan avait déjà en tête l’idée de mobiliser ses énergies sur ce dossier, en conduisant un projet 100% privé et genevois. C’est plus que jamais le moment d’en parler. Il en expose les grandes lignes pour la première fois.

Un complexe moderne

Une patinoire modulable, c’est le cœur du projet, bien sûr. Genève-Servette en a un impératif besoin, le club est sous la pression de la ligue pour la vétusté des Vernets. Au Trèfle-Blanc, Olivier Plan prévoit donc une enceinte principale de 10 000 places, modulables pour accueillir facilement des concerts et autres événements, dans le but de faire vivre l’endroit.

Sur ce principe et comme l’Arena et la Halle 7 devraient redevenir propriété de l’aéroport de Cointrin au plus tard en 2036, l’idée existe d’une transition vers le Trèfle-Blanc en dotant Genève d’une salle dernier cri en vue de l’avenir. Une deuxième patinoire est prévue sous la principale. Plusieurs bâtiments encadrent le projet.

«Il n’y aura pas de centre commercial, précise d’emblée le promoteur. Je veux plutôt parler d’un Human Center, représentatif des modes de vie et de consommation des gens pour les années 2030 et 2040. Le projet immobilier doit exister pour le bien de Genève-Servette. Parce que l’une des conditions pour faire partie de ce projet sera de verser une partie du chiffre d’affaires pour le club. Je suis un fan de hockey et du GSHC. Avec un projet public, le club aura sans doute une patinoire, mais pas de perspectives pour grandir. Avec ce projet 100% privé, nous pouvons faire en sorte que Genève-Servette en sorte gagnant, avec des moyens de jouer les premiers rôles dans le championnat, c’est un objectif important.»

Quels partenaires?

Qui accompagnera Olivier Plan dans l’aventure? Le Genevois assure avoir déjà plusieurs lettres d’intention de partenaires prêts à s’installer dans le futur complexe. Sont prévus: un Sport Bar, un hôtel, une clinique et un espace médical, une fosse de plongée (3500 m3 d’eau), un circuit de kart électrique indoor, un simulateur de chute libre, un practice et un minigolf indoor, des restaurants, une salle de fitness, un dojo, une salle pour la danse, un cinéma, un espace e-gamers e-sports ou encore une crèche. Liste non exhaustive.

«Il y a déjà actuellement, alors que nous n’en sommes qu’au début, 25 à 30% de partenaires prêts, des grandes marques, lance Olivier Plan. Le projet peut démarrer dès qu’il y a 66% de promesses de baux signées, non rétractables. Je compte être à 100% de promesses d’ici à l’été 2020. Ce ne sera pas une Praille bis, nous nous positionnons sur un autre secteur avec cet Human Center, un centre de vie.»

Le rôle des autorités

Le Conseil d’État, via Thierry Apothéloz, a déjà rencontré Olivier Plan. Les autorités politiques, et le promoteur vont devoir maintenant lier des liens de confiance. Ceux précisément qui n’existaient pas avec les Canadiens, eux qui avaient amené le club au bord du gouffre. L’entrepreneur a l’avantage d’être Genevois et connu du milieu. Il n’en demeure pas moins qu’il va devoir faire la démonstration de la viabilité de son projet à tous les niveaux. Mais pour avoir reformé un comité de pilotage concernant cette nouvelle patinoire, touchant quatre départements, le Conseil d’État a déjà démontré son intérêt sur ce sujet.

Le financement

C’est l’élément clé du dossier, évidemment. Olivier Plan doit convaincre les politiques qu’il peut mener à bien et surtout sans risque, un projet 100% privé qui doit être viable sur le long terme.

On parle d’un coût total de 380 millions. «Nous apporterons les fonds propres nécessaires, assure le promoteur. Si le bâtiment était vide, il faudrait venir avec 50% du montant, soit 190 millions. Mais comme il sera plein, nous n’aurons besoin que de 20 à 30% en fonds propres. Le reste, nous pourrons le compléter en allant voir des grandes banques de la place, ou avec des acheteurs comme des fonds d’investissements ou des caisses de pension. Ce sont de gros montants, mais il faut un projet immobilier conséquent pour que cela puisse générer des rentrées en faveur du club. Tout est parfaitement proportionné. Et sérieux.»

Retour sur investissement

Olivier Plan n’est pas un mécène. Dans ce projet, il espère bien sûr un retour sur investissement, comme tout promoteur. «L’argent n’est pas le premier moteur, il doit être la conséquence de nos actes, sourit-il. Mais bien sûr que j’espère un retour sur investissement. Je vends mon parc immobilier et j’investirai 33% de ce revenu dans ce projet au Trèfle-Blanc. C’est normal, non?»


Genève-Servette soutient le projet privé genevois

Laurent Strawson a forcément la tête aux play-off. Ce mardi soir, après avoir battu Berne à domicile, les Aigles retrouvent leurs bonnes vieilles Vernets pour l’acte II. Émotions garanties dans cette enceinte au charme désuet. Mais dépassé. Et la ligue le rappelle fréquemment aux dirigeants.

Le président de Genève-Servette le sait bien, son club a besoin d’une nouvelle enceinte. Il était sans nouvelles depuis de nombreux mois des Canadiens concernant leur projet de patinoire. Recalés par le Conseil d’État, ces derniers ne sont plus en course, mais l’urgence demeure. Alors que pense-t-il du projet 100% privé genevois?

«J’ai déjà eu l’occasion d’en parler avec Olivier Plan, explique-t-il. Le club est 100% favorable à ce projet. D’abord, il a le mérite d’exister. Ensuite, il est concret, réel et porté par un promoteur expérimenté, un véritable entrepreneur de la place, un Genevois. Son caractère privé permettrait de plus de démarrer très vite. Enfin, ce projet prévoit des retombées financières qui vont dans l’intérêt du club, puisqu’il ne s’agit pas seulement d’une patinoire, mais d’un complexe autour. Donc sur le principe, bien sûr que le Genève-Servette est séduit.»

Ici, pas de blanc-seing donné à Olivier Plan ou de pression sur les autorités politiques. «Si le Conseil d’État trouve un autre projet intéressant, je n’ai pas de problème, assure Laurent Strawson. Mais pour l’heure, celui dont on parle est le seul et il nous semble intéressant à tous points de vue. Après, pour le financement et le développement du dossier, c’est aux autorités politiques et au comité de pilotage constitué d’en parler plus avant avec le promoteur.»

D.V. (nxp)

Créé: 11.03.2019, 19h11

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